Michel Darbellay
| Nationalité | Suisse |
|---|---|
| Naissance |
, Orsières |
| Décès |
(à 79 ans), Martigny |
| Disciplines | alpinisme |
|---|---|
| Ascensions notables | première ascension en solitaire de la face nord de l'Eiger |
| Profession | guide de haute montagne, moniteur de ski |
Michel Darbellay, né le [1] à Orsières et mort à Martigny le [2], est un alpiniste, guide de haute montagne et organisateur d'expéditions suisse, surtout connu pour avoir réalisé la première ascension en solitaire de la face nord de l'Eiger en .
Biographie
Michel est le fils de Paul Darbellay (1901-1969), d’Orsières, instituteur, qui a aussi été député au Grand Conseil valaisan, et de Jeanne (1906-2003), née Rausis, d’Orsières elle aussi, qui ont eu huit enfants, Michel étant le quatrième de la fratrie[3]. Il fréquente la montagne dès son plus jeune âge en compagnie de son père et de ses frères. De l'âge de quinze ans et jusqu'à vingt-deux ans, il pratique un alpinisme classique avant de tenter des ascensions de grande envergure. Alpiniste d'une extrême rapidité[4], Darbellay devient guide de haute montagne et moniteur de ski à Verbier. Il est l'auteur de nombreuses premières dans le val Ferret telles que la face nord de la pointe Volluz ou la face nord du mont Grépillon. On peut y ajouter la dent, monolithe granitique très raide, que constitue le Petit Clocher du Portalet, au-dessus de Champex, sur lequel il ouvre deux voies d’une grande difficulté : en 1962, il ouvre avec son frère Daniel la voie qui porte leur nom : puis en 1967, il ouvre avec un ami la voie qui s'appelle dès lors l'Esprit de Clocher[5].
Il a quatre frères : Jacques Darbellay, l'aîné, écrivain et enseignant[6], ainsi que Laurent, Alphonse et Daniel Darbellay, tous trois guides de haute montagne[7] ; il a aussi trois soeurs : Madeleine, Christiane et Marie-Jeanne[8].
Au matin de son départ pour son ascension en solitaire de l'Eiger, il dit à sa mère, afin de ne pas l'effrayer, qu'il part « chercher des abricots »[9]. Le , lors de son retour à Orsières, au lendemain de sa victoire sur la face nord de l'Eiger, qui constitue une première, les autorités communales l'attendent sur la place du village et lui donnent une réception « chaleureuse », à laquelle il ne s'attendait pas[10].
Jacques Darbellay, dans le récit d'une soixantaine de pages qui donne son titre à son livre Le Grand Capucin, évoque à la fois la simplicité et l'audace de son frère Michel, en précisant « parti d'un fait vécu, je n'ai pas cru devoir en rajouter »[11] : « Le goût de la difficulté est sain ; il grandit[12] » et « La montagne est une voie vers la simplicité. Elle permet à l'alpiniste d'entreprendre, en même temps que la conquête d'une cime, la découverte et la connaissance de lui-même »[13].
Ascensions
- 1952 - Dalle de L'Amône (val Ferret), voie Darbellay (TD-, 5c obligatoire), avec son frère Daniel.
- 1962 - Petit Clocher du Portalet (val Ferret), voie Darbellay (ABO+, 6c obligatoire), avec son frère Daniel.
- 1963 - Eiger, face nord, première en solitaire (par la voie Heckmair), les 2 et [14].
- 1967 - Petit Clocher du Portalet, voie Esprit de Clocher (ED+, 6b obligatoire), avec L. Frotte.
- 1967 - Piz Badile, première hivernale, avec Paolo Armando, Camille Bournissen, Gianni Calcagno, Alessandro Gogna, Daniel Troillet.
- 1970 - La Barme (monolithe à l'ouest de Verbier), face sud, voie La Diagonale, longueurs 1 et 2 (TD-, 5c obligatoire), avec Ami Giroud.
Expéditions
- 1964 - Himalaya
- 1965 - Kilimandjaro
- 1965 - Kenya
- 1967 - Groenland
- 1968 - Mont McKinley
Annexes
Notes et références
- ↑ « Michel Darbellay, portrait d’un guide discret », sur alpen.sac-cas.ch (consulté le ).
- ↑ Julien Wicky, « L'alpiniste valaisan Michel Darbellay n'est plus », Le Nouvelliste, 13 juin 2014
- ↑ Faire-part in Le Nouvelliste, 26 novembre 1969 [lire en ligne] et « Orsières: mort subite de M. Paul Darbellay » in La Tribune de Genève, no 277, 26 novembre 1969 [[ lire en ligne]] (articles consultés le 15 août 2025).
- ↑ Face nord du Cervin en six heures, pilier Bonatti en douze heures, face nord du Fletschhorn en trois heures, voie Ratti à l'aiguille Noire de Peuterey en six heures
- ↑ L'alpiniste valaisan Michel Darbellay n'est plus, in Le Nouvelliste, 13 juin 2014 (consulté le 3 mai 2025).
- ↑ Jacques Darbellay, La Médiathèque du Valais (consulté le 17 mars 2025).
- ↑ Stéphane Maire, Michel Darbellay - Portrait d’un guide discret, Die Alpen/Les Alpes, éd. Club alpin suisse CAS, septembre 2002 (consulté le 17 mars 2025).
- ↑ Le Nouvelliste, numéro 213, 14 septembre 2017 [lire en ligne] (consulté le 24 juillet 2025).
- ↑ « Carnet noir: L'alpiniste valaisan Michel Darbellay n'est plus - Parti pour sa dernière ascension », Le Nouvelliste, 14 juin 2014 [lire en ligne] (consulté le 29 juillet 2025).
- ↑ « À Orsières - Chaleureuse réception du guide Michel Darbellay », Le Courrier de Genève, volume 96, numéro 180, 5 août 1963 [lire en ligne] (consulté le 29 juillet 2025).
- ↑ Jacques Darbellay, Le Grand Capucin, Éditions Maya-Joie, La Fouly, 1973, avant-propos, p. 7.
- ↑ Jacques Darbellay, Le Grand Capucin, op. cit., p. 30.
- ↑ Jacques Darbellay, Le Grand Capucin, op. cit., p. 63.
- ↑ « Le guide valaisan Michel Darbellay s'élançait à la conquête de la face nord de l'Eiger il y a 50 ans », sur rts.ch, .
Bibliographie
- Olivier Roduit, Entremont Escalades, O. Roduit, , 306 p. (ISBN 978-2-8399-0031-7)
Liens externes
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