Michel Kourtikios
Michel Kourtikios (en grec byzantin : Μιχαήλ Κουρτίκιος) est un général byzantin, qui s'illustre comme partisan de Bardas Sklèros lors de la révolte de celui-ci contre Basile II.
Biographie
La famille des Kourtikios (ou Kourtikès) est d'origine arménienne et entre au service des Byzantins sous le règne de Basile Ier (867-886). Son membre connu le plus ancien, qui donne son nom à la famille, K'urdik, cède alors à l'empereur sa forteresse de Lokana[1],[2].
Rien n'est connu des débuts de la vie de Michel Kourtikios. Toutefois, un sceau lui ayant appartenu montre qu'il détient le poste de topoteretes de Thrace, soit l'un des officiers supérieurs rattachés au stratège (gouverneur) de la province. C'est en 976 que Michel Kourtikios prend une certaine importance, lors de la révolte de Bardas Sklèros contre le jeune empereur Basile II. Bardas s'appuie alors sur les thèmes orientaux, traverse le massif de l'Anti-Taurus et vainc une armée loyaliste à Lapara[3],[4]. Cette victoire lui permet d'obtenir le ralliement d'importants officiers. Selon Jean Skylitzès, la population d'Attalée, capitale du thème des Cibyrrhéotes, rentre en dissidence après la victoire de Lapara et emprisonne l'amiral qui sert de gouverneur. Bardas Sklèros en profite pour nommer Michel Kourtikios comme son lieutenant dans la cité et, virtuellement, comme stratège du thème maritime des Cibyrrhéotes[5],[6]. Toutefois, selon Léon le Diacre, qui est un contemporain de la rébellion, cet événement intervient plutôt en 978, après un nouveau succès de Sklèros, contre le général loyaliste Bardas Phocas le Jeune[7]. Les historiens modernes comme Werner Seibt, suivi par Alexander Kazhdan et Mark Whittow vont dans un sens opposé et voient plutôt dans Michel Kourtikios l'amiral déposé par la population rentrée en révolte, mais qu'il aurait ensuite rallié les rebelles[1],[8].
Selon Skylitzès, une fois en poste, Kourtikios aurait lancé un raid contre plusieurs îles de la mer Égée et aurait eu pour projet de prendre Abydos dans l'Hellespont[9]. Cela aurait permis de couper le lien maritime entre Constantinople et les provinces occidentales toujours loyales à l'empereur. En outre, Sklèros aurait disposé d'une tête de pont en Europe. Toutefois, la flotte de Michel Kourtikios aurait été vaincue au large de Phocée par le drongaire de la flotte Théodore Karanténos[9]. Ce récit de Skylitzès est là encore contredit par celui de Léon le Diacre, qui rapporte que la flotte impériale est dirigée par Bardas Parsakouténos et qu'elle aurait vaincu Michel Kourtikios au large d'Abydos grâce au feu grégeois. Selon les historiens modernes, il n'est pas impossible que deux affrontements successifs aient eu lieu[10].
Notes et références
- Kazhdan 1991, p. 1157-1158.
- ↑ Whittow 1996, p. 315.
- ↑ Holmes 2005, p. 450-451.
- ↑ Wortley 2010, p. 300-303.
- ↑ Wortley 2010, p. 303.
- ↑ Holmes 2005, p. 257-258, 451.
- ↑ Holmes 2005, p. 117, 451-452.
- ↑ Whittow 1996, p. 362.
- Wortley 2010, p. 306.
- ↑ Holmes 2005, p. 456-457 (note 27).
Sources
- (en) Catherine Holmes, Basil II and the Governance of Empire (976-1025), Oxford University Press, , 625 p. (ISBN 978-0-19-927968-5, lire en ligne)
- (en) Alexander Kazhdan (dir.), Oxford Dictionary of Byzantium, New York et Oxford, Oxford University Press, , 1re éd., 3 tom. (ISBN 978-0-19-504652-6 et 0-19-504652-8, LCCN 90023208)
- (en) Mark Whittow, The Making of Byzantium, California University Press, , 477 p. (ISBN 0-520-20496-4, lire en ligne)
- (en) John Wortley (trad. du grec ancien), John Skylitzes : A Synopsis of Byzantine History, 811-1057 : Translation and Notes, Cambridge, Cambridge University Press, , 491 p. (ISBN 978-0-521-76705-7)
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