Microtriches

Microtriches
Microtriches (mt) sur Acanthobothrium

Les microtriches (au singulier microtriche) sont des microvillosités hautement spécialisées recouvrant toute la surface du tégument des cestodes. Ce sont de fins filaments, semblables à des poils, répartis sur toute la surface du corps. Spécifiques aux cestodes et omniprésents chez eux, ils confèrent à la surface corporelle un aspect lisse et soyeux. Ils se distinguent des microvillosités typiques par la présence, à leur extrémité, de substances denses aux électrons. De par leur variabilité morphologique, ils constituent des structures caractéristiques uniques des cestodes. Ces derniers étant dépourvus de systèmes digestif et excréteur, le tégument, avec ses microtriches, est le principal site d'absorption et de sécrétion. En effet, le tégument ressemble fortement à l'intestin des animaux retourné[1].

Étymologie

Du gr. mikros petit et thrix trikhos poil[2].

Structure

Les microtriches sont de fins filaments tubulaires cylindriques, aux extrémités lisses et arrondies, disposés en rangées correspondant aux crêtes régulières du tégument. Leur morphologie est connue pour être très variable selon les espèces de ténias, et elles constituent un caractère d'identification au sein des Eucestoda[3]. Elles présentent également un intérêt particulier en pharmacologie, car elles représentent l'interface fondamentale du ténia avec son environnement, et constituent ainsi le principal site d'absorption des nutriments et la cible des anthelminthiques[4].

Bien que les microtriches soient décrites depuis plusieurs décennies, la terminologie consensuelle relative à cette structure n'a été établie qu'au début du XXIe siècle. Les termes standardisés ont été définis à la suite des discussions menées lors des ateliers internationaux sur la systématique des cestodes à Storrs (Connecticut, États-Unis) en 2002, à České Budějovice (République tchèque) en 2005 et à Smolenice (Slovaquie) en 2008[5]. Les termes suivants ont été adoptés pour désigner les composants de chaque microtriche : la partie distale, dense aux électrons, est appelée « coiffe », la région proximale, plus claire aux électrons, est appelée « base », et ces deux parties sont séparées par la « plaque basale ». La base est composée, entre autres, de microfilaments, tandis que la coiffe est composée de tubules coiffants. La partie centrale claire aux électrons de la base est appelée « noyau ». Le noyau peut être entouré d’une tunique dense aux électrons. L’ensemble de la microtriche est enveloppé par une membrane plasmique, dont la couche externe est appelée glycocalyx. On distingue deux tailles de microtriches : celles dont la largeur basale est inférieure ou égale à 200 nm, appelées « filitriches », et celles dont la largeur basale est supérieure à 200 nm, appelées « spinitriches ». On considère que les filitriches existent en trois longueurs : papilliformes (≤ 2 fois plus longues que larges), aciculaires (2 à 6 fois plus longues que larges) et capilliformes (> 6 fois plus longues que larges). Les spinitriches sont beaucoup plus variables en forme[6],[7].

Fonctions

Tous les cestodes sont dépourvus de systèmes digestif et excréteur. Par conséquent, le tégument, avec ses microtriches, constitue le principal site d'absorption des nutriments et d'élimination des déchets. De plus, les microtriches sont les structures primaires de l'interface hôte-parasite et sont métaboliquement actives, assurant toutes les fonctions vitales telles que les fonctions sensorielles, d'absorption et de sécrétion. Ainsi, leur structure permet une amplification efficace de la surface totale du tégument. Le complexe glucidique de surface appelé glycocalyx est responsable de l'inhibition des enzymes digestives de l'hôte, de l'absorption des cations et des sels biliaires, et de l'augmentation de l'activité de l'amylase de l'hôte[8]. Les glycosaminoglycanes acides du glycocalyx sont spécifiques de l'inhibition de plusieurs enzymes digestives de l'hôte[9]. Les microtriches chez les cestodes, et les ponctuations et épines chez les trématodes, augmentent la surface des téguments pour une meilleure absorption des nutriments. De plus, ils agissent comme organes sensoriels pour détecter les signaux environnementaux environnants et comme cible principale des médicaments anthelminthiques[4]. La capacité du tégument à absorber des matières exogènes est proportionnelle au nombre et à l'étendue des puits ou microtriches et au nombre de mitochondries dans le cytoplasme distal[10].

Voir aussi

Liens externes

Notes et références

Notes

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Microtriches » (voir la liste des auteurs).

Références

  1. Smyth JD, McManus DP (1989). The Physiology and Biochemistry of Cestodes. Academic Press, pp. 5-8. (ISBN 0-521-35557-5)
  2. « Microtriche », sur dico.insectes.org (consulté le ).
  3. Lumsden RD, Hildreth MB (1983). The fine structure of adult tapeworms. In: Biology of the Eucestoda Vol.1 (C Arme & PW Pappas, eds). Academic Press, New York, USA, pp. 177-233. (ISBN 0-12-062101-0)
  4. Mansour TE, mansour JM (2002). Chemotherapeutic Targets in Parasites. Cambridge University Press, UK, pp. 192-297. (ISBN 0-521-62065-1)
  5. Chervy L., « Unified terminology for cestode microtriches: a proposal from the International Workshops on Cestode Systematics in 2002-2008 », Folia Parasitol (Praha), vol. 56, no 3,‎ , p. 199–230 (PMID 19827364, DOI 10.14411/fp.2009.025 Accès libre, lire en ligne)
  6. Venkatesh C, Ramalingam K, Vijayalakshmi V, « Ultrastructure, differential density and distribution pattern of polymorphic microtriches in tegument of Stilesia globipunctata infecting Ovis aries (sheep) », J Parasit Dis, vol. 30, no 2,‎ , p. 68–75 (lire en ligne)
  7. Radha T, Satyaprema VA, Ramalingam K, Indumathi SP, Venkatesh C, « Ultrastructure of polymorphic microtriches in the tegument of Raillietina echinobothrida that infects Gallus domesticus (fowl) », J Parasit Dis, vol. 30, no 2,‎ , p. 153–162 (lire en ligne)
  8. Cheng TC (1986). General Parasitology, 2nd edn. Academic Press, Division of Hardcourt Brace & Company, USA, pp. 253-2546. (ISBN 0-12-170755-5)
  9. Bogitsh BJ, Carter CE, Oeltman TN (2005). Human Parasitology, 3rd Edition. Academic Press, pp. 177-179. (ISBN 0-12-088468-2)
  10. Smyth JD, Halton DW (1983). The Physiology of Trematodes. Cambridge University Press, UK, pp. (ISBN 0-521-22283-4)
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