Mikhail Pervoukhine
| Mikhail Pervoukhine | |
Mikhail Pervoukhine en 1960. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Vice-président du Conseil des ministres de l'Union soviétique | |
| – (2 ans, 4 mois et 7 jours) |
|
| Prédécesseur | Anastase Mikoïan |
| Successeur | Maksim Sabourov |
| Ministère des industries chimiques | |
| – (7 ans, 10 mois et 22 jours) |
|
| Prédécesseur | Mikhail Denisov |
| Successeur | Sergei Tikhomirov |
| Gosplan | |
| – (4 mois et 15 jours) |
|
| Prédécesseur | Maksim Saburov |
| Successeur | Joseph Kuzmin |
| ministère de l'industrie de la construction de machines moyennes | |
| – (2 mois et 24 jours) |
|
| Prédécesseur | Nikolaï Boulganine |
| Successeur | Avraami Zavenyagin |
| membre du XIXe Politburo | |
| – (4 mois et 18 jours) |
|
| Biographie | |
| Nom de naissance | Mikhail Georgiyevich Pervoukhine |
| Date de naissance | 14 octobre 1904 ( dans le calendrier grégorien) |
| Lieu de naissance | |
| Date de décès | (à 73 ans) |
| Lieu de décès | |
| Sépulture | cimetière de Novodievitchi |
| Nationalité | |
| Parti politique | PCUS |
Mikhail Georgiyevich Pervoukhine (russe : Михаи́л Гео́ргиевич Перву́хин Перву́хин) né à Iouriouzan, dans le gouvernement d'Oufa dans l'empire de Russie le 14 octobre 1904 ( dans le calendrier grégorien) et décédé le à Moscou est un responsable soviétique de l'ère Staline et de l'ère Khrouchtchev. Il est premier vice-président du Conseil des ministres, littéralement premier vice-premier ministre de l'Union soviétique, de 1955 à 1957 et l'un des superviseurs du développement de la bombe atomique soviétique.
Jeunesse et carrière
Il est né le dans le village de Iouriouzan, gouvernement d'Oufa, Empire russe, dans une famille d'un forgeron. Pervoukhine devient membre du Parti communiste russe en 1919. D'août à , Pervoukhine est membre de la commission municipale de Zlatooust sur la nationalisation des biens appartenant à la bourgeoisie. Il combat aux côtés des bolcheviks lors de la guerre civile russe dans le sud de l'Oural[1].
Diplômé en 1929 du département d'électricité de l'université russe d'économie Plekhanov avec un diplôme d'ingénieur électrique, Pervoukhine travaille chez Mosenergo, la compagnie d'électricité de Moscou ainsi que pour le commissariat du peuple à l'industrie lourde fin 1937. Au cours de la Grande Purge, Pervoukhine est promu chef adjoint du Bureau de l'administration de l'énergie électrique de Moscou, puis chef. Le , il est nommé au poste nouvellement créé de commissaire du peuple aux centrales électriques et obtient un siège au Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique au 18e Congrès du parti.
La Seconde Guerre mondiale et l'ère stalinienne
De 1940 à 1942, pendant la Seconde Guerre mondiale, Pervoukhine est vice-président du Conseil des commissaires du peuple (littéralement, vice-premier ministre soviétique) et de 1943 à 1950, il est ministre de l'Industrie chimique. Aux côtés de Boris Vannikov, il est l'adjoint de Viatcheslav Molotov à la commission du Comité d'État à la Défense chargée du développement de la bombe atomique soviétique depuis 1943, responsable du projet uranium de la commission. Il est un des 9 membres choisi personnellement par Joseph Staline pour superviser le développement de la bombe atomique. Il est également président de la Commission d'État chargée des essais RDS-1 sur le site d'essais nucléaires de Semipalatinsk.
En 1950, Pervouhkine est à nouveau nommé vice-président du Conseil des ministres[2] et en 1952, lors du 19e Congrès du Parti, il est élu membre du Présidium, rebaptisé Politburo. Toujours en 1952, Pervoukhine prononce le discours principal lors de la commémoration du 35e anniversaire de la Révolution d'Octobre[3]. Si Staline était absent ou ne pouvait pas exercer ses fonctions de président du Conseil des ministres, les réunions du gouvernement sont présidées tour à tour par Pervoukhine, Lavrenti Beria ou Maksim Saburov.
En 1953, un communiqué après une session du Soviet suprême révèle l'ordre de préséance des dirigeants soviétiques et Pervouhkine est le 9e personnage de l'Etat, après Gueorgui Malenkov, Viatcheslav Molotov, Nikita Khrouchtchev, Kliment Vorochilov, Nikolaï Boulganine, Lazare Kaganovitch, Anastase Mikoïan et Maksim Sabourov[4] puis au 7e rang à la faveur de la disgrâce de Vorochilov[5].
.tif.jpg)
L'ère post-stalinienne
Dans le cadre des changements intervenus dans l’ère post-stalinienne, une direction collective est établie, Gueorgui Malenkov et Nikita Khrouchtchev se disputant le contrôle. Au tout début, Pervoukhine, avec Gueorgui Joukov et Maksim Saburov, participent activement à la prise de décision en matière de politique étrangère. Pervoukhine est successivement ministre de l'énergie et de l'industrie électrique, président du Bureau des industries énergétiques, chimiques et forestières, du Conseil des ministres puis nommé premier vice-président du Conseil des ministres le et, du [6] au [7], président du Gosplan, nommé par le président du Conseil des ministres Nikolaï Boulganine. Il est ensuite nommé ministre de la construction des machines moyennes pour s'occuper des questions atomiques[8].
Pervoukhine s'oppose à la réforme du Soviet économique régional de Khrouchtchev, dont le principal objectif est de réduire les pouvoirs et les fonctions des ministères centraux. Il déclare à Khrouchtchev et à d'autres membres du Présidium que cette réforme affaiblirait l'administration et que la centralisation et la spécialisation qui avaient été la pierre angulaire du système seraient perdues. Au lieu de cela, il propose de réduire le nombre de ministères centraux et de créer des commissions territoriales pour assurer une « coopération horizontale ». Plus tard, en 1957, Pervoukhine rejoint le groupe anti-parti dans le but de destituer Khrouchtchev de son poste de premier secrétaire du parti communiste de l'Union soviétique.
Ambassadeur en Allemagne de l'Est
À la suite de l'échec de la tentative de destitution de Khrouchtchev (affaire du groupe anti-parti), Pervoukhine est rétrogradé au rang de membre sans droit de vote du Præsidium et devient ambassadeur de l'Union soviétique en Allemagne de l'Est en 1958[9]. En tant qu'ambassadeur, il observe que « la présence à Berlin d'une frontière ouverte et essentiellement incontrôlée entre les mondes socialiste et capitaliste incite involontairement la population à faire une comparaison entre les deux parties de la ville, ce qui malheureusement ne se révèle pas toujours en faveur du Berlin démocratique ». Il est resté prudent, jusqu'à sa création, quant à l'établissement d'une barrière entre Berlin-Est et Berlin-Ouest ; il pensait que la création d'une barrière augmenterait les sympathies antisoviétiques non seulement à Berlin mais aussi en Allemagne. Au lieu de cela, il a proposé trois options : 1) « introduire des mesures restrictives » pour que les Allemands de l'Est puissent entrer à la fois à Berlin-Est et à Berlin-Ouest ; 2) renforcer la sécurité des frontières ; 3) arrêter la libre circulation entre les deux villes. Il a toutefois admis que la fermeture des frontières était une possibilité, affirmant que si la situation politique se dégradait, le régime est-allemand et les Soviétiques n’auraient pas d’autre choix.
Lors du 22e Congrès du Parti en 1961, Pervoukhine perd son siège au Comité central. Piotr Abrasimov lui succède à son poste d'ambassadeur soviétique en Allemagne de l'Est à la fin de 1962[10],[11].
Poursuite du développement de l'industrie nucléaire en URSS
Ensuite il poursuit son activité en lien avec le développement de l'industrie nucléaire en étant, de 1963 à 1965, responsable du département de l'énergie et de l'électrification du Conseil suprême de l'économie nationale, et, à partir de 1965, responsable du département de l'aménagement du territoire et des sites de production. Pervoukhine est membre du conseil d'administration du Comité national de planification de l'URSS, et participe aux commissions d'acceptation de nouvelles centrales nucléaires (dont la Centrale nucléaire d'Obninsk) et travaille en étroite collaboration avec le ministère de l'ingénierie moyenne de l'URSS, et également avec l'Institut Kourtchatov et son directeur Anatoli Aleksandrov.
Pervoukhine est décédé le et est enterré au cimetière de Novodievitchi, à Moscou.
Une plaque commémorative est apposée sur l'immeuble où il vivait, 3 passage Romanov (anciennement rue Granovsky), dans le quartier Arbat à Moscou.
Grade, décorations et récompenses
Héros du travail socialiste (1949)



Cinq ordres de Lénine (à l'occasion de l'attribution de l'Ordre de Lénine à Pervoukhine le lors de son cinquantième anniversaire, le New York Times le décrit comme l'un des neuf organisateurs industriels les plus remarquables de l'URSS.)[12]
Ordre de la Révolution d'Octobre
Ordre du Drapeau Rouge du Travail
Son grade est lieutenant-général (1944).
Notes et références
- ↑ Serge de Chessin, L'apocalypse russe : la Révolution bolchevique, 1918-1921, Paris, Plon, , 364 p. (lire en ligne) : « Derrière, armés de pelles, grelottants aux morsures de la bise matinale, un cortège livide de gens en melons et en canotiers : les bourgeois mobilisés comme fossoyeurs par le camarade Pervouchine, le « dictateur du choléra ». »
- ↑ « Les remaniements soviétiques », L’Aurore, (lire en ligne, consulté le ) : « On annonce aujourd'hui à Moscou la nomination de M. Mikhail Pervukhine, au poste de président adjoint du Conseil des ministres. M. Pervukhine, membre du Comité central du Parti communiste soviétique, détenait jusqu'alors le portefeuille de l'industrie chimique. »
- ↑ « 35e anniversaire de la Révolution d'octobre : « Les agresseurs américains devront réfléchir avant de se lancer à l'assaut » déclare M. Pervoukhine, membre du Soviet suprême », Le Figaro, (lire en ligne, consulté le ) : « Au cours d'une grande cérémonie qui a eu lieu au Grand Théâtre de Moscou à l'occasion du 35e anniversaire de la « Révolution d'Octobre » le principal discours a été prononcé par M. Pervoukhine, nouveau membre du Présidium du Soviet suprême. Le discours principal de cette manifestation annuelle a toujours été, ces dernières années, l'une des plus importantes déclarations officielles de politique faites en Union Soviétique. [...] »
- ↑ « L'homme qui monte, M Khrouchtchev passe au troisième rang de la hiérarchie soviétique », La Croix, (lire en ligne, consulté le ) : « On ignorait jusqu'ici l'ordre de préséance des dirigeants soviétiques. Un communiqué publié à l'occasion de la cession du Soviet suprême vient de le faire connaître. « Les neuf grands » de la hiérarchie soviétique sont, maintenant, dans l'ordre suivant : MM. Malenkov, Molotov, Khrouchtchev, Vorochilov, Boulganine, Kaganovitch, Mikoïan, Sabourov et Pervoukhine. »
- ↑ « Crise économique en URSS : non, la Russie n'est pas le paradis sur terre », La Croix, (lire en ligne, consulté le ) : « Ajoutons, à titre de curiosité, que l'ordre des préséances est actuellement le suivant : Malenkov, Molotov, Khrouchtchev, Boulganine, Kaganovitch, Sabourov, Pervoukhine, Ponomarenko. Le fait saillant est la disparition de Vorochilov, l'actuel président du Soviet suprême dont l'intérim est assuré par le vice-président Tarasov. Vorochilov est-il malade ou en congé, ou en disgrâce ? »
- ↑ Bernard Féron, « Le comité central réforme la structure économique de l’Union soviétique », Le Monde diplomatique, (lire en ligne, consulté le ) : « On a d’abord vu l’aspect spectaculaire — ou si l’on veut personnel — de la réforme, à savoir le remplacement de M. Sabouroy par M. Pervoukhine à la tête de la commission de planification courante »
- ↑ René Payot, « M. Khrouchtchev bouleverse l'économie soviétique », Journal de Genève, (lire en ligne, consulté le ) : « En décembre dernier, le Comité central du Parti communiste de l'URSS avait du constater que, après une année d'application le plan quinquennal se révélait irréalisable parce que les moyens financiers étaient insuffisants. Son auteur, l'économiste Sabourov, fut destitué et M. Pervoukhine, revêtu de pouvoir quasi dictatoriaux, chargé de procéder à sa révision. Il ne semble pas que cette tentative ait eu les résultats escomptés. [...] Le Comité économique que préside M. Pervoukhine disparaitra - quelques mois après sa formation. »
- ↑ André Garmand, « La lutte pour le pouvoir au Kremlin : signification politique de la révolution industrielle en URSS », Gazette de Lausanne, (lire en ligne, consulté le ) : « Elimination des technocrates. La principale victime de la réforme est M. Pervoukhine, personnalité la plus représentative de la classe des technocrates. La Commission pour la planification courante, sorte de super ministère économique qu'il dirigeant depuis la fin de l'année dernière, est supprimée purement et simplement. M. Pervoukhine n'est toutefois pas tombé en disgrâce car il a été nommé ministre de la construction des machines moyennes. Ce poste n'est pas du tout négligeable. En effet, les experts des affaires soviétiques, ont établi que ce ministère s'occupe des questions atomiques. »
- ↑ « A Moscou : des « antipartis » vont-ils intervenir au Congrès ? », Journal de Genève, (lire en ligne, consulté le ) : « [...] Quand à M. Pervoukhine , seulement rétrogradé au sein du Præsidium du Parti, il garda dans le gouvernement un poste secondaire pour être nommé ensuite ambassadeur de l'URSS à Berlin-Est. »
- ↑ Jacques Nobécourt, « La République démocratique d’Allemagne s’est ralliée à son tour à la politique de coexistence », Le Monde diplomatique, (lire en ligne, consulté le ) : « [...] la nomination au milieu de décembre de M. Abrassimov comme ambassadeur, en remplacement de M. Pervoukhine. Dénoncé comme membre de la fraction « antiparti », contraint de faire son autocritique au vingt et unième congrès, ce dernier n’avait été laissé au poste de Berlin-Est qu’en fonction de la crise de Berlin »
- ↑ « M. Pervoukhine est remplacé à Berlin-Est par un "apparatchik", M. Abrassimov », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ) : « Moscou, 1er décembre. - M. Piotr Andréevitch Abrassimov a été nommé vendredi ambassadeur de l'U.R.S.S. en République démocratique allemande, en remplacement de M. Mikhail Pervoukhine, qui sera affecté à d'autres fonctions. »
- ↑ « Soviet Honors Pervukhin », The New York Times, (lire en ligne, consulté le )
Voir aussi
Bibliographie
- Roy Medvedev et Zhores Medvedev, The Unknown Stalin, I.B.Tauris, (ISBN 1-85043-980-X)
- Harrison, Hope Millard, Driving the Soviets up the Wall: Soviet–East German relations, 1953–1961, Princeton University Press, (ISBN 0-691-09678-3)
- Smith, Jeremy, Khrushchev in the Kremlin: Policy and Government in the Soviet Union, 1956–64, Taylor & Francis, (ISBN 978-0-415-47648-5)
- Zubok, Vladislav Martinovich, A Failed Empire: The Soviet Union in the Cold War from Stalin to Gorbachev, UNC Press Books, (ISBN 978-0-8078-3098-7, lire en ligne
)
Liens externes
- Ressource relative à l'audiovisuel :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Portail de l'Union soviétique
- Portail du communisme
- Portail du nucléaire
.jpg)