Mila Orriols
Mila Orriols est une militante et influenceuse d'extrême droite franco-allemande née en en Essonne. Elle est connue pour être la victime durant son adolescence de cyberharcèlement, notamment dans l'affaire qui porte son nom, après des critiques et des insultes envers l'islam. Elle est aujourd'hui à l'origine de polémiques et condamnation pour des prises de position publiques et des propos jugés haineux.
Biographie
Mila Orriols, ou Mila Orriols-Armessen[1],[2], est une militante et influenceuse d'extrême droite franco-allemande[3] née en [4] en Essonne[3]. Elle passe la majorité de son enfance dans la région lyonnaise[3]. Durant son adolescence, elle est victime de plusieurs campagnes de cyberharcèlement.
Elle est aujourd'hui installée en Suisse dans le canton du Valais[5] avec son compagnon Colin Walks[6], lui-même également militant et influenceur d'extrême droite. En , elle est condamnée pour propos racistes, et plusieurs autres plaintes sont en cours pour des motifs similaires.
Victime de cyberharcèlement et menaces de mort
Cyberharcèlement durant son adolescence
En , Mila alors adolescente[3] de 16 ans active sur Instagram, discute en live avec plusieurs milliers d'abonnés, elle reçoit plusieurs avances qu'elle repousse. Elle reçoit plusieurs menaces et insulte en retour, dont une réalisée « au nom d'Allah » selon elle[7],[8]. Elle décide alors de poster une « story », où elle critique et tient des propos insultants envers l'islam et son livre sacré, le Coran[9],[7]. Elle déclare « rejeter toutes les religions » et n'être « pas du tout raciste, puisqu'on ne peut pas être raciste envers une religion »[9]. Cette vidéo est rapidement relayée sur Internet. À la suite de quoi des centaines d'internautes multiplient insultes lesbophobes et misogynes, la menacent physiquement, voire lancent des milliers d'appels au meurtre à son encontre[3]. Des informations personnelles la concernant sont dévoilées sur internet[7],[9],[10]. En raison de ces événements, elle interrompt sa scolarité au sein de son établissement et poursuit son enseignement dans un lieu sûr à distance[11],[12]. Elle est de nouveau victime de harcèlement et d'appels au meurtre en et début et reçoit le soutien de l'association de protection des mineurs sur Internet qui arrive à faire supprimer de nombreuses insultes et menaces vis-à-vis de l'adolescente[13].
Condamnations des auteurs
En , l'un des auteurs des appels à la violence et au meurtre de Mila est mis en examen, notamment pour « menaces de mort », par un juge d'instruction du tribunal judiciaire de Vienne (Isère). Deux autres mineurs sont mis en examen pour « vol et recel de vol de données informatiques »[14],[15]. Un jardinier de 23 ans, jugé en comparution immédiate à Auch (Gers), est condamné le , à trois ans de prison, dont dix-huit mois avec sursis, pour menaces de viol et de mort[16],[17].
Au total, treize personnes sont jugées le devant le tribunal correctionnel de Paris[18],[19]. Le , le tribunal correctionnel de Paris prononce des peines de quatre à six mois de prison avec sursis contre onze des douze prévenus[20]. En , un nouvel homme est condamné à 10 mois de prison avec sursis pour avoir menacé de mort Mila par Internet lors de l'ouverture du procès du mois de juin précédent[21],[22]. En , cinq nouveaux prévenus sont condamnés par le tribunal correctionnel de Paris[23].
Militante d'extrême droite et influenceuse
En , Mila Orriols est de nouveau régulièrement médiatisée, elle est alors décrite comme une influenceuse d'extrême droite[24], égérie de l'extrême droite[25], proche des milieux identitaires[26] ou elle-même influenceuse identitaire[27] ou militante identitaire[28].
Elle rejoint le collectif Némésis dont elle fréquente la présidente, Alice Cordier[25].
Le , lors d'un rassemblement organisé pour rendre hommage à Dominique Bernard, professeur de lettres assassiné par un terroriste islamiste, Mila annonce avoir été menacée et insultée par des participants du rassemblement, et révèle une autre affaire suivie par la DGSI, la préparation d'« un plan intelligent » pour l'atteindre[29]. Elle accuse notamment Raphaël Arnault, leader de la Jeune garde, organisation antifasciste d'extrême gauche, de l'avoir agressée, ce que l'intersyndicale dément[30].
Affaires judiciaires
Accusations et condamnation pour injure raciste
En , avant son coming-out identitaire, Mila a publié puis effacé sur X un post ouvertement raciste, en disant : « C'est un constat. Une immense partie des familles maghrébines sont consanguines, et beaucoup ont des visages difformes et assez laids, et des très petits fronts. Surtout les migrants chelous qui nous agressent dans la rue tous les jours[24]. » La Ligue des droits de l'homme (LDH) annonce avoir saisi la justice à la suite de la découverte de ce tweet, mais l'intéressée nie en bloc l'avoir posté[24], avant de reconnaître l'avoir fait[31]. Elle est placée en garde à vue en notamment pour ces propos[31]. Elle est renvoyée devant le tribunal le où une peine d'amende de 1 500 € avec sursis est requise contre elle pour « injure en raison de l'origine »[32]. Elle est condamnée le à 1 000 € d'amende pour « injure en raison de l'origine », ainsi qu'à 1 000 € à verser à la LDH, et 1 000 € de frais de procédure[33].
Dans un live sur la plate-forme X auquel Mila participe en , Yoni Tzioni, franco-israélien figure du sionisme controversé pour ses déclarations contre la France et ses propos racistes violents, tient ces propos : « Je peux vous envoyer des photos d'Arabes scotchés de la tête aux pieds accrochées à des feux rouges », ce à quoi Mila répond : « Je veux absolument voir ça ! »[27]. Le procureur de la République est saisi par la Dilcrah à la demande d'Aurore Bergé, ministre chargée de la Lutte contre les discriminations[26].
Au cours de la campagne des élections législatives de , Mila annonce qu'elle va faire une reprise de la chanson raciste et xénophobe Je partira pas, publiée quelques jours plus tôt sur TikTok, en chantant à la place de la voix créée par une intelligence artificielle générative[34],[35].
Plainte pour « apologie de crime contre l'humanité »
En , Mila Orriols publie une photographie d'un visuel de tee-shirt aux références nazies « Adidolf », détournement où les trois bandes de la marque Adidas ont été remplacées par trois bras effectuant un salut nazi. L'association SOS Racisme porte plainte à son encontre pour « apologie de crime contre l'humanité »[36],[37],[38],[39].
Dénonciation pénale pour discrimination raciale et incitation publique à la haine
Elle et son conjoint Colin Walks, également influenceur d'extrême droite, vivent depuis en Valais[5]. Fin , trois associations LGBTQIA+ portent plainte pour discrimination et incitation à la haine puis fin , 85 élus et citoyens vaudois portent plainte pour discrimination à la suite de publications jugées stigmatisantes et hostiles à l'égard de personnes issues de l'immigration[40],[5].
Elle est par ailleurs poursuivie pour avoir affirmé sur X en , à propos du génocide à Gaza, que « les civils en Palestine sont TOUS des terroristes » et que « leurs enfants le deviendr[aient] un jour »[41],[42].
Publications
- Mila, Je suis le prix de votre liberté, Paris, Grasset, coll. « Essais et documents », , 144 p. (ISBN 978-2-246-82789-4 et 978-2-246-82790-0, présentation en ligne, lire en ligne
).
[43],[44],[45].
Références
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- ↑ Octave Larmagnac-Matheron, « Condamnations au “procès Mila” : les paradoxes de la responsabilité », Philosophie Magazine, (version du sur Internet Archive).
- Peggy Sastre, « EXCLUSIF. Mila : "Ça fait un an que j'ai perdu ma vie" »
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- ↑ « Mila (?-....) », notice de personne no FRBNF17993058, Catalogue général, sur catalogue.bnf.fr, Bibliothèque nationale de France, .
- (fr-CH) Myret Zaki, « Dénonciation pénale pour racisme contre Colin Walks et Mila », Blick, (consulté le ).
- ↑ Lorène Mesot, « L'influenceur d'extrême droite Colin Walks met l'UDC Genève dans l'embarras »
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- ↑ Hondelatte 2021.
Annexes
Bibliographie
Ouvrages
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Articles académiques
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). - Marianne Golding, « L'affaire Mila: victime, agresseurs, haine en ligne par Smaïn Laacher », The French Review, Johns Hopkins University Press, vol. 97, no 2, , p. 152 (DOI 10.1353/tfr.2023.a914275, lire en ligne
). - Isabelle Kersimon, Jean-Yves Pranchère, Alain Policar, Jean-Yves Camus et Georges Salines, « Retour sur “l'affaire Mila” : un faux débat instrumenté par l'extrême droite »
, sur inrer.org, Institut de recherches et d'études sur les radicalités, . - Smaïn Laacher, « Mila et les réseaux sociaux », Après-demain, Fondation Seligmann, no 66 « La société à l'heure des réseaux sociaux », , p. 28–30 (DOI 10.3917/apdem.066.0028, lire en ligne
). - Céline Lageot, « Réflexions à l'occasion de « l'affaire Mila » : L'impérieuse nécessité pour la Cour européenne des droits de l'homme de mettre fin à sa jurisprudence sur le blasphème », Revue des droits et libertés fondamentaux, , article no 59 (HAL hal-03807857, lire en ligne
).
Documents radiophoniques
- Fabrice Drouelle, « L'Affaire Mila ou la fatwa numérique », Affaires sensibles, France Inter, .
- Christophe Hondelatte, « Mila a osé critiquer l'Islam », Hondelatte raconte, Europe 1, (consulté le ).
- Marc Weitzmann, « Affaire Mila, cyber-harcèlement, misogynie, technologie, laïcité : vers une nouvelle culture de l'insulte ? », Signes des temps, France Culture, .
.
Liens externes
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