Milices brésiliennes

Les milices brésiliennes (en portugais : Milícias), principalement actives à Rio de Janeiro ainsi que dans certaines autres villes du pays, sont des groupes paramilitaires illégaux de type mafieux. Elles sont composées d'agents de police (civils ou militaires) actifs ou à la retraite, de membres du Corps des pompiers militaires (en), mais aussi de criminels, de militaires et d'hommes politiques. À l'image des organisations mafieuses, ces groupes exercent des activités d'extorsion, contrôlent des services et commerces locaux, et cherchent à influencer la vie politique et administrative des territoires qu'ils dominent[1].

Les milices mènent à la fois des activités de vigilantisme et des opérations relevant du crime organisé. Dans les favelas, des groupes criminels comme l'ADA et le Comando Vermelho contrôlent les réseaux de trafic et de violence, vendent ouvertement de la drogue et circulent armés, tout en agissant comme autorités de facto : ils construisent des infrastructures locales et imposent leur propre système de lois et de justice. Historiquement, les milices — souvent composées de policiers ou d'anciens membres des forces de sécurité — expulsent ces trafiquants pour instaurer leurs propres systèmes de racket. Elles imposent alors aux habitants le paiement de « protections » et taxent des services essentiels, tels que l'accès à l'eau, à l'électricité, aux transports ou à l’internet, établissant ainsi un contrôle économique et social sur les communautés[2],[3],[4],[5].

Histoire

Les milices trouvent leurs racines dans les escadrons de la mort de la dictature militaire brésilienne de 1964[1]. Elles ont émergé à la fin des années 2000, composées de policiers hors service avec l'aide d'hommes d'affaires locaux ayant besoin de protection contre les bandes armées[6].

Grâce à leurs liens étroits avec les forces de police officielles, les milices bénéficient souvent du soutien des politiciens locaux[7],[8].

Dans la culture populaire

  • Les policiers et milices corrompus sont les principaux antagonistes du film Elite Squad : L'ennemi intérieur ( 2010).
  • Le Crachá Preto (Insigne Noir), un groupe paramilitaire d'extrême droite fictif lié à la police, sont les antagonistes secondaires du jeu vidéo Max Payne 3 de 2012.

Notes et références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Brazilian militias » (voir la liste des auteurs).
  1. « Against the current: Brazil's dangerous militias | DW | 04.09.2019 », Deutsche Welle
  2. « Death of a Rio Cartel », The Intercept (consulté le )
  3. « 'Like a cancer:' Rio militias grow, control swaths of city | CTV News », www.ctvnews.ca, (consulté le )
  4. (en) Dom Phillips, « How Brazil's militias wield terror to seize power from drug gangs », The Irish Times,‎ (lire en ligne)
  5. « Brazil's fearsome militias: mafia boom increases threat to democracy | The Guardian News », www.theguardian.com,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. « In Brazil's Belem, rogue cop-run militias 'make their own laws' »
  7. « 'Lesser evil': how Brazil's militias wield terror to seize power from gangs | World news », The Guardian, (consulté le )
  8. « InsightCrime: Spate of Murders in Brazil Shines Spotlight on Militia Phenomenon », insightcrime.org, (consulté le )
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