Mine de Sidi Chennane

Mine de Sidi Chennane
A) Carte indiquant l'emplacement des mines de phosphate au Maroc, (B) Carte indiquant les mines de Sidi Daoui et Sidi Chennane, (C) colonne stratigraphique des phosphates de la région de Sidi Daoui
Ressources
Exploitant
Ouverture
1994[1]
Pays
Maroc
Région
Coordonnées
32° 39′ 22″ N, 6° 42′ 57″ O
Localisation sur la carte du Maroc
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La mine de Sidi Chennane est une mine à ciel ouvert de phosphate située au Maroc dans la région de Béni Mellal-Khénifra. Elle fait partie du gisement de Khouribga[2].

Localisation

La mine de Sidi Chennane se situe dans le bassin d'Ouled Abdoun, aussi connu sous le nom de bassin de Khouribga. Elle se situe à 120 km au Sud-Est de Casablanca[3], à 35 km au Sud-Ouest de la ville de Khouribga[4], à 25 km au Sud-Ouest d'Oued Zem et à 20 km au Nord de la ville de Fkih Ben Salah[5].

Géologie

La mine se trouve dans le bassin sédimentaire, constituant une réserve de phosphate, le plus important du Maroc[6]. Le pays abrite plus de trois-quart des réserves mondiales de phosphate[6].

Les séries phosphatées présentes sur le site s'étendent du Maastrichtien au Lutétien[5]. Ces séries sont sont composées d'intercalation phosphatées et marno-calcaires régulières[7]. Dans plusieurs gisements du sites ont également été notés la présence de corps stériles, ce qui impacte l'exploitation du site[5],[7]. Au niveau du bassin d'Ouled Abdoune, ces dérangements sont caractéristiques de Sidi Chennane. Ils peuvent être d'origine techtonique ou résulter d'éffondrements[8].

Comme les autres séries phosphatées du bassin d'Oued Abdoun, celles de la mine de Sidi Chennane ont une structure tabulaire[7].

Paléontologie

Le bassin d'Oued Abdoun est un site fossilifère. Les couches phosphatiques du Maroc abritent un nombre importants de vertébrés marins[9]. Différents types de fossiles ont été retrouvés au niveau de Sidi Chennane.

Découvertes marquantes

Chenanisaurus barbaricus

L'holotype de l'espèce Chenanisaurus barbaricus, unique représentant connu du genre Chennanisaurus, a été découvert dans la mine de Sidi Chennane. Il s'agit d'un dinosaure carnivore, appartenant à la famille des abélisauridés. Il est caractérisé par son museau court[10]. C'est l'une des toutes dernières espèces de dinosaures ayant vécu en Afrique avant leur extinction[11]. Le nom Chenanisaurus fait référence à la mine de Sidi Chennane où une mâchoire, premier fossile connu de l'espèce, a été retrouvée. Le terme barbaricus a été attribué en référence à la côte de Barbarie, ancien nom du littoral magrébin[10].

Khinjaria acuta

L'holotype de l'espèce Khinjaria acuta, unique représentant connu du genre Khinjaria, a également été découvert dans la mine de Sidi Chennane. Il s'agit d'une espèce de mosasaure[12]. Le nom Khinjaria acuta, signifie littéralement « poignard pointu ». Ce mélange de termes arabes (khinjar pour le poignard) et latins (acuta pour pointu) a été choisi en référence à la forme des dents de cet animal marin[12].

Carinodens acrodon

La mine de Sidi Chennane a aussi été le lieu de découvert de l'holotype de l'espèce Carinodens acrodon[13]. Cette espèce de mosasaure est caractérisée par ses hautes dents triangulaires[14].

Autres espèces fossiles présentes

Des fossiles de ptérosaures ont été mis au jour sur le site de la mine, comme des Azhdarchidés, des Pteranodontidés et des Nyctosauridés[15].

D'autres restes d'animaux marins fossiles y sont régulièrement trouvés comme Mosasaurus hoffmannii , Globidens et Halisaurus[16]. Des dents fossiles de requins (Myliobatiformés, Sclerorhynchidés, Hexanchidés, Squalicorax, Odontaspidae, Cretalamna et Serratolamna) ainsi que des coprolithes laissées par ces mêmes animaux sont également trouvées en quantité importante à Sidi Chennane[17].

Histoire

L'exploitation de la mine à ciel ouvert de Sidi Chennane débute en . Pour le groupe OCP, l'objectif de l'ouverture de cette nouvelle mine est le maintient des rendements en phosphore dans le bassin de Khouribga. En effet, la production de Sidi Chennane vise à prendre le relai de la dernière mine souterraine du secteur, fermée en 1993[18].

Références

  1. OCP: 1,7 milliard de DH pour l'équipement de la mine de Sidi Chennane, L'économiste, 14 octobre 1993
  2. « Phosphates de Khouribga : l’OCP performe toujours | Challenge.ma », sur www.challenge.ma (consulté le )
  3. Christiane Munoki Ekambo, « Sidi Chennane, le plus grand gisement du phosphate au Maroc », sur Africa News, (consulté le )
  4. Khaoula Touali et Ikram Ghazouany, Suivi d’exploitation des couches phosphatées au niveau de la mine Merah El Ahrach (Maroc), Fès, Faculté des Sciences et Technique de Fès, (lire en ligne)
  5. Hamza Ait Koubi et Hamza Oumaste, Compte rendu au sein de la mine de Sidi Chennane, Khouribga, Faculté polydisciplinaire de Khouribga, , 5 p. (lire en ligne)
  6. Azzouz Kchikach, Pierre Andrieux, Mohammed Jaffal et Mostafa Amrhar, « Les sondages électromagnétiques temporels comme outil de reconnaissance du gisement phosphaté de Sidi Chennane (Maroc) : apport à la résolution d'un problème d'exploitation », Comptes Rendus. Géoscience, vol. 338, no 5,‎ , p. 289–296 (ISSN 1778-7025, DOI 10.1016/j.crte.2006.02.003, lire en ligne, consulté le )
  7. Azzouz Kchikach, Mohammed Jaffal, Tahar Aı̈fa et Lahcen Bahi, « Cartographie de corps stériles sous couverture quaternaire par méthode de résistivités électriques dans le gisement phosphaté de Sidi Chennane (Maroc) », Comptes Rendus. Géoscience, vol. 334, no 6,‎ , p. 379–386 (ISSN 1778-7025, DOI 10.1016/S1631-0713(02)01767-4, lire en ligne, consulté le )
  8. Marouan Bajbouji et Yassine Benrafai, Délimitation de la zone dérangée dans les dépôts phosphatés de la partie sud-est du Panneau 1 de Sidi Chennane, bassin des Oulad Abdoun (Khouribga, Maroc), Marrakech, Faculté des sciences et techniques de Marrakech, (lire en ligne)
  9. Peggy Vincent, Nathalie Bardet, Xabier Pereda Suberbiola et Baâdi Bouya, « Zarafasaura oceanis, a new elasmosaurid (Reptilia: Sauropterygia) from the Maastrichtian Phosphates of Morocco and the palaeobiogeography of latest Cretaceous plesiosaurs », Gondwana Research, vol. 19, no 4,‎ , p. 1062–1073 (ISSN 1342-937X, DOI 10.1016/j.gr.2010.10.005, lire en ligne, consulté le )
  10. Nicholas R. Longrich, Xabier Pereda-Suberbiola, Nour-Eddine Jalil et Fatima Khaldoune, « An abelisaurid from the latest Cretaceous (late Maastrichtian) of Morocco, North Africa », Cretaceous Research, vol. 76,‎ , p. 40–52 (ISSN 0195-6671, DOI 10.1016/j.cretres.2017.03.021, lire en ligne, consulté le )
  11. (en) Milner Centre for Evolution, « “Last African dinosaur” discovered in Moroccan mine », sur University of Bath, (consulté le )
  12. Nicholas R. Longrich, Michael J. Polcyn, Nour-Eddine Jalil et Xabier Pereda-Suberbiola, « A bizarre new plioplatecarpine mosasaurid from the Maastrichtian of Morocco », Cretaceous Research, vol. 160,‎ , p. 105870 (ISSN 0195-6671, DOI 10.1016/j.cretres.2024.105870, lire en ligne, consulté le )
  13. (en) Nicholas R. Longrich, Xabier Pereda-Suberbiola, Nour-Eddine Jalil et Nathalie Bardet, « A New Species of the Durophagous Mosasaurid Carinodens from the Late Maastrichtian Phosphates of Morocco and Implications for Maastrichtian Mosasaurid Diversity », Diversity, vol. 17, no 1,‎ , p. 25 (ISSN 1424-2818, DOI 10.3390/d17010025, lire en ligne, consulté le )
  14. « Une nouvelle espèce de mosasaure durophage découverte au Maroc », sur Médias24, (consulté le )
  15. (en) Nicholas R. Longrich, David M. Martill et Brian Andres, « Late Maastrichtian pterosaurs from North Africa and mass extinction of Pterosauria at the Cretaceous-Paleogene boundary », PLOS Biology, vol. 16, no 3,‎ , e2001663 (ISSN 1545-7885, PMID 29534059, PMCID 5849296, DOI 10.1371/journal.pbio.2001663, lire en ligne, consulté le )
  16. (en) Alexander P . M . Vinkeles Melchers, « Occurrence of Mosasaurus hoffmannii Mantell, 1829 (Squamata, Mosasauridae) in the Maastrichtian Phosphates of Morocco », The Journal of Paleontological Sciences,‎ (lire en ligne)
  17. (en) Christopher J. Duffin et David J. Ward, « Coprolite diversity in the latest Cretaceous (Maastrichtian) phosphates of Sidi Chennane, Morocco », New Mexico Museum of Natural Science Bulletin, vol. 100,‎ , p. 39-48 (lire en ligne [PDF])
  18. « Ouverture de la mine de Sidi Chennane », sur OCP Centenaire, (consulté le )
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