Mio Sugita

| Parliamentary Vice-Minister for Internal Affairs and Communications | |
|---|---|
| août - | |
| Représentant du Japon 49e législature de la chambre des représentants du Japon (d) Circonscription proportionnelle du Chūgoku | |
| depuis le | |
| Représentant du Japon 48e législature de la chambre des représentants du Japon (d) Circonscription proportionnelle du Chūgoku | |
| depuis le |
| Naissance | |
|---|---|
| Nom dans la langue maternelle |
杉田 水脈 |
| Nationalité | |
| Formation |
Université de Tottori (jusqu'en ) |
| Activité |
Femme politique (depuis ) |
| Parti politique |
Parti libéral-démocrate (depuis ) |
|---|---|
| Condamnée pour |
Crime of honor (d) () |
| Site web |
(ja) sugitamio.net |
| Blog officiel |
Mio Sugita (杉田 水脈, Sugita Mio), née le ) est une femme politique japonaise. Elle est membre du Parti libéral-démocrate du Japon et membre de la Chambre des représentants pour le Bloc de représentation proportionnelle Chūgoku[1]. En , elle devient secrétaire parlementaire chargée des Affaires intérieures et des Communications dans le cabinet Kishida, puis démissionne en décembre de la même année après plusieurs controverses[2].
Éducation et carrière
Sugita est diplômée de la faculté d'agronomie de l'université de Tottori (1990)[3].
Elle a travaillé comme fonctionnaire dans une administration locale. Elle a été membre du Parti de la Restauration du Japon et du Parti pour le Kokoro japonais avant de rejoindre le Parti Libéral Démocrate du Japon[4]. Elle est élue pour la première fois à la Chambre des représentants en 2012[5]. Elle est classée à l'extrême droite[6].
En , le PLD retire à Mio Sugita ses charges au sein du parti à la suite d'irrégularités dans ses rapports financiers[7]. En , elle annonce sa décision de ne pas se présenter aux élections législatives de la fin du mois, sans pour autant renoncer à la politique[8].
En , le PLD annonce que Mio Sugita sera de nouveau candidate pour le parti aux prochaines élections, ce qui suscite quelques critiques parmi ses parlementaires[9]. Elle se présente en vain lors des élections à la Chambre des conseillers de juillet 2025[10].
C'est de nouveau sans succès qu'elle se présente aux élections législatives de février 2026[7].
Positions politiques et controverses
Jardins d'enfants
En , Sugita a écrit un article dans le Sankei Shinbun dans lequel elle présentait son opposition à l'augmentation du nombre de crèches[11].
Femmes de réconfort
En 2013. Sugita s'est associée à d'autres membres du Parti de la Restauration du Japon, Yuzuru Nishida et Hiromu Nakamaru, pour demander le retrait d'une statue à Glendale, dans le Comté de Los Angeles, en Californie. Cette statue commémore 200 000 « femmes de réconfort » de Corée et d'autres pays, « esclaves sexuelles des soldats japonais pendant la Seconde Guerre mondiale »[12]. D’après les adversaires de cette statue, dont Sugita, « les femmes ont agi volontairement » et leur nombre est artificiellement exagéré[13],[14]. Les trois personnalités politiques ont également indiqué qu'elles voulaient que le Ministère Japonais des Affaires Étrangères revienne sur les excuses officielles prononcées dans les années 1990 sur le sujet.
En , Sugita a été condamnée en appel par le tribunal d'Osaka pour avoir diffamé des professeurs d’université menant des recherches sur les femmes de réconfort[7].
Commentaires sur le viol
Sugita est apparue en 2018 dans le documentaire de la BBC Japan's Secret Shame[15] consacré au viol présumé de Shiori Ito. Dans une interview, Sugita a déclaré : « Dans cette affaire, il y a eu des erreurs de sa part, en tant que femme ; le fait de boire autant en face d'un homme et de perdre la mémoire. »[16] ainsi que « Avec des choses comme cela, je pense que ce sont les hommes qui subissent d'importantes conséquences. »[17].
Sugita semble se moquer d'Ito, "Makura eigyo daishippai" (Technique de vente de l'oreiller: échec total)[18].
Sollicitée pour un commentaire à propos du documentaire par le Mainichi Shimbun, Sugita a déclaré que la vidéo avait été modifiée et ses propos dénaturés, et qu'elle envisageait de montrer ses propres images de l'interview[18].
Sugita a été critiquée par Lully Miura, professeure de l'Université de Tokyo qui a écrit, « Mettre en cause les actions de la victime plutôt que l'auteur de l'infraction peut propager le malentendu selon lequel on ne sait rien faire si quelque chose arrive à une femme quand elle boit en face d'un homme. Il semble y avoir dans l'attitude de Sugita un sentiment de dégoût à l'égard des femmes fortes face aux hommes »[18].
Elle déclare en , afin de justifier l'acquittement controversé de plusieurs hommes accusés de viols et d'inceste, que « les femmes peuvent mentir autant qu'elles veulent[19]. »
Commentaire sur les personnes LGBT

Après de nombreuses publications antiféministes et anti-LGBT dans le magazine Shincho 45[5], en , Sugita y écrit un article dans lequel elle décrit les couples LGBT+ comme « improductifs et donc ne méritant pas l'investissement du contribuable. »[20]. Elle y fait valoir que « ces hommes et ces femmes ne peuvent avoir d'enfants – en d'autres termes, ils sont "improductifs". »[21]. Ses commentaires controversés ont été dénoncés par diverses personnalités politiques japonaises, y compris Kanako Otsuji[5], l'ancien premier ministre japonais Yukio Hatoyama et l'ancien secrétaire parlementaire Shunsuke Takei[22].
En réponse à cet article, les 27 et , des milliers de manifestants se sont rassemblés à Tokyo devant le siège du Parti Libéral Démocrate pour demander au parti sa démission, ainsi qu'à Osaka[23],[24],[5]. Le , le PLD a annoncé sur son site internet qu'il avait recommandé à Sugita de se renseigner sur le sujet et d’être mieux informée sur la question des différences sexuelles[25]. Après que le magazine Shincho 45 a publié un numéro complet pour prendre la défense de l'article de Sugita, la maison d’édition Shinchosha s'est publiquement excusée pour cette série d'articles et a pris la décision d’arrêter la publication du magazine[26].
Procès en diffamation
En 2019, quatre professeurs du Kansai, spécialistes en théorie du genre et en féminisme, ont intenté un procès en diffamation contre Mio Sugita après qu'elle a critiqué dans des vidéos sur internet et sur son compte Twitter leur usage de subsides gouvernementaux pour faire des recherches sur l’égalité des genres et sur les femmes de confort[27].
En , Mio Sugita a été condamnée pour diffamation par le tribunal d'appel de Tokyo pour avoir montré son approbation en cliquant « J'aime » en-dessous de messages Twitter diffamatoires envers Shiori Itō, une journaliste luttant pour faire reconnaître le viol dont elle a été victime[28].
En 2016, sur son blog, Mio Sugita s'est moquée d'Aïnous et de zainichi qui témoignaient de l'existence de discriminations au Japon[2]. En , le « Bureau des affaires juridiques » de Sapporo a reconnu que ces écrits constituaient une violation des droits de l'homme des Aïnous et a demandé à Sugita de les effacer[29],[7].
Références
- ↑ « 杉田 水脈 », sur www.jimin.jp (consulté le ).
- M. Nakajima et Y. Ono, History of sexist, anti-LGBTQ remarks by Japanese vice-minister Mio Sugita, The Mainichi (24 août 2022).
- ↑ (ja) « 国会議員情報:杉田 水脈(すぎた みお):時事ドットコム », sur jiji.com (consulté le ).
- ↑ « Japan Should Aim to Create an Independent Constitution, Not Reform the Present One », sur en.apa-appletown.com (consulté le ).
- Patrick Carland-Echavarria, We Do Not Live to Be Productive: LGBT Activism and the Politics of Productivity in Contemporary Japan, The Asia-Pacific Journal - Japan Focus 20, 2, 1 (Article ID 5669) (15 janvier 2022).
- ↑ « Japon : encore un ministre limogé, le quatrième en trois mois », sur Les Echos,
- (en) Ken Uzuka, « Memories of past discrimination spelled demise for LDP's Mio Sugita in Japan election », Mainichi Daily News, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « Ruling LDP's Mio Sugita not to run in Japan's Oct. 27 lower house election », Mainichi Daily News, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en-US) Hayato Jinno, « LDP running defiant Sugita for Upper House seat raises eyebrows », The Asahi Shimbun, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ (en) Atsuhiko Kimura, « LDP's Mio Sugita loses upper house seat after backlash over discriminatory remarks », Mainichi Daily News, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (ja) SANKEI DIGITAL INC., « 【杉田水脈のなでしこリポート(8)】「保育園落ちた、日本死ね」論争は前提が間違っています 日本を貶めたい勢力の真の狙いとは… », 産経ニュース, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Arin Mikailian, « Court rules in favor of memorial to comfort women », sur latimes.com (consulté le ).
- ↑ (en-US) Brittany Levine, « Japanese politicians want Glendale's 'comfort women' statue removed », Los Angeles Times, (ISSN 0458-3035, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en-US) Mark Schreiber, « U.S. towns pulled into Japanese politics », The Japan Times Online, (ISSN 0447-5763, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en-GB) Japan's Secret Shame (lire en ligne).
- ↑ (en) « Aspiring reporter, 28, claims she was drugged and raped by a TV journalist after she met him to discuss career advice - and was called a 'prostitute' by trolls when she went public », Mail Online, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) David McNeill, « Woman’s fight highlights rape taboo in Japan », The Irish Times, (lire en ligne, consulté le ).
- (en) « LDP lawmaker draws fire over comment on alleged rape victim in BBC documentary », Mainichi Daily News, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Christine Levy, « Les Japonaises ne veulent plus se taire », sur Le Monde diplomatique,
- ↑ (ja) « 「LGBTは生産性がない」自民・杉田水脈議員の寄稿文に、当事者団体が抗議 », BuzzFeed, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en-GB) « Japanese politician under fire for claiming LGBT couples are 'unproductive' », The Independent, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) « Japanese politician under fire for calling LGBT community 'unproductive' », cnn, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en-US) Tomohiro Osaki, « Thousands rally to protest LDP lawmaker Mio Sugita’s remark calling LGBT people ‘unproductive’ », The Japan Times Online, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ P. Mesmer, Au Japon, la communauté LGBT se mobilise contre le « discours de haine » d’une députée, Le Monde (30 juillet 2018).
- ↑ LDP ‘instructs’ Sugita to educate herself after anti-gay article, The Asahi Shimbun (3 août 2018).
- ↑ Justin McCurry, Japanese magazine to close after Abe ally's 'homophobic' article, The Guardian (26 septembre 2018).
- ↑ Gender theory professors sue LDP’s Sugita for critical remarks, The Asahi Shimbun (13 février 2019).
- ↑ Agence Kyodo, Damages awarded to Japan's #MeToo symbol over defamatory tweet likes, The Mainichi (20 octobre 2022).
- ↑ Shu Furukawa, Japan lawmaker's post against Ainu deemed to have violated human rights, The Mainichi (21 septembre 2023) ; LDP Sugita’s social media post insulting Ainu is human rights violation, Japan Press Weekly (25 septembre 2023).
Liens externes
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