Miracle de la maison de Brandebourg
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Le miracle de la maison de Brandebourg est le nom donné par Frédéric II de Prusse à l'incapacité de la Russie et de l'Autriche à exploiter leur victoire sur lui lors de la bataille de Kunersdorf le , pendant la guerre de Sept Ans[1]. Ce nom est parfois également employé pour désigner le changement de camp de la Russie en 1762, qui sauva la Prusse d'une défaite certaine.
Premier miracle de la maison de Brandebourg
Après la bataille de Kunersdorf, Frédéric II pensait que la Prusse était condamnée à une défaite certaine. Il écrivit : « C’est un revers cruel ! Je n’y survivrai pas. Je crois que tout est perdu. Adieu pour jamais »[2]. La Prusse avait perdu 19 000 soldats et il ne lui en restait plus que 18 000 hommes. Le , il écrivit que, si les Russes avaient franchi l’Oder et marché sur Berlin, la capitale prussienne, « [ils] les combattr[aient] – davantage pour mourir sous les murs de notre propre ville que dans l’espoir de les vaincre »[2]. Le maréchal russe Piotr Saltykov et son armée franchirent l’Oder ce même jour, le maréchal autrichien von Laudon et son armée l’ayant déjà franchie la veille. Le maréchal von Daun menait le reste de l’armée autrichienne vers le nord depuis la Saxe. Les trois armées avaient pour objectif de marcher sur Berlin.
Frédéric rassembla 33 000 hommes pour défendre Berlin contre les forces ennemies, qu'il estimait à 90 000 hommes. Cependant, les Autrichiens et les Russes se montrèrent réticents à consolider leur victoire en occupant Berlin et, en septembre, ils commencèrent à retirer leurs troupes. Les Autrichiens et les Russes avaient perdu 16 000 hommes à Kunersdorf et les deux armées craignaient que leurs lignes de communication ne soient mises à rude épreuve par une marche aussi longue. L'armée du frère de Frédéric, le prince Henri, n'était pas engagée à Kunersdorf et représentait donc toujours une menace pour les forces austro-russes. Au vu de ces événements, Frédéric retrouva confiance[3]. Il qualifia ces événements de « miracle de la maison de Brandebourg ».
Le second miracle de la maison de Brandebourg
En , après cinq années de guerre, la situation stratégique de la Prusse s'assombrissait malgré plusieurs succès tactiques. Comme l'écrivait Frédéric le :
Les Autrichiens sont maîtres de Schweidnitz et des montagnes, les Russes contrôlent toute la Warthe, de Kolberg à Posen… Chaque botte de foin, chaque sac d’argent, chaque contingent de recrues n’arrive que par la grâce de l’ennemi ou par sa négligence. Les Autrichiens contrôlent les collines de Saxe, les Impériaux font de même en Thuringe, toutes nos forteresses sont vulnérables en Silésie, en Poméranie, Stettin, Küstrin, même Berlin, à la merci des Russes[4].
Durant la guerre, les Prussiens avaient perdu 120 généraux, 1 500 officiers (sur 5 500) et plus de 100 000 hommes. La plupart des Prussiens étaient désormais favorables à la paix, et Frédéric tentait, sans succès, d'entraîner l'Empire ottoman dans le conflit. Puis, en , Frédéric apprit la nouvelle du décès de l'impératrice Élisabeth de Russie, survenu le . « La Messaline du Nord est morte. Morta la Bestia. », écrivit Frédéric le [5]. Le neveu d'Élisabeth, Pierre, grand admirateur de Frédéric, lui succéda. Il inversa rapidement la politique de guerre d'Élisabeth et négocia la paix avec la Prusse, avec un armistice en mars et un traité de paix et d'amitié signé le [6], ce qui sauva le pays de l'invasion russe.
Références
Sources
- David Fraser, Frederick the Great: King of Prussia, Londres, Allen Lane, (ISBN 0-7139-9377-4, lire en ligne)
- Russell F. Weigley, The Age of Battles: The Quest for Decisive Warfare from Breitenfeld to Waterloo, Indiana University Press, (ISBN 0-253-21707-5), « The Miracle of the House of Brandenburg »
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