Mireille Christophe Michel-Lévy

Mireille Christophe Michel-Lévy
Portrait en 1978.
Fonctions
Chercheuse
Université Paris-Sorbonne
Directrice de recherche au CNRS
Biographie
Naissance
Pseudonyme
Madame Christophe
Nationalité
Domicile
Activités
Période d'activité
Père
Parentèle
Auguste Michel-Lévy (grand-père)
Autres informations
A travaillé pour
Personne liée
Œuvres principales
Un chondre exceptionnel dans la météorite de Vigarano (d) ()

Mireille Christophe Michel-Lévy, née le à Versailles, est une minéralogiste, spécialiste de la matière extraterrestre.

Biographie

Françoise Mireille Blonde Rébecca Michel-Lévy est la fille de Marguerite Kiefe et du géologue Albert Michel-Lévy, lui-même fils d'Henriette Saint-Paul et de l'Ingénieur du Corps des Mines Auguste Michel-Lévy, professeur au Collège de France[1]. Ce dernier est le fils d'Adèle Dupont et de Michel Lévy, médecin-général français.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la famille Michel-Lévy se réfugie en Zone libre, à Bagnères-de-Bigorre[1]. En 1942, Albert Michel-Lévy enseigne à l'université de Toulouse, et sa fille y poursuit ses études jusqu'à l'invasion de la zone libre en [1]. En 1945, Albert Michel-Lévy retrouve son poste à la Sorbonne et est élu à l’Académie des sciences[2].

En 1946, Mireille Christophe Michel-Lévy entre au laboratoire de minéralogie de la Sorbonne, comme assistante bénévole de son père, dont l'état de santé est très dégradé et ne lui permet pas de travailler seul. Elle est ensuite stagiaire de recherche dans le laboratoire de cristallographie voisin, auprès de Charles Mauguin et Jean Wyart.

En 1948, elle est recrutée comme attachée de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), dans le laboratoire de minéralogie-cristallographie. Elle y reste toute sa carrière. Le , elle épouse Léon Christophe (1909-2003), inspecteur à la SNCF[3].

En , elle soutient sa thèse sur la « Reproduction artificielle de minéraux qui apparaissent dans le métamorphisme de contact du granite », et devient docteure ès-sciences[4],[5]. À la Sorbonne, puis à la Faculté des Sciences installée à Jussieu début 1968, elle est responsable de l'axe de recherche « minéraux des météorites »[6].

Travaux

Ses premiers travaux, aux côtés de son père et de Henri Muraour, portent sur la synthèse des minéraux à haute pression et haute température[7].

Elle fréquente le laboratoire de minéralogie du Muséum national d'histoire naturelle. La chercheuse Élisabeth Jérémine l'initie à l'observation au microscope polarisant. Elle est ensuite pionnière dans l'utilisation de la microsonde électronique de Castaing, aux rayons-X. Elle étudie les collections de météorites rassemblées par le minéralogiste Alfred Lacroix[8],[1]. Mireille Christophe Michel-Lévy découvre les inclusions réfractaires minérales riches en calcium et en aluminium (CAI), des enclaves réfractaires. En 1968, elle publie ainsi un article sur la météorite de Vigarano, décrivant un chondre « exceptionnel »[9],[10]. La météorite devient le lithotype des chondrites carbonées du groupe CV[11]. Elle est la première à décrire divers minéraux dans les météorites, comme la fassaïte ou la grossite[12].

Dans les années 1970, son laboratoire fut l'un des rares au monde à recevoir des échantillons de roches lunaires provenant des missions américaines Apollo (12, 14-17) et des missions russes Luna (16, 20)[13],[14]. À la fin de sa carrière, elle travaille sur des micrométéorites collectées en Antarctique[15].

Ouvrage

  • Mireille Christophe-Michel-Lévy, Tableaux des minéraux des roches : résumé de leurs propriétés optiques, cristallographiques et chimiques : d'après les anciennes tables de Auguste Michel-Lévy et Alfred Lacroix, Paris, Centre national de la recherche scientifique, , 55 p. (SUDOC 012124877)

Notes et références

  1. Guy Christophe, « Alfred Lacroix dans la mémoire de la famille Michel-Lévy : Souvenirs de Mireille Christophe Michel-Lévy », Journées Alfred Lacroix, Muséum national d'histoire naturelle,‎ 18-19 septembre 2024, p. 12-14 (lire en ligne)
  2. ↑ Martine François et Paola Zembri, « CTHS - MICHEL-LEVY Albert Victor », sur CTHS-La France savante, (consulté le )
  3. ↑ Annie Léon, « La famille Kiefe, entre France et Allemagne », Généalo-J, no 149,‎ , p. 4-22 (lire en ligne Accès libre [PDF])
  4. ↑ Mireille Christophe Michel-Lévy, « Reproduction artificielle de minéraux qui apparaissent dans le métamorphisme de contact du granite », Bulletin de Minéralogie, vol. 76, no 7,‎ , p. 237–293 (DOI 10.3406/bulmi.1953.4839, lire en ligne, consulté le )
  5. ↑ « Christophe-Michel-Lévy, Mireille », sur IdRef
  6. ↑ UPMC - Université Pierre et Marie Curie, « Un peu d'histoire - Institut de minéralogie, de physique des matériaux et de cosmochimie » [archive du ], sur impmc.sorbonne-universite.fr, (consulté le )
  7. ↑ (en) Matthieu Gounelle, « Happy 100th birthday Madame Christophe », Éléments,‎ , p. 411 (lire en ligne [PDF])
  8. ↑ Alfred Lacroix, « Les météorites tombées en France et dans ses colonies et conservées au Museum National d’Histoire Naturelle, avec remarques sur la classification des météorites », Bulletin du Muséum national d'histoire naturelle,‎ , p. 411-453 (lire en ligne)
  9. ↑ Mireille Christophe Michel-Lévy, « Un chondre exceptionnel dans la météorite de Vigarano », Bulletin de Minéralogie, vol. 91, no 2,‎ , p. 212–214 (DOI 10.3406/bulmi.1968.6215, lire en ligne, consulté le )
  10. ↑ Yvonne Rebeyrol, « L'état de la matière à moins 4,6 milliards d'années », Le Monde,‎ (lire en ligne Accès payant)
  11. ↑ (en) Matthieu Gounelle, « Celebrating the 50th anniversary of CAI s discovery by Mireille Christophe Michel–Lévy », Meteoritics & Planetary Science, vol. 53, no 11,‎ , p. 2427–2429 (ISSN 1086-9379 et 1945-5100, DOI 10.1111/maps.13127, lire en ligne, consulté le )
  12. ↑ Matthieu Gounelle, « Mireille Christophe Michel-Lévy (1922-...) », Savanturières, une histoire naturelle au féminin,‎ , p. 184-185 (lire en ligne)
  13. ↑ Mireille Christophe Michel-Lévy, Claude Lévy et Zdenek Johan, « Études de minéraux métalliques lunaires de quelques échantillons d'Apollo 16 », Bulletin de Minéralogie, vol. 96, no 6,‎ , p. 359–364 (DOI 10.3406/bulmi.1973.6849, lire en ligne, consulté le )
  14. ↑ « Pierre de Lune pour les chercheurs français », L'Humanité,‎
  15. ↑ (en) M. Maurette, C. Olinger, M. Christophe Michel-Levy et G. Kurat, « A collection of diverse micrometeorites recovered from 100 tonnes of Antarctic blue ice », Nature, vol. 351, no 6321,‎ , p. 44–47 (ISSN 1476-4687, DOI 10.1038/351044a0, lire en ligne, consulté le )

Liens externes

  • icône décorative Portail des minéraux et des roches