Mithraeum de Carrawburgh

Mithraeum de Carrawburgh
Image illustrative de l’article Mithraeum de Carrawburgh
Le mithraeum du fort romain de Carrawburgh
Localisation
Pays Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
Région Northumberland
District Tynedale
Type Mithraeum
Coordonnées 55° 02′ 10″ nord, 2° 13′ 23″ ouest
Histoire
Culture Bas-Empire romain
Géolocalisation sur la carte : Northumberland
(Voir situation sur carte : Northumberland)
Mithraeum de Carrawburgh
Mithraeum de Carrawburgh

Le mithraeum de Carrawburgh est un mithraeum romain situé à Newbrough, un village du comté de Northumberland en Angleterre[1],[2].

Historique

Le fort romain de Carrawburgh (fort de Brocolitia) est un camp romain faisant partie du mur d'Hadrien du Limes Britannicus construit entre 123 et 135 apr. J.-C. et utilisé par la Legio VI Victrix durant près de 300 ans. À environ 80 m du coin sud de celui-ci se trouvent les ruines du mithraeum datant au début du IIIe siècle, temple dédié à Mithra. Découvert en 1949, le mithraeum fut entièrement fouillé par Ian Richmond et JP Gillam en 1950[3].

Plan du fort (B-entrées du fort ; C-Caserne ; A-Sanctuaire ; D-Thermes ; E-Mithraeum)

c'est le deuxième mithraeum le plus septentrional découvert jusqu'à présent ; seul celui du fort romain de Bremenium (Rochester), à plus de 16 km de Brocolitia, est plus au nord. Comme la plupart des autres mithraea, le temple de Brocolitia a été construit pour ressembler à une grotte, et avait également l'antichambre habituelle (pronaos) et une nef (cella) avec des bancs surélevés (podia) le long des côtés. L'antichambre et la nef était séparée par un clayonnage dont la base a été retrouvée.

Fouilles archéologiques

Statue de Cautes (Musée de Newcastle).

Après une période de sécheresse, les sommets des trois autels et de la maçonnerie d'origine dépassaient nettement du sol, par ailleurs fortement marécageux. Les bases du mur en torchis entre l'antichambre et la salle de culte, ainsi que celles des poutres de soutien du toit, étaient particulièrement bien conservées. L'une des poutres du toit a également été récupérée des décombres. La maçonnerie préservée du temple est encore visible aujourd'hui, composée de plusieurs couches de pierre. Les autels aujourd'hui érigés et les deux reliefs de Cautes et Cautopates sont des moulages d'originaux romains, qui font désormais partie de la collection du musée Grosvenor de Chester. Les chevilles en bois marquent l'emplacement des poutres de soutien. Une petite pelle d'autel en fer forgé du IIIe siècle a également été conservée dans l'inventaire du culte. C'est le seul sanctuaire de Mithra connu hors des provinces rhénanes où une statue de la déesse Vagdavercustis (en) était également vénérée, se tenant à droite de l'entrée.

Les trois phases de construction

Statue de Cautopates (Musée de Newcastle).

Les fouilles ont révélé que ce temple a connu trois phases de construction :

  • Phase I : Le temple primitif était encore relativement petit, environ 5,5 m de large et 8 m de long. Le sol était en terre battue. Comme c'était souvent le cas pour ce genre de temples, l'intérieur devait restituer l'atmosphère d'une grotte. Dans la plupart des cas, il était divisé en une antichambre et une salle de culte. À Brocolitia, l'antichambre et la salle de culte étaient séparées par un mur en osier. Dans l'antichambre, les archéologues ont découvert un foyer dans lequel, entre autres, des pommes de pin avaient été brûlées. C'est probablement là que les repas du culte étaient préparés. À côté du foyer, une sorte de fosse sacrificielle était creusée dans le sol. Des os de porcelet, d'agneau et de chèvre y ont été retrouvés. Des bancs en forme de podium avaient été construits de chaque côté de la salle de culte, sur lesquels les fidèles s'asseyaient pendant les rites. À l'extrémité nord se trouvait une petite galerie sur laquelle étaient placés les autels. Ils avaient été offerts par trois préfets, tous commandants de la cohors I Batavorum . Elles dataient toutes du IIIe siècle. L'une d'elles se situait entre 213 et 222. Sous les autels principaux se trouvait une fosse sacrificielle contenant un bol à parois minces, un gobelet et des os de volaille.
  • Phase II : Le temple fut ensuite agrandi jusqu'à 11 m de long, avec notamment une niche rectangulaire destinée à accueillir la Tauroctonie. La salle de culte fut à nouveau richement meublée et décorée, et le toit était soutenu par une imposante structure en bois. De la bruyère séchée était dispersée au sol. Le Temple II fut violemment détruit en 296 ou 297. Néanmoins, les monuments de pierre restèrent en grande partie intacts.
  • Phase III : Peu après, le mithraeum fut reconstruit. Après la répression de la révolte de Carausius par Constance Chlore, il fut rénové une dernière fois. Cependant, au début du IVe siècle, il fut de nouveau détruit, probablement par des fanatiques chrétiens. Le lieu de culte fut alors probablement abandonné.

Les objets du culte

Les objets du culte exposées au mmusée de Newcastle.

Le relief de Mithra – qui représentait la scène de tauroctonie – et les reliefs de Cautès et Cautopatès ont été, à en juger par l'emplacement des découvertes, volontairement brisés (voir aussi Iconoclasme). Seul un fragment du relief de Mithra a pu être retrouvé. Quatre autels plus petits et des images de Cautès et de Cautopatès se dressaient le long des bancs latéraux. L'autel principal de gauche porte une représentation de Mithra, couronnée d'une auréole éclairée derrière par une torche. Derrière celle-ci se trouvait le relief de Mithra. Les autels et les autres images cultuelles sont des moulages d'après les originaux, conservés au Great North Museum: Hancock de Newcastle upon Tyne. La dernière pièce retrouvée sur le site du Mithraeum était un follis] fraîchement frappé de Maximien Hercule (296-308). L'absence totale de pièces de monnaie postérieures à 308 suggère que le temple n'était plus utilisé au IVe siècle. Une reconstitution du sanctuaire est visible au Great North Museum de l'université de Newcastle[4].

Les trois stèles

Les trois stèles et leurs inscriptions recensées par le Roman Inscriptions of Britain[5].

  • Stèle 1 :

« Deo Inv(icto) M(ithrae) / L(ucius) Antonius / Proculus / praef(ectus) coh(ortis) I Bat(avorum) Antoninianae / v(otum) s(olvit) l(ibens) m(erito). »

« Au dieu invincible Mithra, Lucius Antonius Proculus, préfet de la première cohorte des Bataves Antoniniennes, accomplit volontairement et à juste titre son vœu. »

  • Stèle 2 :

« Deo invicto / Mithrae M(arcus) Sim/plicius Simplex pr(a)ef(ectus) v(otum) s(olvit) l(ibens) m(erito). »

« Au dieu invincible Mithra, Marcus Simplicius Simplex, préfet, a accompli volontairement et à juste titre son vœu. »

  • Stèle 3 :

« D(eo) in(victo) M(ithrae) s(acrum) / Aul(us) Cluentius / Habitus pra(e)f(ectus) / coh(ortis) I / Batavorum / domu Ulti/n(i)a Colon(ia) / Sept(imia) Aur(elia) L(arino) / v(otum) s(olvit) l(ibens) m(erito). »

« Sacré au dieu invincible Mithra : Aulus Cluentius Habitus, préfet de la première cohorte des Bataves, de la tribu électorale d'Ultini, de Colonia Septimia Aurelia Larinum, a volontairement et méritément accompli son vœu. »

Galerie

Voir aussi

Notes et références

  1. (en) « Mithräum of Carrawburgh », sur mithraeum.eu.
  2. (en) « Carrawburgh roman fort and Temple of Mithras », sur english-heritage.org.uk.
  3. (en) « CIMRM 844- The Carrawburgh Mithraeum », sur mithras.tertullian.org.
  4. M. J. Vermaseren, Corpus Inscriptionum et Monumentorum Religionis Mithriacae, Band I, The Hague 1956, Nijhoff - Manfred Clauss, Cultores Mithrae, Steiner Verlag, Stuttgart 1992, Guy de la Bedoyere 1998, S. 68–69, I. A. Richmond/J. P. Gillam, 1951, S. 1ff.
  5. (en) « Mithraic monuments of Brocolitia », sur mithraeum.eu.

Bibliographie

  • (en) I. A. Richmond, J. P. Gillam, The Temple of Mithras at Carrawburgh, Archaeol. Aeliana. Nr. 4 XXIX, the excavation report, 1951.
  • (en) R. G. Collingwood, R. P. Wright, The Roman Inscriptions of Britain, Clarendon Press, Oxford, 1965.
  • (de) E. Hübner, Der Fund von Procolitia in Hermes, 12. Band, Heft 3, Franz Steiner Verlag, 1877, S. 257–271.
  • (fr) Maarten Jozef Vermaseren, Corpus inscriptionum et monumentorum religionis Mithriacae, 2 Bände, Martinus Nijhoff, Den Haag, 1956–1960.
  • (en) Guy de La Bédoyère, Hadrian’s Wall: history and guide, Tempus, 1998 (ISBN 0-7524-1407-0).

Articles connexes

Liens externes

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