Modèle Carlin-Soskice à trois équations
Le modèle Carlin-Soskice à trois équations (ou modèle nouveau keynésien à trois équations) est un modèle économique en trois équations qui représente la relation entre le taux d'intérêt, le niveau de consommation et d'investissement, le taux de chômage et le niveau de production (produit intérieur brut). Mis au point par Wendy Carlin et David Soskice, il s'inscrit dans la nouvelle économie keynésienne.
Histoire
Le modèle Carlin-Soskice à trois équations est une proposition de modèle visant à remplacer le modèle IS/LM[1]. Ce dernier a été fortement critiqué, à partir des années 1980, pour son inapplicabilité, liée à ce que les banques centrales ne peuvent plus véritablement contrôler la courbe LM (masse monétaire) du fait de la financiarisation des économies développées[1]. Il est développé en 2005[2],[3].
Courbes
Courbe IS
La première des trois courbes du modèle est une courbe IS, similaire à celle du modèle IS-LM. La courbe représente un flux, qui regroupe les dépenses de consommation comme d'investissement ; il s'agit donc du comportement du secteur privé (entreprises)[3]. Son niveau est affecté par le taux d'intérêt réel. La relation entre le taux d'intérêt réel et la courbe IS (le montant de la consommation et de l'investissement) est négative, notamment car l'investissement est sensible au taux d'intérêt[1].
Courbe de Philips amendée
La courbe de Philips est utilisée dans sa version friedmanienne, c'est-à-dire monétariste, avec des anticipations adaptatives[4]. L'inflation subit un effet d'inertie lié à des rigidités causées, par exemple, par le délai nécessaire pour renégocier les contrats qui fixent la rémunération des salariés[1]. Ainsi, selon Carlin et Soskice (2005), « le processus d'inflation est inertiel de telle sorte que l'inflation actuelle est fonction de l'inflation avec délai et de l'output gap »[2].
Règle monétaire
La troisième courbe du modèle représente la règle que suit la banque centrale dans la fixation de ses taux d'intérêt (fonction de réaction). Son objectif est d'éviter de dévier de la cible d'inflation d'une part, et du taux de croissance potentielle d'autre part[1].
Critiques et limites
Le modèle Carlin-Soskice a été critiqué pour son schématisme en ce qui concerne le niveau d'utilité des personnes en emploi et des personnes au chômage[4]. Par ailleurs, il a été critiqué pour son utilisation d'un cadre théorique en partie monétariste, et donc contraire aux postulats théoriques de la nouvelle économie keynésienne[4].
Notes et références
- Matteo Iannizzotto, Macroeconomic policy since the financial crisis, Agenda Publishing, (ISBN 978-1-78821-656-2, 978-1-78821-654-8 et 978-1-78821-655-5)
- (en) Wendy Carlin et David Soskice, « The 3-Equation New Keynesian Model --- A Graphical Exposition », Topics in Macroeconomics, vol. 5, no 1, (ISSN 1534-5998, DOI 10.2202/1534-6005.1299, lire en ligne, consulté le )
- (en) Louis-Philippe Rochon et S. Y. Olawoye, Monetary Policy and Central Banking: New Directions in Post-Keynesian Theory, Edward Elgar Publishing, (ISBN 978-1-84980-736-4, lire en ligne)
- (en) Michel De Vroey, A History of Macroeconomics from Keynes to Lucas and Beyond, Cambridge University Press, (ISBN 978-1-316-41900-7, lire en ligne)
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