Modèle atomique de Dalton

Représentation de quelques atomes et molécules dans A New System of Chemical Philosophy[1] (John Dalton, 1808)

Le modèle atomique de Dalton[2] a été le premier modèle atomique ayant des bases scientifiques, proposé par John Dalton entre 1803 et 1807, bien que l'auteur parle plus judicieusement de « théorie atomique »

Pour la première fois, ce modèle permet d'exprimer les proportions stœchiométriques fixes dans lesquelles les substances chimiques réagissaient (loi des proportions constantes) et lorsque deux substances réagissent pour former deux ou plus composés différents, alors les proportions de ces relations sont des nombres entiers (loi des proportions multiples)[3]. Par exemple, 12 g de carbone (C), réagissent avec 16 g de dioxygène (O2) pour former du monoxyde de carbone (CO) ou réagir avec 32 g de dioxygène pour former dioxyde de carbone (CO2).

De plus, le modèle exprime qu'une grande variété de substances différentes, peuvent être expliquées en combinant une plus petite quantité de constituants élémentaires ou éléments.

En essence, le modèle explique la majeure partie de la chimie de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle, en réduisant une série de faits complexes à une théorie combinatoire réellement simple.

Postulats de Dalton

Dalton énonce sa théorie en formulant une série de postulats[4],[5] :

  1. La matière est formée de particules très petites et indivisibles appelées atomes.
  2. Les atomes d'un même élément sont identiques entre eux, ont la même masse et les mêmes propriétés. Les atomes correspondant à des éléments différents ont des masses et des propriétés différentes.
  3. Les atomes se combinent selon des rapports simples, exprimés par des nombres entiers, pour former des composés
  4. Lors des réactions chimiques, les atomes se réarrangent pour former des composés différents des composés initiaux,
  5. Lors des réactions chimiques, les atomes ne sont ni créés ni détruits.

De plus, en comparant la masse des éléments avec celle de hydrogène prise comme unité, Dalton propose le concept de poids atomique relatif[4].

Insuffisances du modèle

L'hypothèse de John Dalton, affirmant que les éléments à l'état gazeux sont monoatomique et que les atomes des éléments se combinent dans la moindre proportion possible pour former des « atomes des composés », ce qu'on appelle aujourd'hui des molécules, génère quelques difficultés. Par exemple, Dalton pense que la formule de l'eau est HO[6]. En conséquence, ses calculs de masse et de poids de quelques composés basiques sont erronés.

En 1805, Gay-Lussac et Alexander von Humboldt montrent que l'eau est formée de deux atomes d'hydrogène et d'un d'oxygène[7]. En 1811, Amedeo Avogadro concrétise l'exacte composition de l'eau[8], en se basant sur ce qu'aujourd'hui on nomme Loi de Avogadro et l'évidence de l'existence de molécules diatomiques homonucléaires. Cependant, ces résultats restent ignorés en grande partie jusqu'en 1860. Ceci résulte, en partie, de la croyance que les atomes d'un élément n'avaient aucune affinité chimique envers d'autres atomes du même élément. De plus, certains concepts de la dissociation de molécules n'étaient pas expliqués par la loi de Avogadro.

En 1860, lors du Congrès de Karlsruhe sur les masses stables et les poids atomiques, Cannizzaro revient sur les idées d'Avogadro et les utilisent pour réaliser une table périodique des poids atomiques, qui avaient assez de similitude avec les valeurs actuelles. Ces poids sont un prérequis important pour la découverte de la table périodique de Dmitri Mendeléyev et Lothar Meyer[9].

Jusqu'à la deuxième moitié du XIXe siècle, rien ne remet en cause l'indivisibilité des atomes et qu'ils sont constitués à leur tour d'éléments plus élémentaires[10]. C'est pour cette raison que le modèle de Dalton n'est pas remis en cause pendant des décennies, puisqu'il explique correctement les faits, le modèle créé pour expliquer les composés chimiques et les régularités stœchiométriques ne peut pas expliquer les régularités périodiques des propriétés des éléments chimiques tel qu'elles apparaissent dans la table périodique des éléments de Mendeleiev (ce qui sera expliqué seulement par les modèles qui supposent que l'atome est formé par des électrons disposés en couches). Le modèle de Dalton ne rend non plus compte des recherches réalisées sur les rayons cathodiques, qui suggère que les atomes ne sont pas indivisibles mais contiennent des particules plus petites chargées électriquement.

Références

  1. (en) John Dalton, A New System of Chemical Philosophy [« Un nouveau système de philosophie chimique »], S. Russell, (lire en ligne), p. 218-219
  2. (es) Tú y la química, Pearson Educación, 1 de enero de 2001, 808 p. (ISBN 978-968-444-414-0, lire en ligne)
  3. (es) Ralph A. Burns, Fundamentos de química, Pearson Educación, , 745 p. (ISBN 978-970-26-0281-1, lire en ligne)
  4. John Dalton, A New System of Chemical Philosophy Part 1, R. Bickerstaff, (lire en ligne)
  5. (en) Elizabeth C. Patterson, John Dalton and the atomic theory; the biography of a natural philosopher, New York, Doubleday, , 400 p. (lire en ligne), p. 145
  6. (es) Atanasio Lleó, Los grandes enigmas del universo y los sabios encargados de desvelarlos, BibliotecaOnline SL (ISBN 978-84-940850-0-0, lire en ligne)
  7. (es) Víctor Manuel Ramírez Regalado, Química 2, Grupo Editorial Patria, , 249 p. (ISBN 978-607-744-007-9, lire en ligne)
  8. (es) John Dalton, El atomismo en Química : un nuevo sistema de filosofía química, San Vicente del Raspeig, Universidad de Alicante, , 163 p. (ISBN 978-84-9717-211-0, lire en ligne)
  9. (es) Bodie Eugene Douglas et John J. Alexander, Conceptos y modelos de química inorgánica, Reverte, , 790 p. (ISBN 978-84-291-7153-2, lire en ligne)
  10. (es) Ervin Laszlo, El cosmos creativo : hacia una ciencia unificada de la materia, la vida y la mente, Editorial Kairós, , 360 p. (ISBN 978-84-7245-377-7, lire en ligne)
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