Mohamed Ben Daoud

Mohamed Ben Daoud
Biographie
Naissance
Décès
(à 75 ans)
Nationalité
française (à partir de )
Formation
Activité
Autres informations
Partenaire
Bel Ferrag Kheira
Distinction

Mohamed Ben Daoud, connu sous le nom de colonel Ben Daoud, est un militaire français, né en , mort le [1]. Il fut le premier Saint-Cyrien algérien et l'un des premiers officiers musulmans de l'armée française, avant d'être naturalisé français.

Biographie

Né en à Bou-Rechach (El Amria) près d'Oran, il est le fils d'El Seïd Mohamed Ben Daoud, l'agha des Douairs.

Ancien élève du collège arabe d'Alger, il s'inscrit en 1855 comme élève étranger à l'école militaire Saint-Cyr, d'où il est promu sous-lieutenant en 1858[2]. (Un document de l'armée française publié en 1853 indique que Mohammed Ben Daoud a été nommé lieutenant le au bataillon d'Alger.)[3]

Il participe à la Campagne d'Italie (1859) et à la Guerre franco-allemande de 1870 comme capitaine du 2e régiment de chasseurs d'Afrique. Il est fait prisonnier du au [4].

Réalisant une brillante carrière dans l'armée, il est naturalisé français en 1878[5] puis est promu colonel au 1er régiment de spahis algériens en 1889.

Il est élevé en 1902 au grade de grand officier de la Légion d'honneur[6],[1].

Citation célèbre

Il existe une citation célèbre qui a immortalisé le nom de ce militaire algérien engagé dans les rangs de l’armée française. En darija algérienne, elle dit [7]:

« Arabi yqaʿd arabi walou l-kolonel Ben Daoud »

ce qui signifie :

« Arabe tu es et tu resteras arabe, même si tu es le colonel Ben Daoud. »

L’histoire raconte que, lors d’une soirée dansante organisée par les Français, le colonel Ben Daoud voulut y assister, mais on lui refusa l’entrée sous prétexte qu’il était arabe et que les Arabes n’étaient pas autorisés à participer aux fêtes des Français. Il sortit furieux et lança cette phrase, devenue célèbre dans toute l’Algérie[8].

Une autre version raconte que le colonel Ben Daoud, se préparant pour une mission militaire, demanda à une infirmière militaire de chercher un dossier pour lui, mais elle refusa sa demande. Lorsqu’il tenta de la convaincre en invoquant sa responsabilité et son grade, elle se moqua de lui en lui rappelant son origine arabe[9].

Une troisième version affirme qu’une dame refusa de lui permettre de lui baiser la main lors d’un bal aristocratique, se moquant de lui et de son origine[9].

Cette anecdote est considérée comme l’un des cas les plus célèbres de discrimination raciale dans l’histoire française en Algérie[7].

Distinctions

Hommages

  • Une avenue d'Oran est baptisée à son nom[11].

Bibliographie

  • Ernest Gay, L'Algérie d'aujourd'hui, Combet, 1901, p. 259

Références

  1. Dossier : LH/1892/60
  2. ↑ Alain Sainte-Marie, « Ecoles d'élèves-officiers «indigènes» en Algérie (1912 - 1946) », Cahiers de la Méditerranée, vol. 7, no 1,‎ , p. 195–207 (DOI 10.3406/camed.1983.1592, lire en ligne, consulté le )
  3. ↑ Annuaire militaire de l'Empire francais, Veuve Berger-Levrault et Fils, (lire en ligne), p. 333
  4. ↑ Dossier : LH/1892/60
  5. ↑ France, Bulletin des lois de la République française, Imprimerie nationale, (lire en ligne), p. 727
  6. ↑ Jean-Yves Bertrand-Cadi, Le colonel Cherif Cadi: serviteur de l'islam et de la République, Maisonneuve & Larose,
  7. Muḥammad al-ʻArabī Wuld Khalīfah, al-Azmah al-mafrūḍah ʻalá al-Jazāʼir: muqārabah awwalīyah ʻalá hady istirātījīyat Thawrat al-Taḥrīr al-Waṭanīyah, Dār al-Ummah, (ISBN 978-9961-67-073-6)
  8. ↑ « Le colonel Mohamed Ben Daoud Sifaoui découvre que même en crachant sur Mohamed, il restera Mohamed... - ThePrairie.fr », ThePrairie.fr,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  9. Benkada, Saddek, « Abdelkader DJEMAÏ, Une ville en temps de guerre », Insaniyat / إنسانيات. Revue algérienne d'anthropologie et de sciences sociales, nos 65-66,‎ (ISSN 1111-2050, DOI 10.4000/in, lire en ligne [archive du ], consulté le )
  10. ↑ France Légion d'honneur, Livre d'or contenant la liste générale des personnes qui ont souscrit pour la reconstruction du Palais de la légion d'honneur incendié le 23 mai 1871, Imprimerie Nationale, (lire en ligne), p. 300
  11. ↑ Hadj Hassan Habib, « Index des rues et places d’Oran », sur guideoran.com
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