Mohsen Hachtroudi
| Naissance |
[1] Tabriz (Iran)[1] |
|---|---|
| Décès |
[2][1] (à 69 ans) Téhéran (Iran)[2] |
| Nationalité | Iranienne |
| Formation |
Mohsen Hachtroudi (en persan : محسن هشترودی), aussi transcrit Hashtroodi, est un mathématicien, penseur et poète iranien[1]. Élève d’Élie Cartan, il mena des recherches en géométrie différentielle[1] et sa thèse est à l’origine de la connexion de Hachtroudi[3]. Il a joué un rôle marquant dans l’enseignement des mathématiques en Iran[1].
Biographie
Hachtroudi naît à Tabriz le [1]. Son père, Esmaïl Hachtroudi, était un religieux constitutionnaliste et proche de Sheikh Moḥammad Khiābānī[4].
Il rejoint Téhéran en 1925 pour le secondaire au Dār al-fonūn[1]. Reçu boursier d’État, il part en France étudier les mathématiques[1]. À la Sorbonne, il obtient une licence (1935)[1], puis soutient en 1937 un doctorat d’État sous la direction d’Élie Cartan[5]. Sa thèse, Les espaces d’éléments à connexion projective normale, a été publiée chez Hermann (Actualités scientifiques et industrielles, n° 505) et est disponible en ligne[6],[7],[8].
De retour en Iran, il enseigne à la Dānešsarā-ye ʿāli puis à l'université de Téhéran[1] ; il est promu professeur en 1941[1]. Il devient président de l'université de Tabriz (1951) et doyen de la Faculté des sciences de l'université de Téhéran (1957)[1]. En 1944, il épouse Robāb Modiri ; le couple a trois enfants : Faranak, Fariba et Ramin[9].
Activités scientifiques et internationales
Ses travaux portent sur la géométrie différentielle et les équations différentielles[1]. La notion de connexion de Hachtroudi est notamment utilisée en géométrie CR[3].
Il entretient des liens avec les milieux scientifiques internationaux :
- séjour à l’Institute for Advanced Study (School of Mathematics), Princeton, octobre–[10] ;
- participation au Congrès international des mathématiciens 1950 (Cambridge, Massachusetts)[11], 1954 (Amsterdam)[12] et 1958 (Édimbourg)[13].
Études de mathématiques en France
Au milieu des années 1930, Élie Cartan et Émile Borel jouent un rôle majeur à la Sorbonne. Cartan dirige peu de doctorants ; parmi eux, Charles Ehresmann (1934), Mohsen Hachtroudi (1937), Radu Roșca (1939) et Kentaro Yano (1938)[14],[15],[16].
Engagements culturels et sociaux
Hachtroudi contribue à la diffusion des mathématiques en Iran (revue Yekān ; introduction des mathématiques modernes). Il est l’initiateur de l’hebdomadaire littéraire Ketāb-e Hafteh (1961–1963), publié par l’Institut Keyhan, sous sa supervision et celle d’Ahmad Shāmlou[17]. Il intervient aussi à la radio dans Frontières de la connaissance (*مرزهای دانش*) ; des enregistrements sont conservés à l’IRIB et la collection a été inscrite en 2018 sur la Liste nationale de la Mémoire du monde (Iran)[18].
Publications (sélection)
- Les espaces d’éléments à connexion projective normale, Paris, Hermann, 1937 (thèse) [6],[7],[8].
- Les espaces Normaux, Téhéran, 1945 [1].
- Les connexions normaux affines et weyliennes, Téhéran, 1948 [1].
- Sur les espaces de Riemann, de Weyl et de Schouten, Téhéran, 1956 [1].
- Dāneš o honar (Le savoir et l’art), Téhéran, 1961 [1].
- Tamrinhā-ye riāżiyāt-e moqaddamāti : Hendese-ye davāyer dar ṣafḥa, Téhéran, 1966 [1].
- Naẓariya-ye aʿdād, Téhéran, 1970 [1].
Décès et héritage
Mohsen Hachtroudi meurt d’un accident vasculaire cérébral le à Téhéran et est enterré au cimetière de Behesht-e Zahra (parcelle 824)[2]. Un prix de l’Association mathématique d’Iran porte son nom (Hashtroudi Award)[19],[20]. Dans son testament, il exprime son souhait symbolique d’être enterré à l’université « afin que ma dépouille nourrisse l’élan et les pas de la jeunesse de cette terre ».
Notes et références
- A. Shadi Tahvildar-Zadeh ; Fariborz Majidi, « HAŠTRUDI, Moḥsen », sur Encyclopædia Iranica, (consulté le )
- (fa) « محسن هشترودی », sur انجمن آثار و مفاخر فرهنگی (consulté le )
- « Merker, J. — Vanishing Hachtroudi curvature and local equivalence to the Heisenberg sphere », sur arXiv,
- ↑ (fa) « به یاد پروفسور محسن هشترودی », sur هوش, (consulté le )
- ↑ « Math Genealogy Project — Mohsen Hashtroodi », sur mathgenealogy.org (consulté le )
- « Les espaces d’éléments à connexion projective normale (Thèse, 1937) », sur Numdam (consulté le )
- « Les espaces d’éléments à connexion projective normale », sur EuDML (consulté le )
- « Notice BnF », sur data.bnf.fr (consulté le )
- ↑ « Mohsen Hashtroodi », sur Association of Cultural Works and Figures (Anjoman-e Āsār va Mafākher-e Farhangi) (consulté le )
- ↑ « IAS – Scholars: Mohsen Hachtroudi », sur Institute for Advanced Study (consulté le )
- ↑ « ICM 1950 — List of Members », sur International Mathematical Union (consulté le )
- ↑ « Proceedings of the International Congress of Mathematicians 1954, Vol. I (lists & program) », sur Proceedings ICM 1954 (consulté le )
- ↑ « Proceedings of the International Congress of Mathematicians 1958, Book I », sur International Mathematical Union (consulté le )
- ↑ « Charles Ehresmann — Math Genealogy Project » (consulté le )
- ↑ « Radu Rosca — Math Genealogy Project » (consulté le )
- ↑ « Kentaro Yano — Math Genealogy Project » (consulté le )
- ↑ (fa) « کتاب هفته – شماره ۹ (12 آذر 1340) — Sous la direction de Dr. Mohsen Hachtroudi & Ahmad Shamlou », sur Ketabnak (consulté le )
- ↑ (fa) « مجموعه رادیویی «مرزهای دانش» — ثبت در فهرست ملی حافظه جهانی (1397) », sur Bibliothèque nationale et Archives d’Iran (NLAI), (consulté le )
- ↑ (fa) « جایزه محسن هشترودی », sur انجمن ریاضی ایران (IMS) (consulté le )
- ↑ « Hashtroudi Award given to IUT Researchers », sur Isfahan University of Technology (English), (consulté le )
Liens externes
- « Encyclopædia Iranica – HAŠTRUDI, Moḥsen »
- « Institute for Advanced Study – Mohsen Hachtroudi »
- « Numdam – Thèse (1937) »
- « EuDML – Thèse »
- « data.bnf.fr – Notice de thèse »
- « Math Genealogy Project – Mohsen Hashtroodi »
- « arXiv – Merker (Hachtroudi curvature) »
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