Monastère Notre-Dame de la Déserte

Monastère Notre-Dame de la Déserte
Présentation
Type
Localisation
Localisation
Coordonnées
45° 46′ 16″ N, 4° 49′ 44″ E
Carte

Le monastère Notre-Dame de la Déserte est un ancien monastère à présent disparu fondé en 1304 par Blanche de Chalon. Il vit jusqu'à la Révolution où il est supprimé et les bâtiments sont détruits au XIXe siècle.

Il était situé le long des anciennes rue de la Déserte et porte Saint-Vincent.

Histoire

Fondation

Plan du monastère d'après le Plan scénographique (environ 1550), gravure de 1908.

Le monastère Notre-Dame de la Déserte est un monastère fondé en 1304 sur la paroisse de la Platière par Blanche de Chalon (Dame de Belleville, femme de Beraud de Mercœur puis de Guichard de Beaujeu), fille de Jean de Chalon, duc de Bourgogne, et veuve de Guichard V, seigneur de Beaujeu et de Belleville. Blanche de Chalon y établit des Clarisses qui se maintient sous cette règle jusqu'en 1503[1].

Blanche de Chalon achète en 1296 une maison située près du Portail-Neuf et une vigne située au-delà de la porte Saint-Paul, de l'autre côté de la Saône[2].

L'acte de fondation du monastère date du [3]. Le monastère est fondé avec des rentes issues de biens variés apportés par plusieurs personnages différents : Blanche de Chalon elle-même, Barthélémy Cheurier, Pierre d’Eschalone, chanoine de Saint-Just et l'archevêque de Lyon. Pour subsister, Blanche de Chalon donne au monastère des biens rues de l’Écorchebœuf (que l’on appelle aussi rue Teste-de-Mort) et de l’Herberie[4], les deux près des « haies de la Pescherie »[2]. Blanche de Chalon fait venir du couvent des Clarisses de Brienne près de Anse quatre sœurs dont Jeanne Dupuy, première abbesse. Blanche a un logement dans le couvent en tant que fondatrice[2].

Il est construit dans un quartier alors désert sur les coteaux méridionaux de La Croix-Rousse. L'abbesse était à la nomination du roi. Les preuves de noblesse n'étaient pas obligatoires pour la nomination des religieuses[réf. nécessaire].

Époque moderne

XVIe siècle

En 1503, elles obtiennent du pape Jules II l'autorisation de passer sous la règle de Saint-Benoit[1].

Le monastère est ravagé lors de la prise de la ville par le baron des Adrets en 1562, et connaît ensuite durant un demi siècle une période de décadence[1]. La dévastation du Baron des Adrets sont telles que leurs revenus ne leur permettent pas de réparer les dégâts. Par ailleurs, la construction d'une citadelle près de l'abbaye d'Ainay leur ont fait perdre des revenus de terrain détruits, qui les ont appauvries. Elles adressent une supplique en 1566 au roi Charles IX, qui ne prend aucune décision. C'est Henri III qui en 1579 ou 1580 ordonne que soit reconstruit leur cloture, notablement abaissé les impôts qu'elles doivent[5].

XVIIe siècle

La monastère est rénové et l'observance rétablie en 1617 par l'abbesse Marguerite de Quibly, qui impose la cloture et la vie commune avant d'instituer l'ordre bénédictin dans le monastère Notre-Dame-de-Bourbon avec 5 religieuses de la Déserte[6]. Le XVIIe siècle est une période faste pour l'institution[1]. En 1639, Louis XIV donne une pension de dix minois par an de sel pour pourvoir à l'entretien et la réparation de l'église. Dans le document de ce don, il est noté que les religieuses sont alors quatre-vingt, auxquelles il faut ajouter une certain nombre de sœurs laïques et des domestiques. Leur chapelle est située rue saint-Marcel[7].

Le XVIIe siècle voit l'abbesse Marguerite de Quibly se maintenir une longue période à la tête de l'établissement et en rénover la pratiques religieuse. Nommée coadjutrice de l'abbesse Guyonne de Chaponay, sa tante en 1613[8], elle lui succède en 1618[9]. Elle rétablit la cloture de la vie intérieure et une observance régulière. Son aura la fait être appelée pour rénover d'autres monastères dont celui de Notre-Dame de Bourbon en 1642. Parmi son action spirituelle, elle fait imprimer de nouvelles constitutions de l'institution en 1641[10].

L'église du monastère possède à cette époque trois tableaux de Dassier, La bénédiction des pains, Saint Benoit et Saint Scholastique[11].

XVIIIe siècle

Le couvent décline lentement au siècle suivant. L'union avec l’abbaye de Brienne en 1742 ne relance pas l'activité[1].

Le monastère survie jusqu'à la Révolution où l'établissement est supprimé. Les archives sont alors confiées aux Archives du district en 1791. L'archiviste René Lacour les classe au XXe siècle et publie leur répertoire en 1970[1].

Liste des abbesses

  • Blanche de Chalon, fondatrice.
  • Dame Jeanne Dupuy, 1304.
  • Mathive de Durchia, 1310.
  • Aignette de Dreux.
  • Jeanne de Durchia...
  • Jacquette de Latra...
  • Jeanne Humili, 1315.
  • Jacquette de Lacre, 1331.
  • Catherine de Vassalieu, 1351.
  • Tichette de Varey, 1359,
  • Isabeau d'Huys, 1371.
  • Isabelle de Joffrey, 1382.
  • Étiennette de Chalentin, 1406,
  • Amphélise Burle, 1406.
  • Bernarde Barrai, 1413.
  • Beatrice Thimote, 1425.
  • Catherine Carronnier, 1436.
  • Antoinette de Turnaire, 1480.
  • Antoinette deLupercieu, 1481.
  • Marguerite de Varey, 1484.
  • Catherine Garin, 1493.
  • Catherine de Vaillieu, 1501.
  • Pernette de la Poype, 1507.
  • Jeanne de Grammont, 1513.
  • Catherine de Grammont, 1514.
  • Antoinette de SaintAmour, 1521.
  • Claudine de Clérat, 1545
  • Louise Dumas, 1566.
  • Laurence Bernard, 1585.
  • Guyonne de Chaponay, 1589.
Marguerite de Quibly, gravure du XVIIe siècle. Chateau de Versailles
Marguerite de Quibly, gravure anaonyme. Bibliothèque municipale de Lyon.
  • Marguerite de Quibly, 1618[12].
  • Marguerite de Quibly, deuxième du nom, 1675.
  • Antoinette de Châtillon, 1732.
  • Marie deFoudras,1715.
  • Claudine Constance de Moyria de Châtillon, 1732.
  • Jeanne - Marie-Alexandrine de Montjouvent, 1758[13].

Postérité

Vue du passage de l'Abbaye de la Déserte, construit à l'emplacement du monastère.

Un passage porte le nom du Monastère proche de son emplacement d'origine.

Bibliographie

  • Répertoire des Archives départementales du Rhône et de la métropole de Lyon. [Répertoire numérisé]
  • H. Lardanchet, chap. IX « La Chana et Saint-Éloi ; Pénitents de la Miséricorde ; Sœurs Saint-Joseph de Cluny ; La Déserte ; [...] », dans Abbé Jean-Baptiste Martin, Histoire des églises et des chapelles de Lyon, vol. II, (lire sur Wikisource), p. 307-348.
  • F.-Z. Collombet, « Le couvent de la Déserte », Revue du Lyonnais, t. XIX,‎ , p. 266-274.
  • Vachet (Abbé), Les anciens couvents de Lyon, Lyon, , p. 118-127

Sources

  • Pierre Pola, Oraison funèbre de Madame Marguerite de Quibly, abbesse du monastère royal de Nostre Dame de la Deserte de la Ville de Lyon, ordre de Saint Benoist. Prononcée dans l'église du même monastère le 15 juillet 1675, Lyon, chez Jean Gregoire, [14].

Notes et références

  1. Répertoire des ADR.
  2. Vachet 1895, p. 119.
  3. ↑ Lardanchet 1908, p. 323.
  4. ↑ près du quai Saint-Antoine
  5. ↑ Lardanchet 1908, p. 324.
  6. ↑ Auzon : ville royale fortifiée : une des treize « bonnes villes » d'Auvergne, Pierre Cubizolles.
  7. ↑ Lardanchet 1908, p. 325.
  8. ↑ Notes et documents pour servir à l'histoire de Lyon, 1838-1867, p. 30
  9. ↑ Vachet 1895, p. 123.
  10. ↑ Notice du laboratoire CERCOR ; Arch. nat., 0 621; Répertoire topo-bibliographique des abbayes et prieurés.
  11. ↑ Vachet 1895, p. 125.
  12. ↑ notice sur le site du laboratoire CERCOR
  13. ↑ Le livre d'or du Lyonnais, du Forez et du Beaujolais, Jean-Baptiste Monfalcon, p. 340
  14. ↑ Médiathèques de Roannais Agglomération, Roanne, Loire, cote R2 A 2818
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