Mont Pèlerin

Mont Pèlerin
Vue du mont Pèlerin depuis le lac Léman.
Vue du mont Pèlerin depuis le lac Léman.
Géographie
Altitude 1 079 m[1]
Massif Plateau suisse
Coordonnées 46° 29′ 49″ nord, 6° 49′ 09″ est[1]
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Vaud
District La Riviera-Pays-d'Enhaut
Géologie
Roches Poudingue et grès
Géolocalisation sur la carte : Suisse
(Voir situation sur carte : Suisse)
Mont Pèlerin
Géolocalisation sur la carte : canton de Vaud
(Voir situation sur carte : canton de Vaud)
Mont Pèlerin

Le mont Pèlerin est un sommet du Plateau suisse situé sur la commune de Chardonne en Suisse. La tour de radio-diffusion Plein Ciel se trouve au sommet du mont[1]. Il a donné son nom à la localité du Mont-Pèlerin.

Géographie

Situation

Vue en direction du sud depuis la tour relais du mont Pèlerin.

Le mont Pèlerin se situe sur la rive nord-est du Léman, principalement sur la commune de Chardonne où se situe aussi son point culminant, une faible part du versant nord-ouest étant localisé sur la commune de Puidoux. Il est immédiatement bordé par deux autres reliefs d'élévation légèrement inférieure : le mont Vuarat (984 m) à l'est et le mont Chesau (984 m) au nord. Cet ensemble de relief est séparé des Préalpes vaudoises par la vallée de la Veveyse entre Châtel-Saint-Denis et Vevey.

Depuis son sommet, le mont Pèlerin offre une vue sur les Préalpes vaudoises et fribourgeoises, la vallée du Rhône et le massif du Chablais. Par temps dégagé, on peut apercevoir le Catogne, le Grand Combin, le mont Vélan et le village de Chemin-Dessous à Martigny.

Géologie

Avec le mont Vuarat et du mont Chesau, le mont Pèlerin constitue un relief périphérique des Préalpes suisses appartenant à l'unité structurale de la molasse charriée (ou molasse subalpine)[2],[3]. Contrairement à la molasse du plateau (située plus au nord, vers Pully) qui demeure relativement peu déformée, la molasse charriée est soumise aux contraintes exercées par la poussée vers le nord des nappes des Préalpes suisses. Ces contraintes se traduisent par une déformation de la molasse et son charriage sur la molasse du plateau, représentée ici par la molasse à charbon (Chattien tardif)[3],[4]. Le mont Pèlerin est ainsi délimité à l'ouest par la faille inverse Broye - Bois de Tey, qui lui permet de chevaucher la molasse à charbon, et à l'est par une légère voûte anticlinale à hauteur de la commune d'Attalens. Cette dernière est chevauchée par des écailles de molasse rouge (Chattien précoce)[3],[5],[6].

D'un point de vue stratigraphique, les couches du mont Pèlerin appartiennent à la molasse d'eau douce inférieure. Ce sont des dépôts fluviatiles scellant une première phase de comblement du bassin d'avant-pays nord-alpin (ou bassin molassique suisse). Ils oscillent entre des grès grossiers à la base (grès d'Attalens[7]) et des poudingues préférentiellement développés au sommet de la série (poudingue du mont Pèlerin[3],[8]). Ces derniers représenteraient 30 à 50 % de la série. Ils forment des bancs de 1 à 10 m d'épaisseur qui affleurent fréquemment et constituent les falaises ou proéminences qui caractérisent les versants du mont Pèlerin. Les bancs sont séparés par des intervalles marneux, généralement recouvert de dépôts glaciaires, et constituent des replats entre deux parois de poudingues où est notamment implanté le vignoble de Lavaux.

Des gisements palustres riches en matière organique, quelques niveaux charbonneux et des gisements de feuilles fossiles[9] ont aussi été décrits[3]. L'épaisseur totale de la série n'est pas connue en raison de l'érosion des séries sommitales par le charriage des unités sus-jacentes mais son épaisseur actuelle est estimée entre 700 et 1 000 m[2],[3]. Les coquilles de mollusque identifiées à Châtel-Saint-Denis fournissent un âge compris entre le Chattien et l'Aquitanien[10] (Oligocène tardif - Miocène précoce). Cet âge est corroboré par les gisements de micromammifères qui sont tous attribués à la biozone MP27[11],[12] (Chattien).

Les galets des poudingues du mont Pèlerin sont de petites tailles (4 à 5 cm) mais certains peuvent atteindre jusqu'à 33 cm[2]. Ils sont enrobés dans une matrice composés de grains calcaires, rarement de quartz, feldspath ou micas, et englobés dans un ciment calcaire peu développé. La prépondérance de roches sédimentaires dans les poudingues et la rareté en matériel magmatique et métamorphique démontrent que les apports sédimentaires sont restreints aux Préalpes suisses dont la proximité a favorisé une accumulation de matériels grossiers sous la forme d'un immense cône alluvial.

Distribution pétrologique des galets des poudingues[2]
proportion moyenne origine
Calcaire siliceux, spongolites et silex 66,7 % nappe des Préalpes médianes (Jurassique inférieur)
Grès et conglomérats 24,8 % flysch de l'Helvétique supérieur[note 1], nappe du Gurnigel et nappe de la Simme
Dolomies 5,6 % nappe des Préalpes médianes (Trias)
Calcaires divers 2,5 % nappe de l'Helvétique supérieur et nappe des Préalpes médianes
Roches magmatiques et métamorphiques[note 2] 0,4 % unités internes

Accès

Le funiculaire Vevey – Chardonne – Mont Pèlerin relie Vevey à la station du Mont Pèlerin à 810 mètres d'altitude.

Religion

Le monastère et centre d'étude du bouddhisme tibétain Rabten Choeling y a été fondé par Guéshé Rabten Rinpotché au Mont-Pèlerin en 1977 [13].

Politique

Le sommet et la localité ont donné leur nom à la Société du Mont-Pèlerin, club promouvant le libéralisme et qui s'y réunit chaque année. Elle fut fondée en 1947 par Friedrich Hayek et accueillit des grands penseurs libéraux, au premier rang desquels Milton Friedman.

Notes et références

Notes

  1. Anciennement Ultrahelvétique.
  2. Granite, pegmatite, porphyre, diabase et gneiss.

Références

  1. Visualisation sur Swisstopo.
  2. Rudolf Trümpy et Arnold Bersier, « Les éléments des conglomérats oligocènes du Mont-Pèlerin : pétrographie, statistique, origine », Eclogae Geologicae Helvetiae, vol. 47, no 1,‎ , p. 119-66 (DOI 10.5169/seals-161830 Accès libre).
  3. Marc Weidmann, 1244 Châtel-Saint-Denis, Swisstopo, coll. « Atlas géologique de la Suisse », , 57 p. (lire en ligne Accès libre).
  4. « Molasse à Charbon » Accès libre, sur Lexique lithostratigraphique de la Suisse (consulté le ).
  5. Hans Schardt, « Coup d'œil sur la structure géologique des environs de Montreux », Bulletin de la Société Vaudoise des Sciences Naturelles, vol. 29, no 112,‎ , p. 241-255 (DOI 10.5169/seals-263595 Accès libre).
  6. « Molasse Rouge de Vevey » Accès libre, sur Lexique lithostratigraphique de la Suisse (consulté le ).
  7. « Grès d'Attalens » Accès libre, sur Lexique lithostratigraphique de la Suisse (consulté le ).
  8. « Poudingue du Mont Pèlerin » Accès libre, sur Lexique lithostratigraphique de la Suisse (consulté le ).
  9. (gsw) Oswald Heer, Flora tertiana Helvetiae : Die tertiäre Flora der Schweiz, Winterthur, .
  10. (gsw) E. Beaumberger, « Zur Tektonik und Altersbestimmung der Molasse am schweizerischen Alpennordrand », Eclogae Geologicae Helvetiae, vol. 24, no 2,‎ , p. 205-222 (DOI 10.5169/seals-159033 Accès libre).
  11. Burkart Engesser, Néstor A Mayo et Marc Weidmann, « Nouveaux gisements de mammifères dans la molasse subalpine vaudoise et fribourgeois », Mémoires suisses de paléontologie, vol. 107,‎ , p. 1-38.
  12. (gsw) Burkart Engesser, « Die Eomyidae (Rodentia Mammalia) der Molasse der Schweiz und Savoyens. Systematik und Biostratigraphie », Mémoires suisses de paléontologie, vol. 112,‎ , p. 1-144.
  13. « Guéshé Rabten Rinpotché », sur www.rabten.eu (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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