Monte Sant'Angelo est située à environ 800 m d'altitude, sur le versant méridional du massif du Gargano, d'où elle domine la plaine de Foggia, à environ 15 km au nord de Manfredonia.
Histoire
Selon la tradition, l'archangeMichel serait apparu à l'évêque Lorenzo Maiorano le , lui ordonnant de construire un lieu de culte chrétien dans une grotte sous la ville, afin de chasser les croyances païennes qui ont cours à cette époque. L'archange lui serait réapparu en 492 et encore en 493[5]. Le village se développera autour du lieu de culte. Monte Sant'Angelo devient par la suite le point d'arrivée des pèlerinages en partance du Mont Saint-Michel, en France, et traversant l'Europe par la via Sacra Langobardorum.
À partir du bas Moyen Âge, la ville fait partie du royaume de Naples avant d'intégrer l'Italie unifiée au xixe siècle.
Économie
L'économie, longtemps basée sur la culture en terrasses des collines environnantes et l'élevage, est maintenant largement tournée vers le tourisme généré par l'attrait du sanctuaire, renforcé depuis son classement au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Communications et transports
Monte Sant'Angelo est accessible depuis la route provinciale SP 55 depuis Foggia. La SP 89 dessert le hameau de Macchia.
Culture et patrimoine
Monuments et lieux d'intérêt
L'attrait majeur de Monte Sant'Angelo est le sanctuaire éponyme à l'archange Michel, construit à partir du vie siècle et agrandi au xiiie siècle par Charles Ier de Sicile. L'église du sanctuaire est de type troglodytique : seuls le clocher octogonal (1273) et le vestibule bipartite (1395) sont visibles depuis la surface ; l'espace de culte en lui-même est niché à l'intérieur de la montagne. Une inscription sur l'archivolte stipule que tous les péchés sont pardonnés à quiconque pénètre dans la grotte. Le portail en bronze qui précède l'édifice date de 1076, le plus ancien de ce genre dans les Pouilles, marqué au départ par des scènes finement ciselées, qui ont évolué en bas-reliefs.
La grotte, creusée à même le roc, abrite une chapelle où est vénérée une statue de l'archange Michel. Le culte des saints archanges au sein de l'Église latine, importé d'Orient au ve siècle, aurait pris naissance ici avec l'apparition de l'archange Michel le , peu après la chute de l'Empire romain d'Occident (476). D'après la tradition, en prenant pour modèle ce premier sanctuaire dédié à l'archange Michel, son culte se serait répandu jusqu'au nord de la France, en Normandie, où une abbaye dédiée au même archange est bâtie au Mont-Saint-Michel en 708.
Château normand.Le château normand de Monte Sant'Angelo, qui présente des bastions d'époques variées. La portion la plus ancienne, dénommée Torre dei Giganti (« Tour des Géants »), est une tour pentagonale de 18 mètres de haut et aux murs de 3,7 mètres d'épaisseur. La première mention attestée de cet ouvrage remonte à 979 et son commanditaire est associé à l'évêque Ursus de Bénévent. Au fil de son histoire, il servira de résidence à Rainulf Drengot puis Robert Guiscard, qui fit ériger la tour normande ainsi que la salle du Trésor. Frédéric II, souverain du royaume de Sicile et du Saint-Empire romain germanique, le fit restaurer pour en faire la demeure de sa maîtresse, Bianca Lancia, comtesse de Turin. Une légende locale raconte que la bâtisse est toujours hantée par le fantôme de Bianca Lancia, dont les soupirs se feraient entendre les nuits d'hiver. Les Angevins lui attribuent une fonction carcérale tandis que les Aragonais lui rendent sa vocation militaire et lui adjoignent deux tours dans la seconde moitié du xve siècle sous Ferdinand Ier. De 1464 à 1485, il sert de résidence au chef militaire Skanderbeg, exilé d'Albanie. En 1907, il est acquis par la municipalité de Monte Sant'Angelo. Depuis les courtines des remparts, demeurés intacts, on jouit d'une vue imprenable sur la vieille ville jusqu'à la mer Adriatique. À l'intérieur, une exposition archéologique permanente présente des vestiges antiques tandis que les autres salles accueillent des expositions temporaires.
Le tombeau du roi Rothari, d'époque lombarde, transformé en baptistère San Giovanni in Tumba au xiie siècle. Son remarquable portail est orné de reliefs illustrant des scènes bibliques[6].
L'église Santa Maria Maggiore (xie et xiie siècles), dont la façade présente des arcades aveugles et un portail à baldaquin orné de cadres sculptés. L'intérieur se compose d'une nef flanquée de deux bas-côtés, séparés par des colonnes aux chapiteaux sculptés. Les murs sont décorés de fresques de style byzantin.
L'église San Benedetto (xiie siècle).
Les ruines de l'église San Pietro (xiie siècle), effondrée au xixe siècle.
L'abbaye Santa Maria de Pulsano, complexe monastique troglodytique situé à 8 kilomètres du bourg, édifié en 591 sur les vestiges d'un ancien temple romain et en grande partie détruit par un tremblement de terre en 1646.
↑« Classificazioni statistiche – anno 2026 », sur www.istat.it, Istituto Nazionale di Statistica italiano, (consulté le ) (Remarque : Lier le fichier à l'ensemble de données techniques.)
(it) Immacolata Aulisa, Le apparizioni di san Michele. Monte Gargano, Mont-Saint-Michel, Sacra in Val di Susa. Leggende agiografiche con introduzione, testo e traduzione, Andrea Pacilli Editore, , 190 p.