Mort de Zachary Miron

Zachary Miron
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Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Zachary Miron
Nationalité
Activité
Élève au secondaire
Père
David Miron
Mère
Veronica Martinez

Zachary Miron (2008 – ) est un adolescent québécois de 15 ans, élève en secondaire à l'Externat Sacré-Cœur, un établissement d'enseignement privé situé à Rosemère, dans les Laurentides. Il meurt le lors d'une sortie scolaire de planche à neige (snowboard) au Sommet Morin Heights (en), à la suite d'une arythmie cardiaque maligne causée par l'interaction entre son médicament prescrit pour le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), le Biphentin (à base de méthylphénidate), et une seule canette de Red Bull, une boisson énergisante caféinée.

Son décès fait l'objet d'un rapport de la coroner Denyse Langelier, rendu public à la fin de l'été 2025 et diffusé à grande échelle par un reportage de l'émission Enquête de Radio-Canada en décembre 2025. Depuis lors, ses parents — David Miron et Veronica Martinez — ont lancé une mobilisation nationale inédite, le Mouvement Zachary Miron, qui a rassemblé en quelques mois plus d'une cinquantaine d'organisations des milieux scolaire, sportif, médical et syndical du Québec, et conduit à une motion adoptée à l'unanimité par tous les partis de l'Assemblée nationale du Québec le 6 mai 2026.

La mort de Zachary Miron est devenue un symbole des lacunes de santé publique entourant la vente libre des boissons énergisantes aux mineurs au Canada et relance, avec une force sans précédent, le débat politique sur leur encadrement réglementaire.

Biographie

Famille et enfance

Zachary Miron grandit dans les Laurentides, au Québec. Il est le fils de David Miron et de Veronica Martinez. Passionné de sports, particulièrement de snowboard et d'activité physique, il est décrit par son père comme un jeune qui cherche à se faire du bien et à avoir une vie saine. Son objectif personnel est de faire partie de ce qu'il appelle « le 1 % des personnes qui ne consomment pas de drogue ni d'alcool »[1].

David Miron évoque en entrevue un souvenir particulièrement douloureux : ce vendredi 12 janvier 2024, il avait lui-même ciré la planche à neige de son fils avant que celui-ci parte en sortie scolaire, et lui avait dit qu'il avait hâte d'entendre comment s'était passée la journée. Ils n'ont jamais pu se parler[1].

Scolarité

Zachary Miron est inscrit en secondaire à l'Externat Sacré-Cœur, établissement privé francophone situé au 535, rue Lefrançois, à Rosemère, dans les Laurentides[2]. L'établissement propose, entre autres, des programmes axés sur les sports de plein air, ce qui explique la nature des activités parascolaires auxquelles Zachary participe.

Condition médicale

Zachary est atteint d'un trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), un trouble neurodéveloppemental fréquent chez les jeunes. Pour le traiter, un médecin lui prescrit le Biphentin, un psychostimulant à libération prolongée dont le principe actif est le méthylphénidate[1]. Ce médicament appartient à la même famille que d'autres traitements courants du TDAH au Canada, notamment le Concerta, le Ritalin, le Foquest et le Vyvanse (à base d'amphétamine)[3].

Le méthylphénidate agit en bloquant les transporteurs de la dopamine et de la noradrénaline, ce qui augmente la disponibilité de ces neurotransmetteurs dans le cerveau et améliore l'attention et le contrôle des impulsions. Il a également un effet stimulant sur le système cardiovasculaire, pouvant entraîner une accélération du rythme cardiaque et une hausse de la pression artérielle[4].

Décès

La journée du 12 janvier 2024

Le 12 janvier 2024 est un vendredi. Zachary Miron, 15 ans, participe à une sortie scolaire organisée par l'Externat Sacré-Cœur au Sommet Morin-Heights, une station de sports de glisse quatre saisons des Laurentides, à Morin-Heights, à environ 83 km au nord de Montréal.

Au cours de cette journée, Zachary prend son médicament habituel pour le TDAH — le Biphentin — et consomme, en soirée, une seule canette de Red Bull, une boisson énergisante contenant de la caféine et d'autres stimulants. La combinaison de ces deux substances aura des conséquences fatales[1].

En soirée, dans un contexte d'activité physique encadrée, Zachary Miron s'effondre soudainement. Les témoins déclenchent immédiatement les secours. Des manœuvres de réanimation cardiopulmonaire (RCR) sont entreprises sur place avant son transport en urgence vers un centre hospitalier, où son décès est constaté[5].

La Sûreté du Québec ouvre immédiatement une enquête pour établir les circonstances exactes de l'événement. Les autorités confirment rapidement qu'aucun acte criminel n'est suspecté.

L'enquête de la coroner

Ouverture et durée

Compte tenu du caractère inattendu du décès d'un jeune en apparente bonne santé, une enquête médico-légale est déclenchée. C'est la coroner Denyse Langelier qui hérite du dossier. Les conclusions ne viendront que fin août 2025, soit un an et demi après les faits — un délai qui sera lui-même critiqué. La coroner confiera qu'elle a abordé ce cas avec une certaine émotion : « Il a 15 ans : c'est pas normal, là, que tu décèdes à 15 ans[1] ».

L'autopsie

Dès les premiers rapports qu'elle reçoit, la coroner Langelier constate que Zachary ne s'est pas blessé dans sa chute et n'a pas subi de traumatisme physique. Elle ordonne une autopsie complète. Le résultat est frappant : le cœur de Zachary est structurellement impeccable. Aucune malformation cardiaque congénitale, aucune cardiomyopathie, aucune anomalie morphologique n'est décelée. La biopsie du cœur revient blanche[1].

Ce n'est qu'à la suite des analyses toxicologiques que la cause se précise.

Les résultats toxicologiques

Les analyses révèlent la présence de deux substances dans l'organisme de Zachary au moment de son décès :

  1. Une concentration thérapeutique de méthylphénidate, la molécule active du Biphentin, correspondant à la dose prescrite ;
  2. Une concentration de caféine provenant de la boisson énergisante qu'il avait consommée peu avant son décès — une seule canette de Red Bull[1].

Il n'y a ni alcool, ni drogues illicites[1].

Conclusions : l'arythmie fatale

Sur la base de l'expertise du cardiopathologiste consulté dans le cadre de l'enquête, la coroner Denyse Langelier conclut que le décès de Zachary Miron est probablement attribuable à une arythmie cardiaque maligne, survenue chez un adolescent au cœur morphologiquement normal, mais soumis à l'effet conjugué de la caféine et du méthylphénidate[4].

La coroner explique : « Ce que le cardiopathologiste nous a dit, c'est qu'il y a une interaction entre le méthylphénidate, qui est dans le Biphentin, et la caféine qui a causé une arythmie. Et donc, une mort subite[1] ».

La arythmie ventriculaire maligne désigne un trouble du rythme cardiaque dans lequel les ventricules du cœur se mettent à battre de façon anarchique et inefficace, empêchant toute circulation sanguine normale. Sans défibrillation immédiate, elle est rapidement mortelle.

Le mécanisme médical : la « potentialisation »

Le Dr Paul Poirier, cardiologue et chercheur à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ), s'inquiète depuis longtemps des risques cardiovasculaires associés aux boissons énergisantes. Interrogé dans le cadre du reportage Enquête, il décrit un phénomène appelé potentialisation : « Ce n'est pas une simple addition d'effets, c'est une multiplication. Un plus un ne fait pas deux, il peut faire cinq[6] ».

Le pharmacien Anis Ouyahia, invité à l'émission Tout le monde en parle en avril 2026, illustre le phénomène en termes simples : « Les psychostimulants permettent d'augmenter l'attention et la concentration. Ce sont des médicaments qui touchent le cerveau, mais qui peuvent toucher aussi un petit peu le cœur et l'activer. En ajoutant à ça une boisson qui contient de la caféine et d'autres stimulants, c'est comme si on appuyait deux fois sur l'accélérateur[7] ».

La littérature médicale rapporte en effet une association entre la prise de méthylphénidate et un risque accru d'arythmie ventriculaire et de mort subite cardiaque. Ce risque existe déjà dans certains contextes pour le méthylphénidate seul, et il est potentiellement amplifié par l'ajout de caféine et des autres stimulants contenus dans les boissons énergisantes[1]. Des études scientifiques font état d'une augmentation d'événements cardiovasculaires, y compris des morts subites, chez les utilisateurs de psychostimulants pour le TDAH[3].

Les réactions du corps médical

Le président du Collège des médecins du Québec, le Dr Mauril Gaudreault, a réagi aux conclusions de la coroner en indiquant : « bien qu'aucune recommandation ne nous soit directement adressée dans le rapport de coroner, nous estimons important de rappeler aux médecins que la prise combinée de psychostimulants et de boissons énergisantes caféinées peut engendrer des risques importants pour la santé. Des mises en garde sont nécessaires auprès des personnes à qui ces médicaments sont prescrits. Les fabricants devraient indiquer sur les canettes les interactions possibles entre la prise de médicaments et la consommation de boissons énergisantes caféinées[3] ».

Cinq autres cas connus de Santé Canada

L'émission Enquête révèle par ailleurs que Santé Canada connaissait, avant même le décès de Zachary Miron, au moins cinq autres cas similaires — liés à d'autres psychostimulants comme la Vyvanse — qui n'avaient jamais été rendus publics[6]. La coroner Langelier avait elle-même tenté de signaler le cas de Zachary à Santé Canada, déplorant l'opacité du suivi. La mère de Zachary, Veronica Martinez, qualifie le processus de « maison des fous d'Astérix »[6].

La réaction de la famille

Dans les semaines et les mois suivant le décès, la famille de Zachary vit d'abord dans le deuil, puis dans la colère devant les révélations accumulées. Pour Veronica Martinez et David Miron, la question qui les hante est : comment auraient-ils pu savoir ? Ni le médecin ni le pharmacien ne les avait explicitement mis en garde contre l'interaction entre le Biphentin et les boissons énergisantes[6].

David Miron a déclaré : « Ça ne peut pas se reproduire. En ayant toute l'information qu'on a aujourd'hui, on ne peut pas laisser ça se reproduire. On a maintenant la triste preuve qu'il y a des interactions mortelles avec ces produits et des médicaments pour le TDAH. (…) C'est une petite bouteille qui donne la mort. Tu sais, l'expression Red Bull donne des ailes? c'était vrai. Malheureusement[1] ».

Le couple déplore également que les médecins et les pharmaciens ne fassent généralement pas de mises en garde aux jeunes à qui ils prescrivent des psychostimulants pour traiter le TDAH[8].

La réaction de l'Externat Sacré-Cœur

L'Externat Sacré-Cœur observe une minute de silence en mémoire de Zachary et met ses drapeaux en berne. L'établissement fait parvenir une communication officielle aux parents d'élèves, puis une lettre aux parents à la suite de la diffusion du reportage de Radio-Canada en décembre 2025. L'établissement deviendra l'un des instigateurs de la mobilisation collective, aux côtés du Collège de Montréal et du Collège Charles-Lemoyne[9].

Jasun Taparauskas, directeur général de l'Externat Sacré-Cœur et porte-parole des trois écoles instigatrices, a déclaré : « Comme directions d'établissement, on voit au quotidien les réalités vécues par les jeunes. Cette initiative est née d'un besoin réel, sur le terrain, et d'une responsabilité qu'on ressent profondément. Très rapidement, il est devenu évident qu'on ne pouvait pas agir seuls et qu'il fallait ouvrir cette démarche à l'ensemble du réseau scolaire pour avoir un impact durable[9] ».

Couverture médiatique

Le reportage Cocktail mortel – Radio-Canada (décembre 2025)

Le 8 décembre 2025, l'émission Enquête de Radio-Canada diffuse un reportage d'une quarantaine de minutes réalisé par la journaliste Julie Dufresne, intitulé « Cocktail mortel »[10]. Ce reportage présente pour la première fois au grand public les conclusions du rapport de la coroner Langelier, les témoignages de la famille Miron et de plusieurs experts médicaux, ainsi que les révélations sur les autres cas similaires connus de Santé Canada.

Le reportage a un impact immédiat et considérable sur l'opinion publique québécoise. Il relance avec force le débat politique sur la réglementation des boissons énergisantes et amorce la mobilisation qui conduira au Mouvement Zachary Miron. Un long format complémentaire intitulé « Red Bull et Biphentin, un cocktail qui peut tuer » est également publié sur le site de Radio-Canada le même jour[1].

Passage à Tout le monde en parle (avril 2026)

Le 19 avril 2026, les parents de Zachary — Veronica Martinez et David Miron — sont reçus à l'émission Tout le monde en parle animée par Guy A. Lepage, aux côtés de Vickie Viens, directrice générale de la Fédération des établissements d'enseignement privés (FEEP), et du pharmacien Anis Ouyahia[11]. L'émission est diffusée en présence, entre autres, de la première ministre du Québec Christine Fréchette.

Le lendemain, le 20 avril 2026, le député solidaire Guillaume Cliche-Rivard déclare : « Après le témoignage bouleversant et courageux des parents de Zachary Miron à Tout le monde en parle hier soir, le gouvernement n'a plus le choix, il doit agir dès maintenant[12] ».

Autres médias

  • Radio-Canada / OHdio : entrevue avec David Miron à l'émission Tout un matin, diffusée le 11 décembre 2025[13].
  • La Presse : chronique et articles multiples, dont une chronique du 31 mars 2026 intitulée « Ces boissons énergisantes qui coupent les ailes »[14].
  • Le Devoir : multiples articles de fond sur la mobilisation et le dossier législatif[15].
  • L'actualité, Noovo Info, TVA Nouvelles, et de nombreux médias régionaux ont largement couvert l'affaire.
  • YouTube : la vidéo du reportage Enquête intitulée « Red Bull et Biphentin : le cocktail qui a tué Zachary, 15 ans » a été massivement visionnée dès sa mise en ligne[16].

Le Mouvement Zachary Miron

Origines : une famille qui prend la parole

Après la diffusion du reportage de Enquête en décembre 2025 et la publication du rapport de la coroner, les parents de Zachary choisissent de sortir de leur deuil privé pour prendre la parole publiquement. Ce sont eux qui approchent Radio-Canada pour rendre leur histoire publique, dans l'espoir de déclencher une volonté politique suffisamment grande pour faire changer les choses[1].

David Miron a formulé leur objectif en ces termes : « Comme parents, on ne pense jamais que ce genre de drame peut nous toucher. Aujourd'hui, si nous prenons la parole publiquement, c'est avec la volonté profonde que la perte tragique de Zachary ne reste pas sans portée et contribue à faire évoluer les choses. On veut que les jeunes soient mieux informés, mieux encadrés quant aux risques de ces produits et que les adultes autour d'eux aient les outils pour intervenir. Si cette initiative peut éviter ne serait-ce qu'un seul autre drame, alors elle doit aller beaucoup plus loin que nous[9] ».

La pétition à l'Assemblée nationale

Au printemps 2026, la famille Miron lance une pétition officielle sur le site de l'Assemblée nationale du Québec, parrainée par le député de Québec solidaire, Guillaume Cliche-Rivard, responsable en matière de santé pour son parti. La pétition demande au gouvernement du Québec :

  1. D'interdire la vente et la distribution de boissons énergisantes caféinées aux jeunes de moins de 16 ans ;
  2. D'envisager l'extension de cette interdiction à tous les mineurs (moins de 18 ans)[17].

Le 1er avril 2026, les parents de Zachary — David Miron et Veronica Martinez — tiennent une conférence de presse à l'Assemblée nationale, aux côtés du député Cliche-Rivard, et rencontrent la ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Sonia Bélanger. À l'issue de la rencontre, Veronica Martinez déclare : « Ça a été productif, on est contents de la rencontre qu'on a eue avec elle, mais là, on s'attend à des actions[8] ».

Le 6 mai 2026, le député Guillaume Cliche-Rivard dépose officiellement la pétition à l'Assemblée nationale : elle compte alors exactement 35 604 signatures[18]. Le même jour, les parlementaires de l'Assemblée nationale adoptent à l'unanimité — tous partis confondus — une motion demandant de reconnaître les risques potentiels pour la santé des boissons énergisantes et de « prendre des mesures concrètes rapidement afin de mieux protéger les jeunes de moins de 16 ans, notamment en encadrant la vente et la distribution de boissons énergisantes »[18].

Québec solidaire demande l'adoption, avant la fin de la session parlementaire le 12 juin 2026, d'une loi baptisée informellement loi Zachary Miron[19].

La mobilisation historique du milieu scolaire

Le 16 avril 2026, à l'initiative de la Fédération des établissements d'enseignement privés (FEEP), vingt-et-une (21) organisations issues des secteurs public et privé de l'éducation québécoise se réunissent dans une démarche commune : exiger l'interdiction de la vente et de la distribution des boissons énergisantes aux jeunes de moins de 16 ans. Cette coalition réunit pour la première fois, autour d'une même cause, des organisations qui ne s'étaient jamais alliées[9].

Stéphane Mayer, président du conseil d'administration de la FEEP, souligne : « Ce qui est particulièrement fort dans cette démarche, c'est qu'elle ne vient pas d'une organisation ou d'une position institutionnelle, mais du terrain, d'une famille et d'écoles qui ont décidé d'agir[9] ».

Les 21 organisations signataires de la lettre commune comprennent[9] :

Représentants des parents

  • Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ)
  • Regroupement des comités de parents autonomes du Québec (RCPAQ)
  • Regroupement des associations de parents de l'enseignement privé (RAPEP)
  • English Parents' Committee Association of Québec (EPCA Qc)

Directions et cadres scolaires

  • Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement (FQDE)
  • Association québécoise du personnel de direction des écoles (AQPDE)
  • Association québécoise des cadres scolaires (AQCS)
  • Association des cadres scolaires du Grand Montréal (ACSGM)
  • Association of Administrators of English Schools of Quebec (AAESQ)
  • Association des directions générales des établissements scolaires privés (ADIGESEP)

Organisations syndicales

Associations et fédérations d'établissements

  • Fédération des établissements d'enseignement privés (FEEP)
  • Fédération des centres de services scolaires du Québec (FCSSQ)
  • Association des commissions scolaires anglophones du Québec (ACSAQ)
  • Quebec Association of Independent Schools (QAIS)
  • Association des écoles juives de Montréal (AJDS)
  • Association des collèges privés du Québec (ACPQ)

L'élargissement aux milieux du sport et de la santé

Le 28 avril 2026, le Mouvement Zachary Miron franchit une nouvelle étape avec l'adhésion de grandes organisations des milieux du sport et de la santé publique[20] :

Milieu sportif

  • Sports Québec (67 fédérations sportives et 17 unités régionales de loisirs et de sports, soit plus d'un million de membres dont une majorité de jeunes)
  • Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ)
  • Ligue de hockey junior Maritimes Québec (LHJMQ)
  • Ligue de développement du Hockey M18 AAA
  • Fédération des éducateurs et éducatrices physiques enseignants du Québec (FEEPEQ)
  • Fillactive
  • Alliance Sport-Études
  • Fondation Aléo
  • Pierre Lavoie, fondateur du Grand Défi Pierre Lavoie

Milieu de la santé

  • Fédération des kinésiologues du Québec
  • Collectif Vital
  • Association pour la santé publique du Québec (ASPQ)

Le corps médical et les ordres professionnels

Le 14 mai 2026, cinq nouvelles organisations du milieu de la santé rejoignent la coalition[21] :

S'y ajoutent également :

Retrait des boissons énergisantes dans les pharmacies

En réponse à la mobilisation et aux recommandations de l'Ordre des pharmaciens du Québec, plusieurs réseaux de pharmacies prennent des mesures concrètes. Familiprix annonce le retrait des boissons énergisantes de l'ensemble de ses 455 pharmacies affiliées, « jusqu'à ce que les autorités publiques établissent des paramètres »[23]. Des pharmaciens propriétaires de Jean Coutu à Jonquière annoncent également vouloir retirer ces produits de leurs rayons[24].

La ministre de la Santé Sonia Bélanger salue ces gestes sur le réseau social X : « Mon équipe a échangé avec l'Ordre afin d'explorer différentes pistes d'action, notamment en matière de sensibilisation, et je suis heureuse de voir cette mobilisation autour d'un objectif commun de santé publique[18] ».

Le soutien de la population

Un sondage Léger démontre que 86 % de la population québécoise appuie l'interdiction de la vente de boissons énergisantes caféinées aux mineurs de moins de 16 ans[20]. Un autre sondage commandé par l'Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) confirme une grande proportion de la population québécoise favorable à une telle interdiction[25].

Site web officiel

La famille et ses partenaires lancent le site officiel du mouvement à l'adresse mouvementzacharymiron.ca, regroupant les ressources documentaires, les références scientifiques, la ligne du temps des événements, la liste des organisations partenaires, et un formulaire d'adhésion pour les organisations souhaitant rejoindre le mouvement[25].

Contexte réglementaire

Historique des mises en garde au Canada

Le décès de Zachary Miron ne survient pas dans un vide : les risques associés aux boissons énergisantes étaient connus depuis des années par les autorités sanitaires canadiennes et québécoises.

Année Événement
2003–2013 Santé Canada recense 143 effets indésirables impliquant 65 personnes et 3 décès potentiellement liés aux boissons énergisantes, dont un jeune homme de 18 ans et deux adolescents[25].
2010 Des experts mandatés par Santé Canada recommandent de traiter les boissons énergisantes comme des médicaments. L'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) recommande de ne pas les classer comme de simples aliments[25].
2013 Malgré les mises en garde, Santé Canada reclassifie les boissons énergisantes comme des aliments ordinaires plutôt que comme des produits de santé naturels[25].
2015 Une étude du chercheur David Hammond (Université de Waterloo) révèle que près d'un jeune consommateur sur deux, âgé de 12 à 24 ans, rapporte au moins un effet indésirable lié à la consommation de boissons énergisantes[25].
2015 Un avis juridique remis au gouvernement du Québec recommande une loi interdisant la vente de boissons énergisantes aux mineurs[25].
2019 Le reportage « Stimulant à mort » de l'émission Enquête de Radio-Canada relance les préoccupations[25].
2023 Un comité consultatif mandaté par le gouvernement caquiste recommande d'interdire la vente de boissons énergisantes caféinées aux jeunes, avec l'appui de la Direction nationale de santé publique (DNSP). Ses conclusions sont classées confidentielles[25],[6].
12 janvier 2024 Décès de Zachary Miron, 15 ans, au Sommet Morin-Heights.
Août 2025 La coroner Denyse Langelier rend son rapport de coroner.
8 décembre 2025 Radio-Canada diffuse le reportage Cocktail mortel à l'émission Enquête.
Mars–avril 2026 Lancement de la pétition à l'Assemblée nationale et début de la grande mobilisation.
16 avril 2026 21 organisations scolaires se réunissent en coalition historique.
28 avril 2026 Organisations sportives et de santé rejoignent le mouvement.
6 mai 2026 La pétition de 35 604 signatures est déposée à l'Assemblée nationale. Motion unanime de tous les partis.
14 mai 2026 Cinq ordres et fédérations médicaux rejoignent à leur tour le Mouvement Zachary Miron.

Contexte canadien : classification des boissons énergisantes

Au Canada, les boissons énergisantes sont réglementées comme des aliments par le Règlement sur les aliments et drogues de Santé Canada, depuis leur reclassification de 2013. Elles sont assujetties à des limites de caféine (maximum 400 mg par canette) et à des exigences d'étiquetage, mais aucune restriction d'âge n'est imposée au niveau fédéral pour leur vente[25]. Le marché des boissons énergisantes représente 3,5 milliards de dollars canadiens au Canada et devrait doubler d'ici 2030[26]. Environ 24 % des adolescents québécois consomment des psychostimulants sur prescription[23].

Contexte international

À l'étranger, plusieurs pays ont déjà agi :

  • Lettonie : interdiction de vente aux mineurs en vigueur ;
  • Lituanie : interdiction de vente aux mineurs en vigueur ;
  • Norvège : interdiction de vente aux jeunes de moins de 16 ans en vigueur depuis le [25] ;
  • Royaume-Uni : consultations publiques menées en 2025 en vue d'une interdiction aux moins de 16 ans ;
  • Pologne : mesures de restriction déjà adoptées[27].

Héritage et impact

Impact politique et législatif

Le Mouvement Zachary Miron a transformé ce qui aurait pu rester un drame familial en un enjeu de santé publique d'envergure nationale. En quelques mois, la mobilisation a conduit :

  • Au dépôt d'une pétition de 35 604 signatures à l'Assemblée nationale ;
  • À l'adoption d'une motion unanime par tous les partis politiques québécois le 6 mai 2026 ;
  • À des gestes concrets dans le réseau des pharmacies (retraits volontaires de boissons énergisantes) ;
  • À la demande formelle d'une loi Zachary Miron par Québec solidaire avant la fin de la session parlementaire le 12 juin 2026 ;
  • À l'adhésion de plus d'une cinquantaine d'organisations des milieux scolaire, sportif, médical et syndical.

Impact sur la sensibilisation médicale

Le cas Zachary Miron a mis en lumière une lacune dans la pratique médicale et pharmaceutique québécoise : ni les médecins prescripteurs ni les pharmaciens dispensateurs ne mettaient systématiquement en garde les patients et leurs familles contre le risque d'interaction entre les psychostimulants pour le TDAH et les boissons énergisantes. Le Collège des médecins du Québec et l'Ordre des pharmaciens du Québec ont tous deux réagi en rappelant à leurs membres l'importance d'informer les patients de ce risque[3].

Sondages et opinion publique

  • Sondage Léger : 86 % de la population québécoise favorable à l'interdiction de vente aux moins de 16 ans[20] ;
  • Sondage ASPQ : une grande proportion de la population appuie une interdiction similaire[25] ;
  • Sondage antérieur : 77 % des Québécois se disaient favorables à une législation sur ces produits[8].

Témoignage de David Miron

David Miron a résumé l'urgence du message de sa famille lors du dépôt de la pétition : « Depuis plusieurs mois, ce combat va de l'avant, mais là, il est temps que tout ça se concrétise en loi. Il est temps qu'on adopte le projet de loi Zachary Miron. Je pense qu'on est rendus là[18] ».

Notes et références

Notes

Références

  1. Julie Dufresne, « Red Bull et Biphentin, un cocktail qui peut tuer », sur Radio-Canada, (consulté le )
  2. « Externat Sacré-Cœur – Collège privé de Rosemère », sur Externat Sacré-Cœur (consulté le )
  3. « Médicaments pour le TDAH et boissons énergisantes : d'autres cas troublants », sur Radio-Canada, (consulté le )
  4. « Red Bull et Biphentin, un cocktail qui peut tuer », sur Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) (consulté le )
  5. « Une tragédie relance le débat sur les stimulants », sur Journal Accès, (consulté le )
  6. « Red Bull et Biphentin : le cocktail qui a coûté la vie à Zachary, 15 ans », sur Le Morning, (consulté le )
  7. « Christine Fréchette a bon espoir d'apporter des changements rapidement », sur Le Droit, (consulté le )
  8. « Boissons énergisantes : le combat des parents du jeune de 15 ans décédé », sur Noovo Info, (consulté le )
  9. « Une mobilisation historique : 21 organisations scolaires s'unissent après le décès de Zachary Miron pour protéger les jeunes », sur Centrale des syndicats du Québec (CSQ), (consulté le )
  10. Julie Dufresne, « Cocktail mortel », (consulté le )
  11. « Les dangers des boissons énergisantes », (consulté le )
  12. « Interdictions des boissons énergisantes : « Le gouvernement doit agir dès maintenant », affirme Guillaume Cliche-Rivard », sur Newswire, (consulté le )
  13. « Mort à 15 ans : son père réclame l'interdiction des boissons énergisantes chez les jeunes », sur Radio-Canada / OHdio, (consulté le )
  14. « Ces boissons énergisantes qui coupent les ailes », sur La Presse, (consulté le )
  15. « Une vaste coalition réclame l'interdiction de vendre des boissons énergisantes aux mineurs », sur Le Devoir, (consulté le )
  16. « Red Bull et Biphentin : le cocktail qui a tué Zachary, 15 ans – Enquête », sur YouTube, (consulté le )
  17. « Pétition – Encadrement de la vente et de la distribution de boissons énergisantes chez les mineurs », sur Assemblée nationale du Québec (consulté le )
  18. « Des pharmacies retirent toutes les boissons énergisantes de leurs tablettes », sur Ma Beauce, (consulté le )
  19. « Boissons énergisantes caféinées : Québec solidaire demande une loi « Zachary Miron » pour protéger les jeunes de moins de 16 ans », sur Le Lézard, (consulté le )
  20. « Les milieux du sport et de la santé se joignent au Mouvement Zachary Miron », sur Externat Sacré-Cœur, (consulté le )
  21. « Encadrement de la vente de boissons énergisantes chez les mineurs : cinq nouveaux alliés du milieu de la santé se joignent au Mouvement Zachary Miron », sur Le Lézard, (consulté le )
  22. « Boissons énergisantes : un angle mort de santé publique chez les jeunes », sur La Presse, (consulté le )
  23. « Vers un retrait des boissons énergisantes en pharmacie? », sur Radio-Canada, (consulté le )
  24. « Les boissons énergisantes bannies de certaines pharmacies », sur La Presse, (consulté le )
  25. « Mouvement Zachary Miron », sur mouvementzacharymiron.ca (consulté le )
  26. « Mort à 15 ans : son père réclame l'interdiction des boissons énergisantes chez les jeunes », sur Radio-Canada, (consulté le )
  27. « 35 000 signatures et une motion unanime : QS réclame une loi pour protéger les jeunes des boissons énergisantes », sur Actualité politique du Québec, (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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