Mouvement Démocratique des Femmes
| Fondation |
1965 |
|---|
| Type |
Association |
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| Objet social |
Féminisme |
| Domaines d'activité | |
| Objectif | |
| Pays |
Le Mouvement Démocratique des Femmes est une organisation féministe clandestine, surgie au milieu des années soixante en Espagne.
Le mouvement est né du soutien aux prisonniers et à leurs familles, de la lutte antifranquiste et de la préoccupation pour les problèmes des femmes. Il avait un caractère pluriel et inter-classes. Il a évolué de la pratique solidaire, la revendication politique et l'activisme de voisinage vers l'élaboration d'un discours engagé dans le féminisme.
Histoire
Premières années
Après la vague de solidarité qui s'est levée contre les tortures de femmes réprimées pendant les grèves des Asturies de 1962, une manifestation a eu lieu à Madrid le 15 mai, qui s'est terminée par l'intervention de la police et l'arrestation de plusieurs participantes. Lorsqu'elles ont été libérées, le PCE a convoqué une réunion pour lancer une association qui rassemble les femmes de prisonniers, militants et sympathisants du parti et des dissidentes des cercles intellectuels. Mais l'association n'a pas progressé[1].
En 1964, Dulcinea Bellido et Carmen Rodríguez ont participé à des conférences organisées par Eva Forest qui, avec de jeunes universitaires comme Cristina Almeida ou Manuela Carmena ont réalisé des lectures collectives du deuxième sexe de Simone de Beauvoir et ont traité des thèmes liés à la situation des femmes. Dans d'autres réunions de militantes communistes est apparu le besoin de politiser les femmes et de les mobiliser contre la dictature. Ainsi est né formellement le Mouvement Démocratique des Femmes (MDM), sous la tutelle du PCE, avec l'intention de réfléchir sur les discriminations qu'elles subissaient du fait d'être femmes, poser des alternatives et amener les constats de ces débats au sein du parti.
Des cellules de soutien et de travail solidaire ont été créées dans des quartiers comme Carabanchel, Villaverde, Vallecas, Prosperidad, San Cristóbal de los Ángeles, Getafe et Ventas. Le mouvement est entré en contact avec les groupes féminins d'organisations catholiques et avec les femmes qui participaient à des associations comme le Club d'amis de l'Unesco, où étaient déjà infiltrées des femmes du PCE. Il a aussi pris contact avec les Associations de maîtresses de maison qui avaient été légalisées. Les dirigeantes du MDM revendiquaient la construction de parcs, écoles ou garderies, car non seulement elles combattaient la dictature et défendaient des intérêts généraux, mais elles amélioraient aussi les conditions de vie des femmes en contribuant à leur émancipation.
À partir de janvier 1968 a été publié un bulletin intitulé La mujer y la lucha (La femme et la lutte) où l'on réfléchissait au besoin de créer des organisations où les femmes puissent lutter pour surmonter leurs discriminations spécifiques. A Mulier e a Loita et Mundo Feminino ont été des bulletins publiés par les groupes du MDM de Vigo et Oviedo.
Dans les années 68, 69 et 70, ont fait partie du MDM à titre individuel les socialistes Carlota Bustelo, Helga Soto ou Graciela Uñá[2],[3].
Dernières années de la dictature
Lors de la deuxième réunion générale du MDM, qui s'est tenue en 1971, ont surgi de nouveaux groupes, avec des délégations de Galice, Murcie, Cordoue, Séville, Asturies, Valence, Madrid et Saragosse[4].
En 1970, la plate-forme a mobilisé les femmes pour la campagne destinée à obtenir la grâce des militants d'ETA condamnés à mort par le Conseil de guerre en août[5]. En 1971 le MDM a appelé au premier boycott des marchés de Madrid à cause de la hausse des prix, qui s'est répété à plusieurs reprises en 1973 et 1974[6].
Le MDM a participé au Congrès mondial des femmes du Berlin oriental, organisé par la Fédération démocratique internationale des femmes, qui s'est tenu à Berlin-Est du 20 au 24 octobre 1975. Une délégation espagnole y a assisté, formée de treize femmes auxquelles se sont ajoutées deux exilées. Toutefois, elles ont dû rentrer avant la fin, du fait de la dégradation de la santé de Franco et de la situation politique en Espagne[7].
Le MDM a organisé et a participé aux Ieres Journées pour la Libération de la femme, qui ont eu lieu dans le cadre de l'Année internationale de la femme à Madrid entre le 6 et le 8 décembre 1975, où s'est constituée une Coordination d'organisations féministes au niveau national, et d'où était exclue la Section Féminine.
Après la mort de Franco
En 1976, le MDM a uni son sigle à celui du Mouvement de libération de la femme (MLM), constituant ainsi le MDM-MLM. Les associations se sont présentées ainsi en conférence de presse le 12 mai 1976, avec une série de revendications destinées à établir une situation sociale qui permît leur développement intégral. Pour transformer la situation de la famille, elles proposaient le mariage civil, laissant librement au couple la possibilité du mariage religieux; une loi sur le divorce, qui rendrait nécessaire l'élimination de la dépendance économique de la femme; des contraceptifs gratuits et assumés par la Sécurité sociale, et la dépénalisation de l'avortement. Parmi les participantes, il y avait Merche Comabella, María Teresa Gómez, Rosa Pardo, Paloma Fernández Quintanilla, Carmen Méndez Buschell, Dulcinea Bellido et Mary Luz Boyero[8],[9].
À partir de 1982 le MDM s'est désagrégé jusqu'à disparaître. Il a été réinitialisé en juin 2013 sous l'impulsion du Secrétariat fédéral de la femme du PCE[10].
Notes et références
- ↑ Arriero Ranz, « El Movimiento Democrático de Mujeres: del antifranquismo a la movilización vecinal y feminista », Historia, Trabajo y Sociedad, nº2, (lire en ligne)
- ↑ (es) Ranz, « El movimiento democrático de mujeres, del antifranquismo a la movilización vecinal y feminista: Ideología, identidad y conflictos de género », Universidad Autónoma de Madrid, Universidad Autónoma de Madrid, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Entrevista a Mercedes Comabella. Mujeres en la transición »
- ↑ (es) Fernández, « Pasado y Memoria », Revista de Historia Contemporánea, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (es) Ranz, « El movimiento democrático de mujeres, del antifranquismo a la movilización vecinal y feminista: Ideología, identidad y conflictos de género », Universidad Autónoma de Madrid, Universidad Autónoma de Madrid, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « 'A voz do pobo : ¡Proletarios de todol-os países... », prensahistorica.mcu.es (consulté le )
- ↑ SALAS, Mary y COMABELLA, Mercedes, Españolas en la Transición. De excluidas a protagonistas (1973-1982), Biblioteca Nueva, (ISBN 84-7030-726-6, lire en ligne)
- ↑ (es) Ediciones El País, « Presentación del Movimiento Democrático de Mujeres-Movimiento de Liberación de la Mujer », El País, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Mundo Obrero : Órgano del Comité Central del Partido Comunista de España no 24 », prensahistorica.mcu.es, (consulté le )
- ↑ (es) mdmcyl, « EL MOVIMIENTO DEMOCRÁTICO DE MUJERES. ANTECEDENTES HISTÓRICOS », MDM CyL, (consulté le )
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