Murder of the Universe

Murder of the Universe

Album de King Gizzard and the Lizard Wizard
Sortie 23 Juin 2017
Enregistré 2017
Durée 46:38
Genre
Label

Albums de King Gizzard and the Lizard Wizard

Murder of the Universe est le dixième album studio du groupe de rock psychédélique australien King Gizzard & the Lizard Wizard. Il sort le chez Flightless en Australie[4], chez ATO Records aux États-Unis et chez Heavenly Recordings au Royaume-Uni. C'est le deuxième des cinq albums sortis par le groupe en 2017[5].

L'album est nommé aux ARIA Music Awards de 2017, pour le meilleur album de hard rock ou heavy metal, bien qu'ils aient déjà remporté ce prix l'an dernier avec Nonagon Infinity[6].

Concept et histoire

Murder of the Universe est un album-concept divisé en trois parties distinctes, appelées suites, chacune racontée par un narrateur[7]. Les deux premières suites sont narrées par la chanteuse Leah Senior[8], et la dernière suite par l'application de synthèse vocale « UK, Charles ».

La première suite, « Le Conte de la Bête Altérée », explore le thème de la tentation et raconte l'histoire d'un homme rencontrant une créature mystique, hybride entre un humain et une bête, surnommée la Bête Altérée. Le récit commence du point de vue de l'humain, s'intéressant à l'idée de l'altération – un sujet tabou dans sa société. Le point de vue se déplace ensuite vers celui de la Bête Altérée, emplie d'intentions meurtrières. Confronté à celle-ci, l'humain éprouve une soudaine soif de pouvoir et succombe lentement à la tentation d'être lui-même altéré. Acceptant leur destin commun, la bête et l'humain fusionnent, créant une nouvelle bête altérée, encore plus avide de chair. La Bête Altérée souffre cependant terriblement de l'absorption d'une autre conscience : elle perd la notion de son identité et finit par sombrer dans la folie, son corps se décomposant dans la terre.

Je pense que c'est notre travail le plus axé sur la narration - ce sont trois histoires disctinctes et pourtant interconnectées

Stu McKenzie[9]

La seconde suite, « Le Seigneur de la Foudre contre Balrog », relate la bataille épique opposant deux entités nommées le Seigneur de la Foudre et le Balrog, incarnant respectivement les forces de la lumière et des ténèbres.

La suite s'ouvre sur une préface de la conteuse qui relate le combat. L'action débute avec le morceau « The Lord of Lightning », qui décrit la destruction d'une ville par la foudre jaillissant du doigt de la créature.

Les habitants le perçoivent comme maléfique et malveillant. Cependant, lorsqu'il foudroie un cadavre, celui-ci se réanime mystérieusement sous la forme d'une créature nommée le Balrog. Cette créature choisit d'ignorer le Seigneur de la Foudre et sème plus encore la terreur parmi les villageois. Le Seigneur choisit alors d'affronter le Balrog et le vainc, le laissant en cendres dans « The Acrid Corpse ». Le Seigneur de la Foudre s'en va ensuite, laissant les villageois en paix.

La troisième et dernière suite, « Han-Tyumi et le Meurtre de l'Univers », raconte l'histoire d'un cyborg dans un monde numérique qui acquiert la conscience et décide de se consacrer aux deux seuls choses qui soient impossibles pour un cyborg : vomir et mourir.

Il crée alors une créature baptisée « La machine à vomir des protéines de soja », dont le seul but est de vomir. Lorsque celle-ci rejette son amour, Han-Tyumi fusionne avec elle, provoquant une perte de contrôle. La machine explose, et expulse un vomi infini, engloutissant l'univers entier, dans un scénario de type « gelée grise » apocalyptique. Ainsi meurt l'univers.

Réception

Notation des critiques
Score cumulé
SiteNote
Metacritic 73/100[10]
Compilation des critiques
PériodiqueNote
AllMusic 3,5/5 étoiles[11]
The A.V. Club D+[12]
Clash 8/10[2]
Classic Rock 2,5/5 étoiles[13]
Exclaim! 6/10[14]
The Irish Times 3/5 étoiles[1]
The Line of Best Fit 7.5/10[15]
Paste 7.4/10[16]
Pitchfork 8.0/10[17]
Under the Radar 8.5/10[18]

L'album Murder of the Universe recoit des avis positifs de la part des critiques musicaux. Sur Metacritic, il obtient une note moyenne de 73/100, sur 15 avis, indiquant des « critiques généralement favorables »[19].

Tim Sendra, de AllMusic, écrit que « le deuxième album de King Gizzard & the Lizard Wizard en 2017 est une déferlante fiévreuse de prog science-fictionnelle, ponctuée de synthétiseurs vrombissants et de voix robotiques. »[20]

Cosette Schulz, de Exclaim!, commente que « L'album de 21 titres est certainement la sortie la plus étrange et épuisante que King Gizzard ait réalisé à ce jour ; pas aussi ambitieux que le Nonagon Infinity, bouclant à l'infini, ou que Flying Microtonal Banana, sorti plus tôt cette année, mais un exploit tout de même. »[21]

Cady Siregar, de DIY, déclare que l'album est un « projet ambitieux » qui réussit à « vous inciter à s'absorber pleinement dans leur univers sauvage et bizarre »[22].

Dans son analyse de l'album, le théoricien Benjamin Kirbach affirme :

Chez Tolkien, le Balrog est un démon réveillé par inadvertance par les Nains de la Moria. Cet ancien agent de vengeance est la métaphore évidente, pour Tolkien, de l'hubris démesuré de la modernité – et Gandalf doit s'y sacrifier pour que Frodon et ses compagnons puissent échapper à son emprise. Pour King Gizzard, le Balrog est aussi engendré par une singularité technologique (« You made the atom split / It caused a massive rift / And he came screaming through»). À l'instar de Godzilla, il sème la destruction dans la civilisation – jusqu'à l'apparition du légendaire Seigneur de la Foudre, domptant la bête, vraisemblablement, par le pouvoir de l'électricité[23].

Kirbach affirme que le nom Han-Tyumi est une anagramme vaguement japonifiée de "humanité" et que le personnage représente :

une IA née de la soupe primordiale des réseaux d'information mondiaux, continuant de fonctionner même après la disparition de l'humanité (« BORN, IF YOU MAY CALL IT THAT / IN A WORLD THAT IS DENSE AND BLACK »). Prisonnier de cette filiation solipsiste, sans autre point de repère que les archives du savoir de l'humanité désormais éteinte, Han-Tyumi aspire à s'approcher de son homologue biologique et devient obsédé par les deux choses qu'une machine ne peut faire : vomir et mourir. Dans une inversion du mythe de Frankenstein, Han-Tyumi construit alors un corps humanoïde dans lequel il entend fusionner sa conscience (the computer even says, in no uncertain terms, "I DECLARED TO MY DESIGN / LIKE FRANKENSTEIN'S MONSTER / 'I AM YOUR FATHER, I AM YOUR GOD" »). Cette fusion déclenche une réaction en chaîne où l'hybride machine-humain s'ingère puis se régurgite dans une régression à l'infini. Comme si l'histoire dialectique était inversée, l'anti-singularité bilieuse déborde et recouvre l'univers entier de vomi... À la fin de l'album, la voix de l'IA ralentit et s'éteint dans un dernier râle numérique qui n'est pas sans rappeler celui de HAL 9000.

En résumé, l'opéra-rock psychédélique qu'est Murder of the Universe présente une allégorie mythopoétique de la technogenèse humaine : de la prothèse primitive de la bête altérée à l'enfermement de la nature par l'électricité, et enfin l'empreinte zombifiée que nous laissons derrière nous, sous la forme de Han-Tyumi[24].

Distinctions

Publication Catégorie Année Rang Ref.
Rough Trade Albums de l'année
2017
24

Liste des pistes

Toute la musique est composée par King Gizzard & the Lizard Wizard ; toutes les paroles et histoires sont écrites par Stu Mackenzie ; à l'exception de « Murder of the Universe », écrite par Joey Walker et Mackenzie.

La plupart des éditions vinyles présentent les pistes 1 à 12 sur la face A et les pistes 12 à 21 sur la face B ; « The Lord of Lightning » est réparti sur les deux faces[26]. Les rééditions de 2023 comprennent deux disques, chaque suite occupant une face et la quatrième face étant gravée.

Suite 1 : The Tale of the Altered Beast
NoTitreDurée
1.A New World0:57
2.Altered Beast I2:23
3.Alter Me I0:45
4.Altered Beast II4:28
5.Alter Me II1:25
6.Altered Beast III2:14
7.Alter Me III1:26
8.Altered Beast IV5:10
9.Life / Death1:00
19:48
Suite 2 : The Lord of Lightning vs. Balrog
NoTitreDurée
10.Some Context0:16
11.The Reticent Raconteur1:05
12.The Lord of Lightning5:06
13.The Balrog4:29
14.The Floating Fire1:54
15.The Acrid Corpse1:00
13:50
Suite 3 : Han-Tyumi and the Murder of the Universe
NoTitreDurée
16.Welcome to an Altered Future0:55
17.Digital Black2:46
18.Han-Tyumi, the Confused Cyborg2:21
19.Soy-Protein Munt Machine0:30
20.Vomit Coffin2:19
21.Murder of the Universe4:09
13:00

Personnel

Les crédits de Murder of the Universe sont tirés des notes de l'album.

King Gizzard & the Lizard Wizard

  • Stu Mackenzie – chant, guitare Hagström F12, synthétiseur Roland Juno-60, synthétiseur Yamaha DX-7, flûte Mellotron, chœur Mellotron, orgue Yamaha Reface YC, basse Fender Mustang, Natural Reader UK Charles;
  • Michael Cavanagh – batterie Maxwin '62, batterie Yamaha Tiger Red Swirl '61;
  • Joey Walker – guitare Yamaha SG-3, orgue Yamaha Reface YC, synthétiseur Roland JX-3P, synthétiseur Roland Juno-60;
  • Ambrose Kenny-Smith – harmonica Hohner Special 20, orgue Yamaha Reface YC;
  • Cook Craig – guitare Rickenbacker 620;
  • Lucas Skinner – basse Fender Mustang;
  • Eric Moore – gestion

Musiciens supplémentaires

  • Leah Senior – narration (tracks 1–9, 11–15)

Production

  • Casey Hartnett – enregistrement
  • Stu Mackenzie – enregistrement, production
  • Michael Badger – enregistrement, mixage
  • Joey Walker – enregistrement
  • Joe Carra – master
  • Jason Galea – pochette

Classements

Classements (2017) Meilleure position
ARIA Charts [27] 3
Ultratop Flandres [28] 139
Ultratop Wallonie [29] 115
Recorded Music NZ (RMNZ) [30] 9
Scottish Album Charts (OCC) [31] 58
UK Albums (OCC) [32] 94
US Billboard 200 [33] 106
US Independent Albums (Billboard 200) [34] 6
US Top Alternative Albums (Billboard 200) [35] 15
US Top Rock Albums (Billboard 200) [36] 20

Références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Murder of the Universe » (voir la liste des auteurs).
  1. Tony Clayton-Lea, « King Gizzard & the Lizard Wizard: Murder of the Universe – prog-rock walks the earth once more », The Irish Times,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. Liam Egan, « King Gizzard & The Lizard Wizard – Murder Of The Universe », sur Clash, (consulté le )
  3. Callum Bains, « 'Infest the Rats' Nest' Sees King Gizzard and the Lizard Wizard Embrace Their Inner Thrash », sur PopMatters, (consulté le ) : « While their 2017 progressive metal album Murder of the Universe suffered from unnecessary content, »
  4. « King Gizzard & The Lizard Wizard » (consulté le )
  5. Kevin EG Perry, « King Gizzard & The Lizard Wizard: can the psych band release five albums in one year? », The Guardian,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. Moskovitch, « Aussie Heavy Bands Are Slamming King Gizzard's ARIA Win », Tone Deaf, (consulté le )
  7. « BBC Radio 6 Music – Stuart Maconie's Freak Zone, King Gizzard & and Lizard Wizard, King Gizzard & the Lizard Wizard », BBC Online, (consulté le )
  8. (en-GB) Clash Magazine Music News, Reviews & Interviews et ClashMusic, « King Gizzard & The Lizard Wizard - Murder Of The Universe », sur Clash Magazine Music News, Reviews & Interviews, (consulté le )
  9. « Stuart Maconie's Freak Zone », sur BBC Radio, (consulté le )
  10. « Reviews and Tracks for Murder of the Universe by King Gizzard & the Lizard Wizard », sur Metacritic (consulté le )
  11. Tim Sendra, « Murder of the Universe – King Gizzard & the Lizard Wizard : Songs, Reviews, Credits », AllMusic (consulté le )
  12. Gwen Ihnat, « Big Boi, Jeff Tweedy, Young Thug, and more in this week’s music reviews », sur The A.V. Club, (consulté le )
  13. Paul Moody, « King Gizzard & The Lizard Wizard - Murder Of the Universe album review », sur Classic Rock, (consulté le )
  14. Cosette Schulz, « King Gizzard & the Lizard Wizard Murder of the Universe », sur Exclaim!, (consulté le )
  15. Emma Smith, « King Gizzard and the Lizard Wizard’s latest is a no holds barred prog monster, again », sur The Line of Best Fit, (consulté le )
  16. Lee Zimmerman, « King Gizzard and the Lizard Wizard: Murder of the Universe Review », sur Paste, (consulté le )
  17. Stuart Berman, « King Gizzard & The Lizard Wizard: Murder of the Universe Album Review », sur Pitchfork, (consulté le )
  18. Scott Dransfield, « King Gizzard & The Lizard Wizard: Murder of the Universe (ATO) Review », sur Under the Radar, (consulté le )
  19. (en) Murder of the Universe by King Gizzard & the Lizard Wizard (lire en ligne)
  20. (en) Murder of the Universe - King Gizzard & the Li... | AllMusic (lire en ligne)
  21. « King Gizzard & the Lizard Wizard Murder of the Universe », sur Exclaim!, (consulté le )
  22. « King Gizzard and the Lizard Wizard - Murder of the Universe », DIY,
  23. Benjamin Kirbach, Neckerology: Fiction, Technology, and Theory after Postmodernism (PhD thesis), Université de l'Iowa, , p. 293
  24. Benjamin Kirbach, Neckerology: Fiction, Technology, and Theory after Postmodernism (PhD thesis), Université de l'Iowa, , p. 293–94
  25. « Albums of the Year » [archive du ], sur Rough Trade, (consulté le )
  26. (en) « Murder of the Universe » (liste des versions de l'album), sur Discogs
  27. « Australiancharts.com – King Gizzard & the Lizard Wizard – Murder of the Universe », Hung Medien, (consulté le )
  28. « Ultratop.be – King Gizzard & the Lizard Wizard – Murder of the Universe », Hung Medien, (consulté le )
  29. « Ultratop.be – King Gizzard & the Lizard Wizard – Murder of the Universe », Hung Medien, (consulté le )
  30. « NZ Heatseekers Albums Charts », Recorded Music NZ, (consulté le )
  31. « Official scottish albums charts », OCC, (consulté le )
  32. « Official Albums Chart on 30/6/2017 – Top 100 », Official Charts Company, (consulté le )
  33. « King Gizzard and the Lizard Wizard Chart History (Billboard 200) », Billboard, (consulté le )
  34. « King Gizzard and the Lizard Wizard Chart History (independent albums) », Billboard, (consulté le )
  35. « King Gizzard and the Lizard Wizard Chart History (top alternative albums) », Billboard, (consulté le )
  36. « King Gizard and the Lizard Wizard top rock albums charts », Billboard, (consulté le )
  • icône décorative Portail du rock