Musée Mémorial de l'Indépendance

Musée Mémorial de l'Indépendance
Présentation
Type
Fondation
Architecte
Créateur
Ouverture
,
Localisation
Localisation
Coordonnées
22° 34′ 07″ S, 17° 05′ 17″ E
Carte

Le Musée Mémorial de l'Indépendance est un musée d'histoire situé à Windhoek, capitale de la Namibie. Il se concentre sur la résistance anticoloniale et le mouvement de libération nationale du pays[1].

Situé sur l'avenue Robert Mugabe, le musée a été conçu et construit par Mansudae Overseas Projects, une entreprise nord-coréenne[2]. Il est l'un des quatre grands ouvrages publics construits par Mansudae en Namibie, les trois autres étant Heroe's Acre, le Musée militaire d'Okahandja et le nouveau Palais présidentiel[2].

L'apparence du musée a été comparée à celle d'un potjie[2], d'une cafetière[3] et d'une molaire[4]. Il est flanqué de deux statues : celle du premier président de la Namibie, Sam Nujoma, et le Mémorial du génocide, tous deux également construits par Mansudae[2].

Le musée a été inauguré le ,[1] à l'occasion du vingt-quatrième anniversaire de l'indépendance du pays, par le président Hifikepunye Pohamba[5].

Origine du nom

Le nom du musée proposé a fait l'objet de nombreux débats dès sa création. Usutuaije Maamberua, président de l'Union nationale du Sud-Ouest africain (SWANU), a proposé le nom de « Centre de commémoration du génocide », en reconnaissance du site où il a été construit, connu sous le nom d'Orumbo rua Katjombondi, (en Otjiherero : un lieu d'horreur).

Localisation

Le Musée du Mémorial de l'Indépendance est situé sur l'avenue Robert Mugabe, entre deux bâtiments de la période coloniale allemande : la Christuskirche et la citadelle coloniale d'Alte Feste. Le musée se dresse sur une petite pente entre les deux structures et, selon l'historien Reihard Kossler, il a fragmenté l'ensemble des monuments allemands de Windhoek[6]. Contrastant fortement avec le style architectural colonial allemand des bâtiments historiques existants, le Musée du Mémorial de l'Indépendance est construit dans le style réaliste socialiste nord-coréen, symbole de l'« État moderniste postcolonial »[7].

Structure

Le musée se compose d'une structure triangulaire en verre de cinq étages, conçue avec quatre murs égaux de 40 mètres atteignant une hauteur d'au moins 40 mètres. Il dispose d'un ascenseur vitré à l'avant.

Extérieur

Statue de Sam Nujoma

Une statue de bronze de style nord-coréen commémorant Sam Nujoma occupe une place de choix à l'avant du musée. Nujoma, tourné vers Windhoek, tient un exemplaire du Livre des Circonscriptions, la constitution de la Namibie. Elle se trouve à l'emplacement de la statue équestre du Reiterdenkmal[8],[9], qui se dressa sur la colline pendant 102 ans. Cette statue a suscité la controverse après l'indépendance de la Namibie ; certains habitants la considéraient comme un symbole de l'oppression coloniale[8],[10]. D'autres, principalement issus de la communauté germanophone de Namibie, considéraient toute modification de la statue comme une violation du Namibian Heritage Act de 2004[11], qui définit les procédures de protection des sites du patrimoine national en Namibie[12]. La statue du Reiterdenkmal a été retirée en 2013 et se trouve désormais dans la cour du musée Alte Feste[8].

Mémorial du génocide

Le Mémorial du génocide se trouve au sud de la statue de Nujoma. Il illustre les « difficultés et souffrances indicibles » infligées par la Schutztruppe, les troupes de l'empire colonial allemand pendant la guerre de 1904-1907. La statue représente un homme et une femme enlacés, symbole de liberté. Le couple se tient debout sur une reproduction d'une résidence traditionnelle namibienne. Le socle en briques de béton du mémorial porte l'inscription « Their Blood Waters Our Freedom » en lettres noires en relief[8].

Intérieur

Expositions

Le premier étage, intitulé « Répression coloniale », commémore les premiers chefs de la résistance namibienne et la chronologie du pays sous domination sud-africaine. Le deuxième étage, intitulé « Libération », commémore la guerre frontalière sud-africaine et le rôle de l'Armée populaire de libération de la Namibie (PLAN) durant ce conflit. Le troisième étage, intitulé « La voie vers l'indépendance », détaille les activités de la SWAPO et la résolution 435 du Conseil de sécurité des Nations unies, et comprend une plateforme d'observation donnant sur la salle panoramique du musée[8].

Restaurant

Le dernier étage (quatrième étage), accessible aux visiteurs, abrite un restaurant, le NIMMS (National Independence Memorial Museum), d'où l'on a une vue imprenable sur la ville. Le restaurant présente un large éventail de la culture namibienne, notamment des ornements, des vêtements et des livres. Certains de ces objets sont à vendre.

Notes et références

  1. ↑ (en-GB) « Independence Museum - Museums Association of Namibia », sur www.museums.com.na (consulté le )
  2. (en-US) « Empty lots and baboon feces: North Korea’s monuments in Namibia — in photos | NK News », sur NK News - North Korea News (consulté le )
  3. ↑ (en) « Namibia, North Korea Relations Strained? », sur allAfrica.com, (consulté le )
  4. ↑ (en-GB) Staff Reporter, « SMSes for Monday 24 October 2011 », sur The Namibian, (consulté le )
  5. ↑ (en) Hifikepunye Pohamba, « Statement by His Excellency Dr Hifikepunye Pohamba, President of the Republic of Namibia on the Ocassion of the Inauguration of The Genocide Memorial Statue, The Sam Nujoma Statue and The Independence Memorial Museum. » [PDF], sur namibia-botschaft.net, (consulté le )
  6. ↑ Reinhart Kössler, Namibia and Germany: negotiating the past, University of Namibia Press, (ISBN 978-99916-42-09-3)
  7. ↑ (en) Silvester Jeremy, Re-Viewing Resistance in Namibian History, University of Namibia Press, (ISBN 978-99916-42-27-7, lire en ligne)
  8. (en-US) Staff Reporter, « President unveils Independence Memorial, Nujoma Statue », (consulté le )
  9. ↑ Gitti Salami et Monica Blackmun Visonà, A companion to modern African art, Wiley Blackwell, coll. « Blackwell companions to art history », (ISBN 978-1-4443-3837-9)
  10. ↑ (en-GB) Andreas Vogt, « To move or not to move: », sur The Namibian, (consulté le )
  11. ↑ (en) « National Heritage Act, 2004 », sur namiblii.org, (consulté le )
  12. ↑ (en) Heike Becker, « Changing urbanscapes: Colonial and postcolonial monuments in Windhoek », Nordic Journal of African Studies, vol. 27, no 1,‎ , p. 21–21 (ISSN 1459-9465, DOI 10.53228/njas.v27i1.266, lire en ligne, consulté le )
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