Musée archéologique de Salakta

Musée archéologique de Salakta
Vue du musée archéologique de Salakta.
Informations générales
Type
Ouverture
Visiteurs par an
103 ()
Localisation
Localisation
Coordonnées
35° 23′ 33″ N, 11° 02′ 56″ E
Carte

Le musée archéologique de Salakta est un musée tunisien situé dans la ville de Salakta.

Ouvert en 1980, il comprend des œuvres archéologiques provenant de l'antique Sullectum, en particulier des terres cuites, un pavement de mosaïque représentant un gigantesque lion de race africaine, ainsi que des amphores provenant d'autres sites du Sahel tunisien.

Histoire

Porte du musée en bleu ciel avec des symboles présents. Une colonne se trouve de chaque côté de la porte. Un panneau mentionnant le musée en français et en arabe se trouve au-dessus de la porte
Porte principale du musée.

Le musée est ouvert en 1980 à proximité de la nécropole de l'Antiquité tardive[1]. Le musée est composé de trois salles[2].

En , un hackathon y est organisé pour imaginer des solutions permettant de le valoriser[3].

Collections

Mosaïques

Mosaïque sur fond blanc avec au centre un médaillon représentant un lion de profil
Médaillon du lion sur la mosaïque de l'enlèvement de Ganymède au musée de Sousse.

La mosaïque du Lion provenant de Salakta est déposée d'abord au musée archéologique de Sousse[A 1]. La mosaïque est dégagée lors de fouilles de sauvetage en 1958 dans une salle de 5,64 m sur 5,48 m[A 2] dans un bâtiment interprété comme une maison d'un marchand donc environ 30 m2 et environ 450 000 tesselles. Le lion mesure 4,50 m de longueur[A 3] ; il est représenté de profil et sur fond blanc et « deux fois plus grand que nature »[A 2]. Pline l'Ancien a décrit les lions africains[B 1]. La représentation du lion africain est réaliste, le mosaïste ayant utilisé du marbre de Chemtou[A 4]. L'œuvre se rapproche du style réaliste de l'époque des Sévères[A 5], de l'œuvre se dégage « une intense expression de vie »[B 1]. Il s'agit selon Louis Foucher de l'agrandissement d'un motif[A 6] comme on en trouve sur un médaillon d'une mosaïque de Ganymède de Sousse[B 1]. La mosaïque, issue de la maison d'un marchand[1], est datable du IIIe siècle[A 7]. Le lion était l'emblème de la corporation des Leontii[2],[B 2]. Les Leontii étaient des armateurs qui ont fait construire des thermes au début du IIIe siècle qui servaient aussi de lieu de sociabilité[B 3]. Une inscription sur une mosaïque perdue portait Nica Leontii, Victoire aux Leontii[B 1].

La mosaïque des bienfaits de la baignade et des plaisirs de la vie comprend une inscription latine EN PERFECTA CITO BAIARV(m) GRATA VOLVPTAS/VNDANTESQUE FLVVNT AQ(uae) SAXI DE RVPE SVB IMA/NISIBUS HIC NOSTRIS PROSTRATVS LIBOR ANHELAT/QVISQVIS AMAT FRATRVM VENIAT MECVMQ(ue) LAETETVR[1].

Mosaïque noire sur fond blanc avec en arrière plan un phare à étage qui se trouve au-dessus de deux navires dont l'un à trois mâts ; deux dauphins en dessous mordent les tentacules d'un calamar ou d'un poulpe
Statio 23 de la place des Corporations, une réplique est présente dans le musée.

On y trouve aussi une réplique de la mosaïque des marchands de Sullecthum de la place des Corporations d'Ostie[2] : Statio 23 de la place : sous un phare à étage se trouvent deux navires dont l'un à trois mâts ; deux dauphins en dessous mordent les tentacules du calamar ou d'un poulpe. L'inscription désigne les naviculaires de Syllectum avec une formule de vœux N F (pour Navicularii Feliciter, « bonne chance aux armateurs »). Le phare de Syllectum a peut-être servi de modèle au minaret de la grande mosquée de Kairouan[1].

Images externes
Mosaïque du Lion.
Mosaïque des bienfaits de la baignade et des plaisirs de la vie.

Amphores

  • Timbres d'amphores de l'Antiquité jusqu'à la période byzantine[1] ;
  • Mosaïques comportant aussi des inscriptions permettant d'évoquer le rôle commercial des habitants de la ville[2].

Matériel d'origine funéraire

Vestiges avec des murs localisant un lieu de fabrication du garum. Au second plan de la végétation est présente et en arrière-plan un bâtiment blanc
Éléments du site archéologique de Salakta, usine de fabrication de garum.

Les vestiges trouvés en contexte funéraire présents dans le musée sont d'origine punique et romaine :

À l'extérieur du musée se trouvent des tombes à caisson datées de la fin de l'Antiquité[1].

Notes et références

  1. « Salakta », sur inp2020.tn (consulté le ).
  2. « Musée archéologique de Sallacta », sur patrimoinedetunisie.com.tn (consulté le ).
  3. ↑ Bastien Chappuis, « Redonner vie au musée de Salakta : un hackathon entre tradition et modernité », Réalités,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  • « L'édifice au lion de Sullecthum (Tunisie) »
  • Splendeurs des mosaïques de Tunisie
  1. Yacoub 1995, p. 273.
  2. ↑ Yacoub 1995, p. 272.
  3. ↑ Yacoub 1995, p. 271.

Voir aussi

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Caroline Gaultier-Kurhan, Le patrimoine culturel africain, Paris, Maisonneuve et Larose, , 408 p. (ISBN 978-2-706-81525-6).
  • Myriam Morel-Deledalle, « L'édifice au lion de Sullecthum (Tunisie) », Africa, vol. VII-VIII,‎ , p. 55-115 (lire en ligne, consulté le ). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jihen Nacef, La production de la céramique antique dans la région de Salakta et Ksour Essef (Tunisie), Oxford, Archaeopress Publishing Ltd, (ISBN 978-1-78491-172-0).
  • Mohamed Yacoub, Splendeurs des mosaïques de Tunisie, Tunis, Agence nationale du patrimoine, , 421 p. (ISBN 978-9973917232). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Liens internes

Liens externes

  • « Musée archéologique de Sallacta », sur patrimoinedetunisie.com.tn (consulté le ). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • « Salakta », sur inp2020.tn.tn (consulté le ). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • « Sullecthum », sur ostia-antica.org (consulté le ).
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