Musée de Nabeul

Musée de Nabeul
Façade du musée archéologique de Nabeul.
Informations générales
Nom local
(ar) متحف نابل
Type
Ouverture
Visiteurs par an
1 108 ()
Collections
Collections
Libyco-punique
Romaine
Genre
Mosaïques
Sculptures
Céramiques
Localisation
Localisation
Coordonnées
36° 27′ 03″ N, 10° 44′ 11″ E
Carte

Le musée de Nabeul (arabe : متحف نابل) est un musée archéologique tunisien situé dans la ville de Nabeul, dont le but est de rassembler quelques-uns des objets découverts lors des fouilles ayant eu lieu sur divers sites du cap Bon.

Le musée abrite certaines des pièces emblématiques du très important sanctuaire phénico-punique de Thinissut ainsi que des mosaïques issues de la Maison des Nymphes de Néapolis.

Histoire

Le musée est inauguré en 1984[1].

Collection

Quatre statues en terre cuite derrière une vitre de protection
Vitrine avec des statues provenant du sanctuaire de Thinissut.

Les collections proviennent, pour la plupart, du site antique de Néapolis mais des pièces appartenant à d'autres sites archéologiques du cap Bon, comme Kerkouane et Thinissut, se trouvent également dans le musée.

Collections puniques

Les pièces antérieures à la période romaine comprennent, outre des céramiques et des amulettes de style égyptien issus de Kerkouane, des statues en terre cuite provenant du sanctuaire néo-punique de Thinissut. Ce site du cap Bon, situé à 2 km de Bir Bouregba est exploré au début du XXe siècle par Alfred Merlin[A 1]. Une partie du matériel de ces fouilles est exposée au musée national du Bardo. La datation des statues de terre cuite de Thinissut a été débattue, étant établie selon les derniers travaux à la seconde moitié du Ier siècle av. J.-C.[A 2].

Céramiques

Des lampes à huile puniques et des amphores constituent la collection de céramiques.

Statues

  • Déesse léontocéphale ;
  • Déméter allaitant Démophon ;
  • Sphinge aux seins proéminents ;
  • Statue féminine au polos.

Autres éléments d'origine punique

Plaque avec des inscriptions puniques lapidaires
Dédicace à Baal et Tanit, KAI (en) 137.

Une inscription datée du milieu du IIe siècle av. J.-C. est une dédicace de deux chapelles dédiées à Baal et Tanit péné Baal par les citoyens de Tanesmat/Thinissut[A 3].

Collections romaines

Les collections romaines sont illustrées par de nombreuses mosaïques trouvées à Néapolis parmi lesquelles celles de la Maison des nymphes. Cette maison a été datée de la troisième ou quatrième décennie du IVe siècle du fait de la découverte d'une monnaie de Constantinus Junior César. L'inscription Nymfarum domus a été découverte sur un bassin de la maison[B 1].

Dans les dernières années, le contenu du musée s'est enrichi par l'acquisition de trois mosaïques de Kélibia ainsi que par l'ouverture d'une salle consacrée à la fouille d'une fabrique de salaison de poissons[2].

Céramiques

Mosaïques

De nombreuses mosaïques exposées au musée sont issues des fouilles réalisées à Néapolis et surtout la très riche Maison des nymphes, fouillée à partir de 1965 par Jean-Pierre Darmon. Presque toutes les mosaïques concernent la mythologie et certains sont de « véritables chefs-d'œuvre »[B 1]. La thématique générale est le mariage et la création d'une maison[B 2].

  • Marsyas et Apollon provenant de Kélibia[3].
  • Mosaïque du cordonnier en provenance du même site : elle porte une inscription « Cordonnier, pas plus haut que la semelle »[3].
  • Deux coqs laissant échapper de leur bec des pièces d'or : la représentation visait à attirer la prospérité dans la maison et avait un but apotropaïque ; la mosaïque est datée de la première moitié du IVe siècle[4].
  • Affrontement de deux paons.
  • Mosaïque marine provenant de Sidi el-Mahersi.
  • Bains des nymphes : trois nymphes sont présentes avec la naissance de la source Hippocrène sous le sabot de Pégase, malheureusement abîmé[B 3].
  • Philoctète blessé a donné lieu à diverses interprétations : Philoctète est à Lemnos et reçoit une ambassade avec Ulysse, Diomède et Néoptolème ; la tête a été perdue alors que la nymphe Chrysès se trouve à gauche ; la représentation est à peu près perdue si ce n'est une épaule[B 4].
  • Noces de Bellérophon et de Philonoé, un thème qui n'était pas connu en mosaïque même si l'iconographie est connue : la représentation actualise le thème, peut-être sous l'influence du théâtre[B 5].
  • Poseïdon sauvant la nymphe Amymone.
  • Amymone repoussant un satyre, une mosaïque de taille modeste évoquant la scène dans un décor alexandrin[B 6].
  • Ambassade de Chrysès ou Chrysès suppliant Agamemnon de lui rendre sa fille captive : elle représente l'offrande des cadeaux de mariage ; la mosaïque a aussi été interprétée comme une représentation de Priam aux pieds d'Achille réclamant le corps d'Hector[B 7].

Stèles

Plaque montrant une dédicace sur cinq lignes en latin à l'empereur Auguste
Dédicace latine à Auguste Deo, AE 1912, 51 = AE 1978, 836.

Statues impériales provenant de Korbous

Évocation de la production de garum

Peinture montrant la zone portuaire avec des amphores et des bacs à poissons dans un bâtiment ouvert
Évocation de la production de garum.

Notes et références

  1. Gaultier-Kurhan 2001, p. 155.
  2. Gaultier-Kurhan 2001, p. 155-156.
  3. « Musée de Nabeul », sur patrimoinedetunisie.com.tn (consulté le )
  4. « La mosaïque des coqs de Nabeul », sur zaherkammoun.com, (consulté le ).
  • « De Tanesmat à Thinissut : nouvelles observations sur l'aménagement d'un lieu de culte africain »
  • Splendeurs des mosaïques de Tunisie
  1. Yacoub 1995, p. 90.
  2. Yacoub 1995, p. 91.
  3. Yacoub 1995, p. 91-92.
  4. Yacoub 1995, p. 93-95.
  5. Yacoub 1995, p. 95-96.
  6. Yacoub 1995, p. 92-93.
  7. Yacoub 1995, p. 97-98.

Voir aussi

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Samir Aounallah et Mounir Fantar, À la découverte du Cap Bon : guide touristique et archéologique, Tunis, Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle, , 96 p. (ISBN 978-9973954091).
  • Jean-Pierre Darmon, Nymfarum domus : les pavements de la maison des nymphes à Néapolis (Nabeul, Tunisie) et leur lecture, Leyde, Éditions Brill, , 304 p. (ISBN 978-9004059788, lire en ligne).
  • Hédi Dridi et Meriem Sebaï, « De Tanesmat à Thinissut : nouvelles observations sur l'aménagement d'un lieu de culte africain », dans Lieux de cultes : aires votives, temples, églises, mosquées : IXe colloque international sur l'histoire et l'archéologie de l'Afrique du Nord antique et médiévale, Tripoli, 19-25 février 2005, Paris, CNRS Éditions, coll. « Études d'antiquités africaines », (lire en ligne), p. 101-117. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Caroline Gaultier-Kurhan, Le patrimoine culturel africain, Paris, Maisonneuve et Larose, , 408 p. (ISBN 978-2706815256), p. 159.
  • Mohamed Yacoub, Splendeurs des mosaïques de Tunisie, Tunis, Agence nationale du patrimoine, , 421 p. (ISBN 978-9973917232). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Liens internes

Liens externes

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