Muscat de Saint-Jean-de-Minervois

Muscat de Saint-Jean-de-Minervois
Image illustrative de l’article Muscat de Saint-Jean-de-Minervois
Bouteille de muscat de Saint-Jean-de-Minervois.

Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1949
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble du Languedoc-Roussillon
Sous-région(s) Minervois
Localisation Hérault
Climat méditerranéen
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
2 169 heures (à Carcassonne)
Superficie plantée 94,5 hectares (en 2024)[1]
Nombre de domaines viticoles 1 coopérative et 6 vignerons
Cépages dominants muscat blanc à petits grains B[note 1]
Vins produits vins doux naturels blancs
Production 2 011 hectolitres (en 2024)[1]
Pieds à l'hectare minimum 4 000 ceps/ha[2]
Rendement moyen à l'hectare 21 hl/ha (en 2024)[1]

Le muscat de Saint-Jean-de-Minervois est un vin doux naturel d'appellation d'origine contrôlée produit sur le seul territoire de la commune de Saint-Jean-de-Minervois, située dans le département français de l'Hérault en région Occitanie.

Historique

Par le décret du , le muscat de Saint-Jean-de-Minervois est reconnu comme une appellation d'origine contrôlée (AOC) pour deux types de produits fait à partir de muscat doré de Frontignan sur l'unique commune de Saint-Jean-de-Minervois : d'une part du vin doux naturel (vin muté par ajout d'alcool au cours de la fermentation) contenant au moins 125 g de sucre résiduel par litre, d'autre part du vin de liqueur (moût muté pour empêcher la fermentation) conservant 178 g de sucre par litre, les deux titrant au minimum 15° d'alcool et avec un rendement maximal de 20 hl/ha[3].

En , un nouveau décret interdit les arbres fruitiers dans les parcelles, interdit l'irrigation (sauf dérogation) et rehausse le rendement maximum à 28 hl/ha[4]. En , un autre décret modifie les règles de la taille en gobelet, oblige de faire les vendanges en raisins entiers et monte le rendement maximum à 30 hl/ha[5].

Le cahier des charges de l'appellation est publié en  : la densité doit être au minimum de 4 000 pieds/ha, le seul cépage autorisé est le muscat à petits grains blancs, le rendement butoir est à 40 hl/ha et désormais seul le vin doux naturel peut être produit sous cette appellation[6]. Ce cahier des charges est ensuite modifié en (rajout de la mention « muscat de Noël » pour du VDN conditionné jusqu'au 1er décembre de l'année de récolte)[2].

Étymologie

Le Minervois (Menerbès en occitan) correspond, géographiquement et étymologiquement, au Pagus Minerbensis de l'époque carolingienne, le « pays de Minerve » entourant le village de Minerve. Ce dernier tire son nom de la racine celtique men, la pierre[7] (comme dans menhir) et pas du nom de la déesse romaine Minerve.

Vignoble

Aire d'appellation

Images externes
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophotos du parcellaire de l'appellation
Saint-Jean-de-Minervois et son vignoble.

Le vignoble est située dans la partie orientale du Minervois, pays de basses collines qui s'étend de la montagne Noire au fleuve Aude. L'aire d'appellation pouvant produire ce muscat est limitée au territoire de la seule commune de Saint-Jean-de-Minervois[2].

Orographie et géologie

Le terroir est constitué de plateaux calcaires très caillouteux, chauds et d'une altitude relativement élevée (entre 250 et 280 m)[8].

Climatologie

Encépagement

Pour l'élaboration de ce vin doux naturel, le seul cépage admis est le muscat blanc à petits grains[2] B[note 1].

Méthodes culturales

Les vignes produisant le muscat de Saint-Jean-de-Minervois doivent être taillées à deux bourgeons francs au maximum au-dessus du bourrillon[2].

Vins

Le muscat de Saint-Jean-de-Minervois est une appellation de vin doux naturel uniquement en blanc. Sur son aire de production, les vignerons peuvent aussi fabriquer de l'« appellation sous-régionale » (selon la hiérarchie mise en place par le CIVL)[9] minervois (un vin sec, dans les trois couleurs), de l'« appellation régionale » languedoc (dans les trois couleurs), plusieurs IGP (pays-d'oc, terres-du-midi, aude et le-pays-cathare) et du vin sans indication géographique (VSIG, sous le nom de « Vin de France »).

Volumes

Selon le service des Douanes, les données de production des années récentes sont[1] :

Année muscat de Saint-Jean-de-Minervois
superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha)
2022 114 2 581 23
2023 105 2 017 19
2024 94,5 2 011 21

Vinification et élevage

Pour avoir droit à l'appellation de « muscat de Saint-Jean-de-Minervois », les vins doivent être obtenus avec des moûts possédant obligatoirement une richesse en sucre correspondant à 14 degrés d'alcool en puissance dans lesquels a été fait en cours de fermentation un apport de 5 % au minimum et de 10 % au maximum d'alcool titrant au moins 90°, donnant aux vins faits un minimum de 15° en présence d'un excès minimum de sucre naturel de 125 grammes par litre[2].

Gastronomie

La sauce au vin muscat est l'une des nombreuses déclinaisons culinaires de ce vin doux naturel. Ses arômes muscaté et de raisin frais le font aussi intervenir dans la préparation de cocktails, amuse-gueules, potages, entrées, poissons et crustacés, volailles et viandes, légumes et desserts[10].

Références

Notes

  1. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.

Références

  1. « Open Data | Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects », sur www.douane.gouv.fr (consulté le ).
  2. « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « MUSCAT DE SAINT-JEAN-DE-MINERVOIS » » [PDF], homologué par le décret no 2011-1789 du publié au JORF du .
  3. « Décret du 10 novembre 1949 relatif à la définition de l’appellation contrôlée « Muscat de Saint-Jean-de-Minervois » », publié au JORF du .
  4. « Décret du 19 mai 1972 concernant les appellations d'origine contrôlées « Frontignan », « Muscat de Frontignan » ou « Vin de Frontignan », « Muscat de Lunel », « Muscat de Beaumes-de-Venise », « Muscat de Saint-Jean-de-Minervois », « Muscat de Mireval » », publié au JORF du p. 5123-5124.
  5. « Décret du 25 août 2003 modifiant le décret du 10 novembre 1949 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Muscat de Saint-Jean-de-Minervois » », publié au JORF no 200 du .
  6. « Décret n° 2009-1231 du 13 octobre 2009 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Muscat de Saint-Jean-de-Minervois », « Muscat de Mireval », « Muscat de Lunel », « Muscat de Frontignan » ou « Frontignan » ou « Vin de Frontignan », « Muscat de Beaumes-de-Venise », « Rasteau », « Muscat du Cap Corse », « Banyuls », « Banyuls grand cru » et « Maury » », publié au JORF no 0239 du .
  7. Philippe Assié, Minerve, Cité Cathare, Portet-sur-Garonne, Loubatières, , 30 p. (ISBN 2-86266-153-8, lire en ligne)
  8. Fiche produit sur le site de l'INAO
  9. « Le socle et la hiérarchie », sur languedoc-aoc.com (consulté le ).
  10. Marie Christian, Ma cuisine au muscat

Voir aussi

Bibliographie

  • Charles Pomerol, sous la direction de, Terroirs et vins de France. Itinéraires œnologiques et géologiques, Éd. du BRGM, Orléans, 1990 (ISBN 2715901062)
  • Alain Laborieux, Muscats, des vins, des terroirs, une histoire, Éd. Sud Espace, Montpellier, 1997 (ISBN 2-906334-55-3).

Liens externes

Articles connexes

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