Muskeg (véhicule)

Muskeg
Muskeg original.
Type
Conception
Pays d'origine
Fabrication
Fabricants
Utilisation
Utilisateurs
Ouvrier forestier (d), explorateur polaire (d)
Usage

Le Muskeg (type de tourbière en langue algonquine) se démarque par ses deux chenilles larges avec train chenillé à double roue dont la faible pression au sol lui donne accès aux terrains marécageux. Il sera utilisé partout dans le monde: dans les rizières, dans les Alpes pour le transport de skieurs, dans le Sahara pour le dégagement des routes. En version Carrier (moteur avant sous la cabine surélevée et plateforme arrière), le tracteur Muskeg s'est vendu jusqu'en 1983[1].

Histoire

À partir de 1949, le gouvernement du Québec généralise le déneigement des routes dans tout le Québec. Le créneau de vente d'autoneiges est coupé drastiquement et Bombardier se diversifie en produisant des véhicules chenillés pour l'exploration pétrolière et par la suite, le travail en forêt.

Bombardier s’est inspiré des véhicules qu’il a développé pendant la Seconde Guerre mondiale pour l’armée canadienne[2]. En 1942, Bombardier fabrique l’autoneige B-1 (volant à droite; B-2 volant à gauche) dérivée du B-12 avec des chenilles plus larges (17,5 po) et une voie élargie de 38 po à 57 po (après la guerre, le B-1 est doté d'une carrosserie plus large avec fenêtres rectangulaires et devient le C-18 qui servira comme ambulance, autobus scolaire et transport en hiver en zone rurale). Suite à la faible performance de la direction à skis du B-1, l’armée demande à Bombardier de fabriquer une chenillette. Le , Bombardier essaie un prototype no 1 avec un train chenillé de B-12 qui roule en sens inverse (moteur avant et barbotins d’entraînement à l’arrière) et dont les performances satisfont l’armée. En 1942, le prototype no 2 avec cabine (nommé kaki) utilise les chenilles plus larges du B-1 et est suivi d’un prototype no 3 avec des chenilles de 30,5 po à simple roue. Le développement du kaki, (léger, rapide et avec cabine chauffée), est stoppé lorsque le British Ministry of Supply commande une chenillette blindée de reconnaissance (lourde, lente et sans cabine), pour deux personnes (un conducteur et un observateur) selon les spécifications de l’armée et qui deviendra le Mark I (B-3) au printemps 1944 avec des chenilles à double roue de 35,5 po et le moteur à l’arrière.

En 1950, Bombardier améliore la durabilité de la chenille à double roue du Mark I, en faisant chevaucher les patins boulonnés sur la courroie centrale (pour chaque roue) et en décalant les dents du barbotin double. Il l’utilise pour fabriquer une série de camions semi-chenillé Bombardier TD avec moteur avant et des chenilles (en roue libre) au lieu de skis; ils sont expédiés en Alberta pour l'exploration pétrolière.

En 1953, Bombardier introduit la chenillette Muskeg à moteur central avec les chenilles à double roue du TD (raccourcies). Le Muskeg remporte un grand succès commercial en répondant à de multiples besoins de travaux et de transport en terrains difficiles. Au début des années soixante, les patins d'acier emboutis décalés pour chaque roue, sont remplacés par des patins pleine largeur de la chenille (avec barbotins double conventionnels).

J-5 avec remorque.

En 1955, Bombardier introduit le J-5 à moteur arrière qui est un tracteur étroit, sur chenilles étroites, qui peut être muni d’un treuil de débardage ou d’une remorque sur chenilles (en roue libre) pour les travaux forestiers. Les modèles sont: J-5 sans cabine, J-5 avec cabine, J-5 avec cabine et lame hydraulique avant (déneigement de trottoir), Red Ram avec chargeur hydraulique avant et le Ram Skidder à moteur avant (conducteur à gauche et passager à droite) avec treuil et plateforme basculante. Les J-5 sont produits jusqu'en 1972 mais ils ont inspiré les chenillettes SW de déneigement des trottoirs qui sont encore utilisées[1],[3],[4].

En 1958, le Muskeg fait partie de l'expédition Fuchs-Hillary qui est la première à traverser l'Antarctique de part en part en passant par le point géométrique du Pôle Sud. Hilary utilise un modèle à 1 place et Fuchs, un modèle à 3 places.

La division des véhicules industriels de Bombardier, qui fabrique les Muskegs, a été achetée en par la compagnie Camoplast de Sherbrooke au Québec. L’entreprise Prinoth reprend, en 2005, la division Damage de Bombardier, puis, en 2009, sa branche de véhicules utilitaires sur chenilles.

Modèles

  • À moteur central: tracteur sans cabine (style J-5), cabine1 place, cabine 3 places, cabine pleine grandeur (full cab; probablement produit à un seul exemplaire visible dans les archives de Bombardier), modèle BB (amphibie);
  • À moteur avant (Carrier) et cabine avancée (3 places au-dessus du moteur)1958: modèle S standard, modèle HDW à plate-forme inclinable et treuil (Heavy Duty Winch), modèle à cabine 6 places;
  • À 4 chenilles (4 tracks freighter).

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. « De 1949 à 1958 : Les véhicules industriels », Musée J-Armand Bombardier (version du sur Internet Archive)
  2. (en) Canadian Government; Army Engineering Design Branch department of Munitions & Supply, Design Record, Canadian-Developed Military Vehicles World War II, Vol III Mud & Snow Vehicles,, Ottawa, Canada, (lire en ligne)
  3. Musée Bombardier (video disponible).
  4. « SW50 Véhicule de déneigement chenillé », Prinoth (consulté le ).
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