Myrianida prolifera

Myrianida prolifera est une espèce de vers annélides marins cosmopolites de la famille des Syllidae.

Description

Chez les individus adultes, le corps de Myrianida prolifera atteint jusqu’à 2 cm de longueur et peut comporter jusqu’à 70 segments. Le prostomium, arrondi, porte quatre yeux en forme de lentilles qui ne se touchent pas. Les palpes, peu développés, sont à peine visibles en vue dorsale. L’antenne médiane est plus longue que les deux antennes latérales, ces dernières étant au moins trois fois plus longues que le prostomium lui-même[1],[2].

Les cirres tentaculaires dorsaux sont aussi longs que les antennes latérales, tandis que les cirres ventraux ne mesurent que la moitié de cette longueur. On trouve également des cirres ventraux ainsi qu'un à trois acicules. Les cirres dorsaux du premier segment porteur de soies sont au moins aussi longs que l’antenne médiane. Tous les autres cirres dorsaux varient en longueur, les plus longs étant au moins aussi longs que la largeur du segment.

Les lames des soies composées portent deux dents, dont celle située vers l’extrémité est plus petite. À partir du troisième segment, les parapodes portent une soie supplémentaire en forme d’aiguille, dentelée sur la tige. Le pharynx, rétractable et torsadé en forme de S, est couronné d’un trépan doté de 10 à 36 dents identiques[2].

L’animal est translucide, de couleur jaune ou légèrement rougeâtre, avec de nombreuses granulations rondes, transparentes ou jaune-orange. Les extrémités des appendices des segments antérieurs sont souvent rougeâtres.

Répartition et habitat

Myrianida prolifera est une espèce cosmopolite[3], présente dans l’Arctique, l’océan Atlantique nord (y compris la mer du Nord, le Skagerrak, la Manche et la Méditerranée[4]), ainsi que le long des côtes de l’Afrique du Sud. Elle vit entre les grandes algues et les hydrozoaires coloniaux, sur les côtes rocheuses, de la zone de marée jusqu’à environ 50 m de profondeur.

Cycle de vie

Myrianida prolifera est une espèce gonochorique, c’est-à-dire que les sexes sont séparés. Elle vit d’abord sous forme d’atoque, un individu asexué et immature qui, à maturité sexuelle, produit par schizogamie jusqu’à huit stolons alignés en chaîne. Ces stolons, appelés épitokes, sont des individus libres, nageurs et prêts à s’accoupler, dotés d’une tête et d’yeux, mais incapables de s’alimenter et donc de courte durée de vie. L’individu parent peut survivre plus longtemps et produire d’autres stolons[5],[6].

Lors de la reproduction, les épitokes mâles et femelles, remplis respectivement de spermatozoïdes et d’ovules dans leurs segments antérieurs, essaiment en grand nombre vers la surface de l’eau. Les spermatozoïdes sont libérés dans l’eau par le mâle et capturés par la femelle, où ils fécondent les ovules. Les œufs restent dans un sac ovigère ventral chez la femelle jusqu’à l’éclosion des larves trochophores libres. Les épitokes meurent après l’accouplement ou l’éclosion des larves, qui, après une phase pélagique, descendent et se métamorphosent en vers benthiques[7].

Alimentation

Myrianida prolifera est un carnivore qui se nourrit des polypes d’hydrozoaires sessiles[5].

Systématique

Le nom valide complet (avec auteur) de ce taxon est Myrianida prolifera (O.F. Müller, 1788)[8].

L'espèce a été initialement classée dans le genre Nereis sous le protonyme Nereis prolifera O.F. Müller, 1788[8],[9].

Les Syllidae constituent l’une des familles les plus complexes de polychètes, regroupant un grand nombre d’espèces et de genres (plus de 700 espèces réparties dans plus de 70 genres). Ils sont cependant relativement faciles à identifier, car chacun possède une spécialisation du tube digestif appelée le proventricule, souvent visible à travers leur corps translucide[10].

Myrianida prolifera a pour synonymes[8] :

  • Autolytus agassizii Quatrefages, 1866
  • Autolytus ehbiensis Saint Joseph, 1887
  • Autolytus hesperidum Claparède, 1868
  • Autolytus prolifer (O. F. Müller, 1788)
  • Autolytus prolifera (O.F. Müller, 1788)
  • Crithida prolifera (Müller, 1788)
  • Nereis prolifera O.F. Müller, 1788

Publication originale

Notes et références

(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Myrianida prolifera » (voir la liste des auteurs).
  1. (en) Guillermo San Martín et Tim M. Worsfold, « Guide and keys for the identification of Syllidae (Annelida, Phyllodocida) from the British Isles (reported and expected species) », ZooKeys, no 488,‎ , p. 1–29 (ISSN 1313-2989, PMID 25878521, PMCID 4389122, DOI 10.3897/zookeys.488.9061, lire en ligne, consulté le )
  2. (en) Anna Filippova, Günter Purschke, Alexander B. Tzetlin et Monika C. M. Müller, « Musculature in polychaetes: Comparison of Myrianida prolifera (Syllidae) and Sphaerodoropsis sp. (Sphaerodoridae) », Invertebrate Biology, vol. 129, no 2,‎ , p. 184–198 (ISSN 1744-7410, DOI 10.1111/j.1744-7410.2010.00191.x, lire en ligne, consulté le )
  3. (en) GBIF, « Search occurrences of Myrianida prolifera », sur www.gbif.org (consulté le )
  4. (en) Frédéric Olivier, Cindy Grant, Guillermo San Martín et Philippe Archambault, « Syllidae (Annelida: Polychaeta: Phyllodocida) from the Chausey Archipelago (English Channel, France), with a description of two new species of the Exogoninae Prosphaerosyllis », Marine Biodiversity, vol. 42, no 1,‎ , p. 55–63 (ISSN 1867-1624, DOI 10.1007/s12526-011-0092-1, lire en ligne, consulté le )
  5. (en) Otto Larink, Wilfried Westheide, Coastal Plankton: Photo Guide for European Seas, Verlag Dr. Friedrich Pfeil, , 192 p. (ISBN 978-3-89937-127-7), p. 94
  6. Barrie G. M. Jamieson, Greg Rouse, Fredrik Pleijel, Reproductive Biology and Phylogeny of Annelida, CRC Press, (ISBN 978-1-4822-8015-9)
  7. (en) K. -L. Schiedges, « Reproductive biology and ontogenesis in the polychaete genus Autolytus (Annelida: Syllidae): Observations on laboratory-cultured individuals », Marine Biology, vol. 54, no 3,‎ , p. 239–250 (ISSN 1432-1793, DOI 10.1007/BF00395786, lire en ligne, consulté le )
  8. World Register of Marine Species, consulté le 10 septembre 2025.
  9. Müller 1788, p. 15-16
  10. (en) M. Teresa Aguado, Guillermo San Martín et Mark E. Siddall, « Systematics and evolution of syllids (Annelida, Syllidae) », Cladistics, vol. 28, no 3,‎ , p. 234–250 (ISSN 1096-0031, DOI 10.1111/j.1096-0031.2011.00377.x, lire en ligne, consulté le )

Voir aussi

Liens externes

Bibliographie

  • (en) J. D. Fish et S. Fish, A Student’s Guide to the Seashore, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-04-574044-4, DOI 10.1007/978-94-011-5888-6, lire en ligne)
  • (en) Peter J. Hayward et John S. Ryland, Handbook of the Marine Fauna of North-West Europe, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-954944-3, DOI 10.1093/acprof:oso/9780199549443.001.0001, lire en ligne)
  • (en) Otto Larink et Wilfried Westheide, Coastal Plankton: Photo Guide for European Seas, Verlag Dr. Friedrich Pfeil, (ISBN 978-3-89937-127-7)
  • Patrick Martin, « L’arbre du vivant : classification phylogénétique des Annélides », Biosystema, Éditions Matériologiques, vol. 30, no 1,‎ , p. 49‑67 (ISSN 1142-7833, DOI 10.3917/biosy.030.0049)
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