Nécropole d'Ittiari

Nécropole d'Ittiari
Image illustrative de l’article Nécropole d'Ittiari
Façade de la tombe IV.
Localisation
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Sardaigne
Province Sassari
Commune Osilo
Coordonnées 40° 45′ 50″ nord, 8° 39′ 33″ est
Géolocalisation sur la carte : Sardaigne
(Voir situation sur carte : Sardaigne)
Nécropole d'Ittiari
Nécropole d'Ittiari
Géolocalisation sur la carte : Italie
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Nécropole d'Ittiari
Nécropole d'Ittiari

La nécropole d'Ittiari est un site préhistorique, situé dans la commune d'Osilo, dans la province de Sassari, en Sardaigne (Italie). La nécropole regroupe 8 tombes des géants du type « hypogée à façade architecturale » aménagées durant la période nuragique à partir d' anciennes domus de janas néolithiques ou creusées durant l'âge du Bronze.

Nécropole

La nécropole d’Ittiari se développe sur le versant oriental d’une col orienté nord-sud,entre les hauteurs des monts Uttari et Enittu, au nord-nord-ouest de la ville d'Osilo. Elle se compose de huit tombes hypogées réparties en trois groupes : au nord, le noyau principal de regroupe cinq tombes (tombes IV à VIII), au centre, deux hypogées contigus (tombes II et III), et plus au sud, isolée et distante, la tombe I. Les tombes sont en partie aménagées à partir de précédentes domus de janas néolithiques, et en partie constituées de nouvelles réalisations de l’âge du Bronze[1].

Tombe I

La tombe I, distante d’environ 140 mètres du groupe médian, est une hypogée creusée durant l'âge du bronze dans un petit affleurement calcaire, elle a été réutilisée à une période récente[1].

La façade, haute au maximum d’environ 3,30 m, est assez ruinée et l’on ne distingue pas facilement l’exèdre. La « stèle cintrée » est visible à l'état de traces : elle se compose d’une lunette supérieure, large de 1,70 m et haute de 1,25 m, surmontant un panneau inférieur de 1,90 × 0,65 m. Au-dessus de l’hypogée, la roche est sommairement aplanie, sans qu’on puisse reconnaître une véritable exèdre supérieure, mais le pseudo-tumulus est perceptible, bien que très endommagé, sur une longueur d’environ 3,50 m, avec des traces à peine visibles des trous de la « couronne bétylique » sur le couronnement de la façade[1].

Le portillon originel, orienté au nord-est, a disparu, remplacé par l’ouverture d’une véritable porte (0,90 × 1,30 m), comportant une feuillure, creusée lors d’une phase de réutilisation de l’hypogée. La chambre funéraire, à laquelle on accédait à l’origine par un bref couloir de 0,58 m, est rectangulaire (3 × 1,75 m), avec plafond plat légèrement irrégulier (hauteur maximale 1,90 m). Elle présente trois niches originelles et une quatrième plus récente. Deux niches sont disposées sur le côté droit. Elles sont très ruinées et presque fondues en une seule ouverture : elles ont un plan semi-elliptique (1,10 × 0,58 m pour la première et 1,35 × 0,65 m pour la seconde), et s’ouvrent respectivement à (0,81 et 0,61 × m du sol. Sur le côté opposé s’ouvre une troisième niche de plan quadrangulaire (1,38 × 0,42 m), avec une large ouverture également quadrangulaire, surélevée d’environ 0,40 m par rapport au sol[1].

Une petite niche rectangulaire verticale, décentrée vers la droite sur la paroi du fond, ainsi qu’un creux parfaitement carré creusé dans le sol pavé, sont le signe évident d’une réutilisation récente de l’hypogée comme abri pour des activités agricoles[1].

Tombes II et III

Les tombes II et III sont situées à un peu plus de 100 mètres du groupe principal. Elles ont été creusées dans la même paroi rocheuse basse à peu de distance l'une de l'autre.

La façade de la tombe II est bien travaillée, mais il est difficile d’en définir l’exèdre originelle. Au centre, où la paroi conserve une hauteur résiduelle d’environ 2,40 m, s’ouvre le portillon, de forme arrondie (0,55 m × 0,55 m), qui ne semble pas avoir été remanié. Il est encadré par une corniche en relief également arquée, comme dans la tombe d’Oridda à Sennori. Le motif de la « stèle cintrée » est difficilement visible, avec la lunette supérieure en relief négatif, large de 1 m et haute de quelques centimètres, surmontant le panneau inférieur (1,30 m × 1,65 m) où s’ouvre le portillon. Toute la zone du tumulus supérieur a disparu par érosion de la roche. L’entrée, orientée à l’est, débouche sur un couloir étroit de 0,75 m de long, qui mène à la chambre funéraire après un dénivelé d’environ 0,20 m. L’unique chambre de l’hypogée forme un ovale irrégulier (4,60 m × 2,60 m), avec une hauteur sous plafond d’environ 1,30 m. Le sol est rempli de terre et de pierres, contenant de nombreux restes osseux. Sur le côté droit, on remarque le début probable d’une niche à ouverture semi-circulaire, restée inachevée[1].

La tombe III est située à quelques mètres à droite de la tombe II. Toute la zone du tumulus supérieur a disparu et la partie haute de la façade est a pratiquement disparu. Comme pour la tombe II, il est impossible de délimiter l’exèdre, mais les traces du motif de la « stèle cintrée » sont visibles. La stèle est sculptée en relief négatif : elle comporte un petit panneau inférieur (1,20 m × 0,50 m), surmonté d’une lunette dont il ne reste que quelques centimètres. Contrairement à la tombe II, le portillon est ouvert sous le panneau inférieur, et non à l’intérieur. Le portillon est de forme quadrangulaire (0,45 m de côté) et mène à un couloir étroit de 0,70 m de long, dont la hauteur s'élève légèrement, de 0,45 à 0,65 m, vers l’entrée de la chambre. La chambre est rectangulaire (2,75 m × 2 m), avec plafond plat (hauteur 1,65 m) et des parois inclinées. Le sol, plus bas que l’entrée, est couvert de terre et de pierres. Deux niches s’ouvrent dans les parois. La niche de droite est semi-elliptique (1,10 m × 0,64 m), avec une ouverture quadrangulaire (0,71 m × 0,52 m) à 0,85 m du sol. Elle comporte deux trous d’écoulement liés à une réutilisation ultérieure. La niche de gauche, de forme similaire (1,13 m × 0,74 m), avec un portillon trapézoïdal (0,75 m × 0,50 m), s’ouvre à 1,05 m du sol et comporte également des trous d’écoulement[1].

Tombe IV

La tombe IV est une domus de janas néolithique transformée en tombe à façade. Elle est issue de la fusion de deux hypogées. La « stèle cintrée » est sculptée au-dessus de l’ouverture de la domus de droite, composée de trois cellules longitudinales et d’une latérale. À gauche, un autre portillon mène à une tombe avec antichambre et chambre principale, élargie par deux pièces latérales. La façade ne comporte que de faibles traces de l’exèdre. Le motif de la stèle cintrée est encore visible : la lunette mesure 1,35 m × 0,77 m et le panneau est trapézoïdal (1,75 m à la base, 1,35 m en haut, hauteur 0,70 m). Sous le panneau, le portillon, agrandi par des réutilisations ultérieures, mène à une succession de cellules quadrangulaires, reliées entre elles, communiquant avec la tombe voisine[1].

Tombe V.
Tombe VII.

Tombe V

La tombe est située à 10 m au nord de la tombe IV. Elle est en très mauvais,état du fait de l'érosion de la roche. C'est probablement une ancienne domus de janas réutilisée comme tombe à façade architectonique. Des traces de trous de couronnement sont encore visibles. La « stèle cintrée » devait comporter un panneau inférieur, aujourd’hui disparu. Un portillon agrandi (0,70 m × 1,10 m) mène à une antichambre quadrangulaire (1,50 m × 1,40 m × 0,90 m), suivie d’une chambre principale (2,20 m × 2,45 m × 1 m), élargie par deux cellules latérales. Le plan est régulier et typique des domus de janas de la culture d’Ozieri[1].

Tombe VI

La tombe a probablement été creusée durant l’âge du Bronze. La façade (2,75 m de haut) comporte une exèdre de 4,50 m de large. La stèle, en relief négatif, comporte une lunette trapézoïdale (1,25 m de base, 1,25 m de haut) et un panneau inférieur (1,20 m × 1,25 m). Le portillon (0,65 m × 0,70 m) débouche sur un court couloir (0,45 m de long), puis à une chambre unique, de plan arrondi (2,05 m × 2,30 m), avec plafond en forme de calotte (hauteur maximale 1,25 m). Le sol est couvert de terre et de pierres. Des fouilles ont révélé les restes d’au moins deux individus, des céramiques historiques (romaines républicaines) et quelques bols carénés de l’âge du Bronze[1].

Tombe VII

Selon l'archéologue Castaldi, la tombe serait une tombe à façade nouvelle, mais elle pourrait aussi correspondre à une domus de janas transformée. La façade (2,60 m de haut) comporte une exèdre irrégulière de 5 m de large avec une « stèle cintrée » en relief négatif. La lunette (1,30 m × 1 m) a été conservée, avec traces de trous de couronnement visibles. Un atrium quadrangulaire (1,65 m × 1,10 m × 0,60 m) précède l’entrée, il correspond probablement à une réutilisation d'une cellule antérieure. La chambre principale est un grand espace sub-elliptique (4,30 m × 2,60 m, hauteur 1,75 m), peut-être issu de la fusion de deux cellules. Sur le côté gauche, un portillon mène à une cellule latérale quadrangulaire (2,30 m × 2,25 m)[1].

Tombe VIII

La tombe est une ancienne domus de janas transformée en tombe à façade. La façade est ruinée, l’exèdre indéfinissable. La « stèle cintrée », au-dessus du portillon, est partiellement conservée avec une lunette (1,15 m × 0,76 m) et un panneau inférieur (1,65 m × 1,40 m). Le portillon originel a disparu, remplacé par une large ouverture moderne (1,28 m × 0,94 m). Le plan de la tombe est du type « en croix » avec une antichambre quadrangulaire (1,70 m × 2 m × 1,20 m), une chambre principale rectangulaire transversale (2,55 m × 3,10 m × 1,50 m) et trois cellules latérales quadrangulaires de respectivement 2,05 m × 2,20 m, 2,15 m × 2,10 m et 2,20 m × 2 m[1].

Notes et références

Annexes

Bibliographie

  • (it) Paolo Melis, L’ipogeismo funerario della Sardegna nuragica : Tombe di giganti scolpite nella roccia, Sassari, Carlo Delfino editore, coll. « Sardegna Archeologica, Scavi e Ricerche » (no 11), , 270 p. (ISBN 9788871388120, lire en ligne), p. 151-160.

Articles connexes


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