Nécropole du Monte d'Accodi

Nécropole du Monte d'Accodi
Image illustrative de l’article Nécropole du Monte d'Accodi
« Idole cycladique » découverte dans la tombe II.
Localisation
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Sardaigne
Province Sassari
Commune Sassari
Coordonnées 40° 47′ 30″ nord, 8° 26′ 34″ est
Histoire
Époque Néolithique
Géolocalisation sur la carte : Italie
(Voir situation sur carte : Italie)
Nécropole du Monte d'Accodi
Nécropole du Monte d'Accodi
Géolocalisation sur la carte : Sardaigne
(Voir situation sur carte : Sardaigne)
Nécropole du Monte d'Accodi
Nécropole du Monte d'Accodi

La nécropole du Monte d'Accodi est une nécropole située à environ 500 m à l'ouest du Monte d'Accoddi, dans la province de Sassari en Sardaigne. Elle regroupe 8 tombes du type domus de janas.

Historique

La nécropole de Monte d’Accoddi est mentionnée pour la première fois en 1970 dans un article paru dans le Bollettino della Società di Scienze Naturali, rédigé par Vanni Riu et Vanni Ventura. Les deux auteurs y racontent en détail leur exploration de deux tombes, la tombe I qu’ils baptisent la « Tombe du chef », et la tombe IV qu'ils appellent « Tombe des tables d’offrande ». De 1976 à 1998, la nécropole fait l’objet de plusieurs fouilles archéologiques menées par G. Tanda (tombes II‑III). Ces fouilles ont permis de recueillir un matériel archéologique d'un grand intérêt dont des idoles féminines en calcite de type « cycladique », une figure masculine incisée sur céramique, et des céramiques propres à diverses cultures pré-nuragiques, permettant de définir la période d’utilisation des tombes[1].

La nécropole

La nécropole a été creusée dans un modeste affleurement de roche calcaire situé à environ 500 m à l'ouest/nord-ouest du Monte d'Accoddi. En l’état actuel des recherches, la nécropole regroupe huit hypogées, certains avec une entrée au pied de petits reliefs rocheux, d’autres avec une entrée en puits ouverte sur le plateau. La nécropole se rattachait assurément à l’habitat préhistorique du Monte d'Accodi[1].

Tombe I

La tombe I n’a pas été fouillée. Elle comprend neuf espaces disposés de manière assez ordonnée autour d'un vaste espace central, encore encombré de terre et de blocs rocheux. L’entrée originelle, aujourd’hui invisible car ensevelie sous des débris, devait probablement s’ouvrir en pavillon. Par un portillon aujourd’hui disparu, suite à l’effondrement de la paroi, on accédait à l'antichambre de plan elliptique, aux parois curvilignes et à voûte plane. Actuellement, l’accès se fait par une cellule annexe, située au sud-est de l'espace central, dont une paroi et une grande partie du plafond se sont effondrés. Cette cellule comprend un pilier rectangulaire, presque entièrement recouvert par des racines, comportant sur sa face orientée au nord deux bucranes, sculptés en relief, sans tête distincte, aux cornes ouvertes en « V »[1].

L'espace central, de plan trapézoïdal, mesure 5,10 m de largeur sur 3,55 à 3,82 m de profondeur. Les parois sont curvilignes et le plafond est plat. Le plafond est soutenu par deux colonnes rectangulaires (0,44 à 0,47 m de largeur au milieu, 0,55 m au sommet), dont la base est enfouie dans des déblais, empêchant d’en mesurer la hauteur totale (actuellement visible sur seulement 1,10 m de hauteur). La paroi du fond comprend deux portillons d'accès vers deux autres cellules. Elle est décorée d'une « fausse porte » sculptée, encadrée par des lésènes (1,38 × 0,20 m) montant jusqu’au plafond, surmontées d’un architrave plat (1,10 × 0,40 m). La partie antérieure de la fausse porte est masquée par des débris. Les deux portillons, de forme rectangulaire, ont été travaillés différemment : celui de droite présente un simple renfoncement, tandis que celui de gauche est encadré de cinq moulures planes en négatif, aujourd’hui effacées par l'érosion de la roche[1].

Une grande cellule, de forme quadrangulaire, située au sud-ouest de l'espace central, possède trois portillons menant respectivement à trois petits espaces dont un comprend les restes d'une colonne circulaire. La grande cellule située au nord de l'espace central comporte également une colonne rectangulaire. Au total, cinq espaces de l’hypogée possèdent des colonnes[1].

Au nord-est de l'espace central, une cellule quadrangulaire aux angles arrondis est divisée en trois secteurs longitudinaux par des reliefs rocheux plats. Le secteur gauche est lui-même subdivisé en deux parties par un relief transversal de 2 m de longueur. À l'origine le secteur central devait servir de couloir pour accéder à deux petites cellules situées à l'extrémité nord-est de la tombe, tout en facilitant les dépôts funéraires dans les secteurs latéraux, dont les sols sont surélevés de 30 cm à gauche et 40 cm à droite[1]. Le secteur droit comporte une colonne rectangulaire, aux surfaces bien travaillées et décorées. La face de la colonne tournée vers l’entrée de la cellule, est décorée de quatre bucranes sculptés en relief. D’autres bucranes similaires sont visibles sur le côté de la colonne tournée vers le centre et un autre sur celui tourné vers le nord-est mais il est plus difficilement lisible. En face de cette colonne, un gradin semi‑circulaire sert de marche pour franchir un dénivelé. Deux autres bucranes en relief curviligne sont visibles sur le côté gauche du portillon menant aux deux cellules de l'extrémité nord-est. La première cellule s'apparente à une petite antichambre desservant une seconde cellule transversale également divisée en trois secteurs par deux reliefs peu marqués[1].

Notes et références

Annexes

Bibliographie

  • (it) Mario Masia, « Tomba del capo di Monte d’Accoddi », dans Mario Masia, Sassari Nella Preistoria, Sassari, Editrice Democratica Sarda, , 189 p. (ISBN 978-88-6025-172-5), p. 40-45

Articles connexes

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