Nanon Balbien

Mademoiselle Balbien
Biographie
Naissance
Décès
Activité

Anne Balbien, dite Nanon Balbien ou mademoiselle Balbien, née à Meaux en 1646, morte à Saint-Cyr-l'École en 1705, est la femme de confiance de madame de Maintenon : d'abord sa servante, puis sa première demoiselle d'honneur, gouvernante de la future duchesse de Noailles, économe et maîtresse générale des classes de la Maison royale de Saint-Louis, à Saint-Cyr.

Biographie

On connaît mal ses origines[1]. Elle est la fille d'un bourgeois de Paris[2]. En 1662, elle devient servante de Françoise d'Aubigné, veuve depuis deux ans du poète Paul Scarron[3]. Elle va la suivre partout.

En 1683, la veuve Scarron, devenue marquise de Maintenon, épouse secrètement Louis XIV[4]. En 1685, Nanon Balbien devient officiellement « première damoiselle d'honneur de madame la marquise de Maintenon[5],[6] ». Celle-ci la nomme gouvernante de sa nièce, Françoise Charlotte d'Aubigné, future duchesse de Noailles[6],[7].

En 1686, madame de Maintenon ouvre la Maison royale de Saint-Louis, à Saint-Cyr. Nanon Balbien y joue un rôle important en tant qu'économe[8]. Elle est en outre maîtresse générale des classes[6], chargée de veiller à ce que les pensionnaires respectent leurs enseignantes[9]. Elle est « établie supérieure de toutes les personnes séculières et de toute l'administration extérieure[7] ».

« Plus vous connaîtrez Nanon, écrit madame de Maintenon à madame de Brinon, plus vous l'aimerez : elle a de la vertu, du bon esprit, une douceur que je lui envie tous les jours, car elle est mêlée de fermeté[10] »

La proximité de Nanon Balbien avec madame de Maintenon lui vaut de la considération à la cour :

« C'était, dit Saint-Simon, une demi-fée, à qui les princesses se trouvaient heureuses quand elles avaient occasion de lui parler et de l'embrasser, toutes filles du roi qu'elles fussent, et à qui les ministres qui travaillaient chez madame de Maintenon faisaient la révérence bien bas[11]. »

Le mémorialiste rapporte que durant l'été 1696 la duchesse du Lude (sv) convoite la place de dame d'honneur de la future duchesse de Bourgogne. Mais les prétendantes sont nombreuses, et la duchesse du Lude n'est nullement en faveur auprès du roi ni de madame de Maintenon. Elle a recours alors à Nanon Balbien qui, moyennant 20 000 écus[note 1] comptant, accepte d'intervenir. À la surprise générale, madame du Lude est choisie[12]. « Et voilà les cours ! se désole Saint-Simon. Une Nanon qui en vend les plus importants et les plus brillants emplois ; et une femme riche, duchesse, de grande naissance par soi et par ses maris […] a la folie d'acheter chèrement sa servitude[11]! »

Nanon Balbien meurt le [13].

Notes et références

Notes

  1. L'équivalent en 2025 de 1 147 660 euros.

Références

  1. Yves Coirault, dans Saint-Simon, Mémoires, t. I, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », , p. 310, note 4.
  2. Théophile Lavallée, Madame de Maintenon et la Maison royale de Saint-Cyr, Paris, Plon, (lire en ligne), p. 58.
  3. Marie-Joëlle Guillaume, « Madame de Maintenon. Celle qui murmurait à l’oreille du Roi-Soleil », sur cairn.info, Le Grand Siècle au féminin, Paris, Perrin, 2022.
  4. Alban Dignat, « 9 octobre 1683. Le mariage secret de Louis XIV », sur herodote.net, 10 octobre 2022 (consulté le 4 janvier 2026).
  5. Yves Coirault dans Saint-Simon 1985, t. V, p. 576, note 7.
  6. (en) Mark Bryant, Françoise d'Aubigné, Marquise de Maintenon: Religion, Power and Politics, Queen Mary University of London, (lire en ligne), p. 207.
  7. Lavallée 1862, p. 140.
  8. Lavallée 1862, p. 74.
  9. Achille Taphanel, Mémoires de Manseau, intendant de la maison royale de Saint-Cyr, dans Revue de l'histoire de Versailles et de Seine-et-Oise, sur archive.org, Versailles, Bernard ; Paris, Picard, 1899, p. 69.
  10. Lettre du , Lettres originales de madame de Maintenon adressées à madame de Brinon, à Saint-Cyr (1681-1693), sur gallica.bnf.fr, manuscrit, p. 99. Madame de Brinon, amie de longue date de madame de Maintenon, est la supérieure de la Maison royale de Saint-Louis.
  11. Saint-Simon 1983, t. I, p. 310.
  12. Saint-Simon 1983, t. I, p. 307-311, 313.
  13. Bryant 2001, p. 204.
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