Neue Heimat
| Neue Heimat Gemeinnützige Wohnungs- und Siedlungsgesellschaft m.b.H. | |
| |
Siège social à Hohenfelde, Hambourg (1956-1958), conçu par Ernst May | |
| Création | 1926 |
|---|---|
| Disparition | 1998 |
| Forme juridique | Gesellschaft mit beschränkter Haftung |
| Siège social | Hambourg |
| Actionnaires | Confédération allemande des syndicats |
Neue Heimat Gemeinnützige Wohnungs- und Siedlungsgesellschaft m.b.H. (littéralement « Nouvelle Patrie »), abrégé en Neue Heimat (NH), était une société immobilière allemande à but non lucratif dont le siège était à Hambourg. Elle appartenait à la Confédération allemande des syndicats (DGB) et à ses syndicats affiliés. Elle est issue d'une société immobilière à but non lucratif fondée à Hambourg en 1926[1]. Après 1950, Neue Heimat est devenue la plus grande entreprise de construction de logements non étatique en Europe[2], construisant plus de 460 000 appartements jusqu'en 1982[3]. L'année 1998 marque la fin de la liquidation du groupe[4].
Histoire
Après l’expropriation des associations syndicales de logement par les nazis, leurs biens sont transférés au Front allemand du travail en 1933[5]. Depuis 1939, le nom unique de « Neue Heimat » est utilisé. Après la réforme monétaire (1948), la fondation de la République fédérale d'Allemagne (1949) et la restitution des logements aux syndicats (1948-1955), un groupe d'entreprises basé à Hambourg se développe, actif dans toute l’Allemagne de l'Ouest lors de la crise du logement d’après-guerre. L’entreprise construit des cités pour la location de logements, mais propose aussi des appartements en propriété occupante et des maisons individuelles[6].
Dans les « longues années soixante »[7], Neue Heimat s’est diversifiée dans des secteurs échappant à la législation allemande sur le logement social (« Wohnungsgemeinnützigkeit »). Celle-ci prévoyait jusqu’en 1990 des avantages fiscaux et des prêts subventionnés pour les sociétés à but non lucratif, en contrepartie d’un plafonnement des profits et des loyers[8]. Neue Heimat s’est aussi engagée dans l’urbanisme, la construction d’hôpitaux, de mairies, de centres commerciaux, etc. et à l’étranger. Au début des années 1970, la structure devient un groupe poursuivant à la fois des objectifs à but lucratif et non lucratif[9].
En 1973, plus de 1,5 million de personnes vivent dans des logements Neue Heimat[10]. Malgré la crise pétrolière de 1973 et le contexte économique difficile, l’entreprise poursuit sa croissance, ce qui mène à de graves difficultés financières et à sa dissolution[11].
En 1982, des révélations du magazine Der Spiegel déclenchent une crise de légitimité : plusieurs membres du directoire se sont enrichis au détriment de l’entreprise et des locataires. En , les syndicats vendent le groupe à Horst Schiesser, entrepreneur extérieur au secteur, mais la transaction est annulée quelques semaines plus tard. Les actifs immobiliers sont alors vendus progressivement, de même que les filiales[12],[13].
Le coût de la liquidation de la partie lucrative du groupe pour la DGB et les syndicats est estimé à 1 milliard de DM[14] ; les pertes liées à la liquidation de la partie à but non lucratif ne sont pas connues[15].
Bâtiments et de grands complexes immobiliers (Exemples)
-
Immeuble à Barmbek-Nord (Hambourg), reconstruit après la Seconde Guerre mondiale -
Vue aérienne de la « Gartenstadt Farmsen » à Hambourg (1953/54) -
Frankfurt-Nordweststadt, construit entre 1962 et 1968 -
Mairie d'Offenbach-sur-le-Main, construite entre 1968 et 1971 -
Maisons témoins Neue Heimat à Kiel-Suchsdorf -
Centre de congrès et hôtel sur pilotis à Monaco (1972-1978), aujourd’hui Fairmont Monte Carlo -
Passy (Paris): Passy Kennedy (devant), construit entre 1974 et 1981 -

Bibliographie
- Kunz, Andreas : Die Akte Neue Heimat. Krise und Abwicklung des größten Wohnungsbaukonzerns Europas 1982–1998. 2 vol., Campus Verlag, Francfort, 2003, (ISBN 3-593-37164-2).
- Kramper, Peter : Neue Heimat. Unternehmenspolitik und Unternehmensentwicklung im gewerkschaftlichen Wohnungs- und Städtebau 1950–1982. Franz Steiner Verlag, Stuttgart, 2008, (ISBN 978-3-515-09245-6).
- Kramper, Peter, « Das Unternehmen als politisches Projekt: Die Neue Heimat 1950–1982 », Mitteilungsblatt des Instituts für soziale Bewegungen, no 44, , p. 89–102 (lire en ligne [archive du ] [PDF], consulté le )
- Lepik, Andres ; Strobl, Hilde (dir.) : Die Neue Heimat (1950–1982). Eine sozialdemokratische Utopie und ihre Bauten (catalogue d’exposition), Edition Detail, Munich, 2019, (ISBN 978-3-95553-476-9).
- Schwarz, Ullrich ; Frank, Hartmut (dir.) : Neue Heimat. Das Gesicht der Bundesrepublik. Bauten und Projekte 1947–1985, Dölling und Galitz, Hambourg, 2019, (ISBN 978-3-86218-112-4).
Notes et références
- ↑ (de) Hoffmann, Karl H., « Neue Heimat - Kapitel 1 » (consulté le )
- ↑ (de) « Die Neue Heimat im Museum für Hamburgische Geschichte » (consulté le )
- ↑ Strobl, Hilde : « Hohe Häuser, lange Schatten ». Die Bauten des Gewerkschaftsunternehmens Neue Heimat. In : Lepik, Andres ; Strobl, Hilde (dir.) : Die Neue Heimat (1950–1982). Eine sozialdemokratische Utopie... Munich 2019, p. 9–19, ici p. 9.
- ↑ Kramper, Peter : Neue Heimat. Unternehmenspolitik... Stuttgart 2008, p. 605-606.
- ↑ (de) Hoffmann, Karl H., « Neue Heimat - Kapitel 2 » (consulté le )
- ↑ (de) Hoffmann, Karl H., « Neue Heimat - Kapitel 3 » (consulté le )
- ↑ Expression de l’historien Detlef Siegfried pour la période 1958-1973. Voir (de) Siegfried, Detlef, « "Trau keinen über 30"? Konsens und Konflikt der Generationen in der Bundesrepublik der langen sechziger Jahre », Aus Politik und Zeitgeschichte, no 45, , p. 25–32 (lire en ligne)
- ↑ (en) Haumann, Sebastian, « Public Housing in West Germany: Expansion and Crisis of the Neue Heimat », Journal of Urban History, vol. 48, no 1, , p. 182–186 (DOI 10.1177/0096144220959650, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (de) Hoffmann, Karl H., « Neue Heimat - Kapitel 4 » (consulté le )
- ↑ (de) Eglau, Otto, « "König Alberts" Allmacht », sur Die Zeit, (consulté le )
- ↑ (de) Hoffmann, Karl H., « Neue Heimat - Kapitel 5 » (consulté le )
- ↑ Kramper, Peter : Neue Heimat. Unternehmenspolitik... Stuttgart 2008, p. 596–600
- ↑ (de) Kramper, Peter, « Das Ende der Gemeinwirtschaft. Krisen und Skandale gewerkschaftseigener Unternehmen in den 1980er Jahren », Archiv für Sozialgeschichte, no 52, , p. 111–138, ici p. 116–118 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (de) Kramper, Peter, « Das Ende der Gemeinwirtschaft. Krisen und Skandale gewerkschaftseigener Unternehmen in den 1980er Jahren », Archiv für Sozialgeschichte, no 52, , p. 111–138, ici p. 120 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Kunz, Andreas : Die Akte Neue Heimat, t. 1, Francfort 2003, p. 399–402.
Liens externes
- Informations sur l’exposition Die Neue Heimat (1950–1982). Eine sozialdemokratische Utopie und ihre Bauten, site du Deutsches Architekturmuseum
- Chronologie. Réalisée par l’Musée d’architecture de l’Université technique de Munich et la Pinakothek der Moderne ()
- Karl H. Hoffmann : Die Neue Heimat (présentation en plusieurs volets de l’histoire de l’entreprise, site de l’Archives d’architecture de Hambourg)
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