Neuropathie optique de Leber
| Neuropathie optique de Leber | |
| Référence MIM | 535000 |
|---|---|
| Transmission | Mitochondriale |
| Empreinte parentale | Non |
| Mutation | aléatoire |
| Nombre d'allèles pathologiques | 3 |
| Pénétrance | Variable |
| Nombre de cas | 27 000 |
| Maladie génétiquement liée | Aucune |
| Diagnostic prénatal | Possible (détection de la maladie, mais impossible de savoir quand elle va survenir) |
| Liste des maladies génétiques à gène identifié | |
| Spécialité | Ophtalmologie |
|---|
| CIM-10 | H47.2 |
|---|---|
| CIM-9 | 377.16 |
| OMIM | 535000 |
| DiseasesDB | 7340 |
| MeSH | D029242 |
| GeneReviews | [1] |
Mise en garde médicale
La neuropathie optique héréditaire de Leber (ou LHON) est une affection neurodégénérative primitive du nerf optique d’origine génétique. Elle est principalement associée à des variants de l’ADN mitochondrial[1]. Elle est monogénique et monosymptomatique, caractérisé par une neurodégénérescence des cellules ganglionnaires rétiniennes (RGCs). Cette maladie commence habituellement par une diminution progressive indolore et bilatérale de la vision chez des patients âgés entre 20 et 30 ans.
Historique
La maladie a été décrite par Theodor Karl Gustav von Leber (1840-1917) dans une publication de 1870[2].
Prévalence
Cette maladie affecte essentiellement les hommes avec une prévalence de un cas sur 25 000 personnes (en Grande-Bretagne)[3]. Entre 1 sur 30000 jusqu’à 1 sur 50000 en Europe sont atteints de cette maladie, ce qui peut être considéré comme une maladie rare.
Symptômes
Une perte de netteté de la vision centrale ou un scotome sont les premiers signes de la maladie qui affecte les deux yeux dans 75 % des cas. En cas de commencement unilatéral des signes, la bilatéralité survient dans les 2 mois après le début des signes. Huit fois sur 10, l'atteinte de la vision centrale ne permet pas au patient de compter ses doigts à une distance de plus de 10 cm.
Une amélioration survient souvent après la phase aiguë, en rapport avec le type de mutation[4], puis une perte progressive de la vision s'installe avec apparition d'un large scotome central rendant le patient légalement non voyant. Dans certains cas observés le scotome n'apparaît pas mais la perte est souvent un peu plus grave.
Des petits signes neurologiques comme une apparition d'un léger tremblement postural sont habituels. Les femmes atteintes présentent parfois un syndrome neurologique simulant la sclérose en plaques.
Diagnostic
En phase aiguë, l'étude du champ visuel met en évidence un scotome central (dans certains cas non). L'examen du fond d'œil révèle des télangiectasies péripapillaires, une microangiopathie, un pseudo-œdème et des tortuosités vasculaires. L'angiographie peut parfois être utile pour le diagnostic. Les premiers signes sont parfois absents en début de maladie.
L'étude électrophysiologique du nerf optique confirme l'atteinte primitive de celui-ci et élimine une pathologie de la rétine. En l'absence d'historique familial de neuropathie optique de Leber, l'imagerie médicale est nécessaire pour éliminer un processus tumoral responsable d'atrophie optique. L'imagerie par résonance magnétique cérébrale est habituellement normale mais peut montrer, parfois, un élargissement du chiasma optique ainsi qu'un hypersignal au niveau des nerfs optiques[5].
Aspects génétiques
Ettant une maladie mitochondriale[6], le génome de plus de 95 % des individus atteints, présente une anomalie de l'ADN mitochondrial. Les trois mutations connues sont G11778A, T14484C, G3460A[1],[3]. Elle affectent la production d'une enzyme, la NADH-déshydrogénase 4 (ND4)[7]. La moitié des hommes, ainsi qu'une femme sur 10, porteurs d'une des mutations, vont développer la maladie[3].
Le mode de transmission de la neuropathie optique de Leber est mitochondrial. Le conseil génétique est difficile en raison d'une pénétrance variable dépendante du sexe et de l'âge de la personne. La mère des patients peut être indemne ou atteinte. Une histoire familiale maternelle de troubles de la vision n'est repérée que dans 60 % des cas. Un homme atteint par cette pathologie ne transmet pas la mutation à ses descendants tandis qu’une femme atteinte transmettra la mutation à tous ses descendants. Le diagnostic prénatal est possible.
Diagnostic différentiel
Cette maladie ne doit pas être confondue avec
- l'amaurose congénitale de Leber ;
- les anévrismes miliaires de Leber ;
- la neurorétinite stellaire idiopathique de Leber ;
- certaines formes, d'expression oculaire, de la maladie de Lyme[8].
Traitement
L'idébénone peut améliorer jusqu'à 50% des patients[9].
Par thérapie génique, l'injection intravitréenne du gène non muté, permet d'améliorer la vision de certains patients[10]. Le lenadogène nolparvovec (Lumevoq), est un médicament Injectable dans l'œil contenant un adénovirus (non pathogène) qui permet de restituer aux cellules le gène MT-ND4 (en) codant l'enzyme manquante[7]. Encore en essai clinique, il est autorisé à titre compassionnel en [11].
Notes et références
- (en) Guy Lenaers, Cléis Beaulieu, Majida Charif et Sylvie Gerber, « Autosomal recessive Leber hereditary optic neuropathy, a new neuro-ophthalmo-genetic paradigm », Brain, vol. 146, no 8, , p. 3156–3161 (ISSN 0006-8950 et 1460-2156, DOI 10.1093/brain/awad131, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (de) Leber, T, Ueber hereditaere und congenital angelegte Sehnervenleiden, Graefes Arch. Ophthal, 1871;17:249-291
- Yu-Wai-Man P, Turnbull DM, Chinnery PF, [Yu-Wai-Man P, Turnbull DM, Chinnery PF. Leber hereditary optic neuropathy. J Med Genet 2002;39:162-169 Leber hereditary optic neuropathy], J Med Genet, 2002;39:162-169
- ↑ Johns DR, Heher KL, Miller NR, Smith KH, Leber’s hereditary optic neuropathy: clinical manifestations of the 14484 mutation, Arch Ophthalmol, 1993;111:495-49
- ↑ Phillips PH, Vaphiades M, Glasier CM, Gray LG, Lee AG, Chiasmal enlargement and optic nerve enhancement on magnetic resonance imaging in Leber hereditary optic neuropathy, Arch Ophthalmol, 2003;121:577-579
- ↑ Jancic J, Samardzic J, Stojanovic S et al. Leber’s hereditary optic neuropathy: novel views and persisting challenges, CNS Neurol Disord Drug Targets, 2017;16:927-935.
- (en) « Lumevoq | European Medicines Agency (EMA) », sur www.ema.europa.eu, (consulté le )
- ↑ Mati, M., & Bouarfa, A. (2015). « Neuropathie optique: un mode de révélation atypique de la maladie de Lyme » Revue Neurologique, 171, A18 (résumé). DOI 10.1016/j.neurol.2015.01.035
- ↑ Klopstock T, Yu-Wai-Man P, Dimitriadis K et al. A randomized placebo-controlled trial of idebenone in Leber’s hereditary optic neuropathy, Brain, 2011;134:2677-2686
- ↑ William J. Feuer, Joyce C. Schiffman, Janet L. Davis et Vittorio Porciatti, « Gene Therapy for Leber Hereditary Optic Neuropathy: Initial Results », Ophthalmology, vol. 123, no 3, , p. 558–570 (ISSN 0161-6420, DOI 10.1016/j.ophtha.2015.10.025, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « GenSight Biologics : la FDA autorise un traitement compassionnel », sur bourse.fortuneo.fr (consulté le )
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
- (fr) Ouvrirlesyeux.org Association créée en 2000 afin d'aider les malades et leurs proches et de soutenir la recherche.
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