Neutralisme (écologie)

En écologie, le neutralisme se dit d'une espèce cohabitant sur le même territoire qu'une autre sans l'influencer. Il y a absence d'interaction concurrentielle, commensale ou mutualiste entre deux espèces animales du même biotope[1],[2].

Cette catégorie est souvent ignorée ou très peu développée car elle n'est en pratique pas démontrable. Elle est définit comme interaction sans interaction. Néanmoins, elle sert de référence pour classer celles qui s'en rapprochent[3].

Il existe cependant 2 types de neutralismes différents : le neutralisme écologique et le neutralisme évolutif. Ces catégories utilisent le même mot « neutre », mais ils ne parlent pas du tout de la même chose.

Le neutralisme écologique et le neutralisme évolutif

Différences principales entre le neutralisme écologique et le neutralisme évolutif
Aspect Neutralisme écologique (interaction 0/0) Neutralisme évolutif (théorie neutraliste de l'évolution)
Domaine Écologie des communautés Évolution moléculaire, génétique des populations
Unités considérées Espèces / populations dans un écosystème Mutations / allèles dans un génome
Ce qui est « neutre » Effet d’une espèce sur une autre (interaction 0/0) Effet d’une mutation sur la fitness (mutation neutre)
Critère principal Pas d’effet mesurable + ou − sur l’autre espèce Pas d’effet mesurable + ou − sur la valeur sélective
Mécanisme clé Absence d’interaction détectable Dérive génétique comme moteur principal des substitutions
Exemple Deux espèces cohabitant sans se gêner ni s’aider Mutation silencieuse fixée aléatoirement dans la population
Référence typique Les interactions au sein d'un écosystème Théorie neutraliste de l'évolution

Exemples de neutralisme

Exemple 1 : Vache et étourneaux de prés

Une vache de pâturage peut cohabiter avec une population d'étourneaux, qu'ils soient au sol ou posés, sans que ceux-ci n'aient d'impact sur la santé ou le mode de vie de la vache. Leurs sources d'alimentation sont différentes ; des invertébrés et graines pour les oiseaux et la biomasse végétale pour les vaches, excluant ainsi toute compétition pour la ressource. La présence de cette espèce d'oiseaux n'a montré aucune relation avec la croissance, la survie ou la reproduction des vaches et inversement pour les étourneaux, laissant donc suggérer une interaction neutre entre les deux espèces[3],[4].

Exemple 2 : Cerfs et lapins (ou chevreuils et lièvres) en forêt

Nous pouvons retrouver dans les forêts humides des chevreuils/cerfs et lapins/lièvres partageant un même habitat sans qu'il y ait d'interaction entre eux. Leurs différences dans leurs régimes alimentaires et micro-habitat font qu'ils n'entrent pas en compétition directe. Le régime alimentaire des cervidés se résume à des feuilles, jeunes rameaux et autres plantes, à condition qu'ils soient à hauteur de leur cou. Les lagomorphes se nourrissent sur les espèces végétales proches du sol ou à hauteur de leur taille et utilisent des terriers. Leur cohabitation est considérée comme neutre car aucun effet sur le comportement et la densité des espèces (croissance, reproduction) n'est détecté lorsque les ressources sont abondantes et que leurs régimes alimentaires sont suffisamment éloignés[3],[4].

Notes et références

  1. ↑ Les relations entre êtres vivants dans un écosystème p. 6
  2. ↑ http://www.dictionnaire-environnement.com/neutralisme_ID4825.html
  3. « Classer les interactions entre espèces : une chimère ? - Zoom Nature », Zoom Nature - Chroniques Nature & Sciences,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  4. Audrey Proust, « Les relations interspécifiques | Planet-Vie », sur planet-vie.ens.fr, (consulté le )
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