Nicky Nodjoumi

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Sara Nodjoumi (d) |
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Till Schauder (en) (gendre) |
Nikzad Nodjoumi (en persan : نیکزاد نجومی) plus connu en Occident comme Nicky Nodjoumi, né en 1942 à Kermanchah, est un artiste peintre, graveur et illustrateur irano-américain qui vit et travaille à Brooklyn (New York).
Ses peintures abordent la politique, l'histoire, le pouvoir et la corruption en Iran.
Biographie
Jeunesse et formation
Nikzad Nodjoumi est né en 1942 à Kermanshah, dans l'ouest de l'Iran[1].
Il a d’abord étudié à l’Université de Téhéran (licence en beaux-arts, 1967), puis a travaillé pour l’« Institute for Intellectual Development of Children and Young Adults » (Kanoon). Il obtient ensuite un diplôme en animation à la NYC School of Visual Arts (1972) puis un master en beaux-arts au City College of New York (1974).
Pratiquant très tôt et de façon très assidue la calligraphie persane, il entreprend en 1961 des études de beaux-arts à l'École des beaux-arts de l'Université de Téhéran, dont il obtient une licence en 1967. Il travaille comme illustrateur chez Kanoon, Institute for Intellectual Development of Children and young Adults, puis reçoit en 1968 une bourse de deux ans pour étudier aux Beaux-Arts de Paris. Mais la révolte des étudiants qui se déroule la même année à pour conséquence d'annuler toutes les bourses. Nodjoumi part donc étudier l'anglais à la New School de New York[2],[3].
Dès son arrivée à New York, il intègre la Confederation of Iranian Student Association, qui s'oppose au gouvernement répressif de l'Iran et œuvrait en faveur de la liberté d'expression politique et de la libération des prisonniers politiques, et prend également part aux manifestations contre la guerre du Vietnam. Bien qu'il laisse son activité de peintre de côté pendant plusieurs années, il crée un atelier de création d'affiches pour ses activités militantes[2],[3]. À New York, Nikzad Nodjoumi fait partie des figures centrales de la communauté d'artistes iraniens, avec le cinéaste Amir Naderi, l'illustrateur Ardeshir Mohasses (en) et la vidéaste et photographe Shirin Neshat[4]. Il épouse l'artiste Nahid Hagigat en 1973[5].
Nikzad Nodjoumi reprend ses études en 1972 : il étudie l'animation à la School of Visual Arts puis obtient un Master of Fine Arts au City College of New York en 1974[2],[5],[3].
Carrière
Après ses études, Nikzad Nodjoumi retourne en Iran dans le but d'enseigner à l'École des beaux-arts de l'Université de Téhéran. Cependant la police secrète iranienne l'arrête et l'interroge pendant trois mois. Il n'a plus le droit d'enseigner en Iran mais est autorisé à exposer une fois par an[2]. Il poursuit ainsi certaines activités de dissident et crée des œuvres d'art et des affiches critiquant le régime du Shah d'Iran pendant la révolution iranienne en 1979[6]. L'année suivante, le Musée d'Art Moderne de Téhéran organise une rétrospective de l'œuvre de Nodjoumi. Mais un article la dénonce comme antirévolutionnaire, et l'artiste doit s'exiler[2],[7].
Nicky Nodjoumi s'installe définitivement à New York en 1981 et poursuit son engagement dans des mouvements de protestation contre le régime Pahlavi[8],[9].
Ses peintures de 2013, présentées dans le cadre de son exposition « Nicky Nodjoumi : Chasing the Butterfly and Other Recent Paintings », proposent une parodie absurde, où des objets tels que des mollahs, des hommes en costume, des chevaux et des singes partagent l'espace de la toile avec des figures issues de la peinture persane classique[9],[8].
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| Lien vers l'œuvre Moon Light and the Fish (2016). Pour des questions de droit d'auteur, sa reproduction n'est pas autorisée sur la version francophone de Wikipédia. | |
Les œuvres de Nicky Nodjoumi sont exposées dans diverses galeries et musées et font partie de collections du monde entier, notamment le Metropolitan Museum of Art de New York, le British Museum de Londres, le Musée national des Beaux-Arts de Cuba et le Guggenheim Abou Dabi[6].
Nicky Nodjoumi et son épouse Nahid Hagigat sont le sujet du documentaire A Revolution on Canvas (en) (« Une révolution sur toile », 2023), réalisé par Till Schauder (en) et leur fille Sara Nodjoumi[10],[11].
Œuvre
Analyse
D'abord influencé pendant ses études par les impressionnistes, il l'est ensuite par l'œuvre de Michel-Ange, Le Caravage, Vincent van Gogh et surtout Pablo Picasso[6],[2].
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| Lien vers l'œuvre Nothing to Worry About (2015). Pour des questions de droit d'auteur, sa reproduction n'est pas autorisée sur la version francophone de Wikipédia. | |
Les peintures et gravures de Nicky Nodjoumi abordent la politique, l'histoire, le pouvoir et la corruption en Iran. Ses compositions surréalistes mélangent des éléments images historiques et fantasmagoriques à des commentaires politiques incisifs et subversifs. L'artiste s'affranchit de la dichotomie « Occident/non-Occident » et inclut ses œuvres à la fois des religieux chiites et des hommes d'affaires occidentaux, des humains aussi bien que des animaux — qui ont souvent une fonction mythologique —, des scènes solennelles et des scènes sexuelles, qui ont vocation à critiquer la duplicité des sociétés patriarcales[3],[8],[4].
Connu pour ses « allégories politiques monumentales », il s'inscrit dans une démarche de réalisme social. Il utilise un symbolisme fort mais simple et une technique presque naïve, comme imparfaite, caricaturale, dans un style figuratif qui tranche avec les courants modernes iraniens issus du mouvement Saqqa-Khaneh. Il reste ainsi proche de la tradition de la revendication socio-politique des illustrateurs de son pays[12].
Conservation
- Cuba
- Émirats arabes unis
- États-Unis
- Royaume-Uni
Notes et références
- ↑ (en) Layla S. Diba, « History, Identity, Memory: Nikzad Nodjoumi's Arzhang », Asiatische Studien - Études Asiatiques, vol. 70, no 4, , p. 1051–1069 (ISSN 2235-5871, DOI 10.1515/asia-2016-0040).
- (en) Katherine Brooks, « Iranian Artist Nicky Nodjoumi Talks Revolutions, Secret Police And The Vietnam War », The Huffington Post, (lire en ligne, consulté le ).
- (en) « Nicky Nodjoumi », Tavoos Featured Artist, sur tavoosonline.com (consulté le ).
- (en) Hamid Dabashi, « Politics on canvas: Nicky Nodjoumi and the New York enclave », sur aljazeera.com, Al Jazeera, (consulté le ).
- (en) Phong Bui, « Nicky Nodjoumi with Phong Bui », sur brooklynrail.org, The Brooklyn Rail, (consulté le ).
- (en) Lisa Pollman, « The big picture: Iranian-American painter Nicky Nodjoumi – artist profile », sur artradarjournal.com, via Internet Archive, (consulté le ).
- ↑ (en) « Art in exile: From Tehran to Brooklyn », Newshour, sur pbs.org, via Internet Archive, PBS, (consulté le ).
- (en) Holland Cotter, « Nicky Nodjoumi: ‘Chasing the Butterfly and Other Recent Paintings’ », sur nytimes.com, via Internet Archive, The New York Times, (consulté le ).
- (en) Ellen Pearlman, « Nicky Nodjoumi: Ghosts From Iran's Past », sur hyperallergic.com, Hyperallergic Magazine, Hyperallergic Media, (consulté le ).
- ↑ (en) « A Revolution on Canvas (Untitled Nicky Nodjoumi) », 2023 Tribeca Festival, sur tribecafilm.com (consulté le ).
- ↑ (en) Brian Tallerico, « A Revolution on Canvas movie review (2023) », Reviews, sur rogerebert.com (consulté le ).
- ↑ (en) « Nicky Nodjoumi You and me », ArtSeen, sur brooklynrail.org, (consulté le ).
- ↑ (en) « Œuvres de Nicky Nodjoumi », sur metmuseum.org, Metropolitan Museum of Art (consulté le ).
- ↑ (en) « Œuvres de Nicky Nodjoumi », sur collections.lacma.org, Musée d'Art du comté de Los Angeles (consulté le ).
- ↑ (en) « Œuvres de Nicky Nodjoumi », sur artmuseum.princeton.edu, Musée d'Art de l'université de Princeton (consulté le ).
- ↑ (en) « Œuvres de Nicky Nodjoumi », sur britishmuseum.org, British Museum (consulté le ).
Annexes
Bibliographie
- (en) Layla S. Diba et Fereshteh Daftari, Iran Modern (cat. exp.), The Asia Society Museum/Yale University Press, (ISBN 978-0300197365).
- (en) Layla S. Diba, « History, Identity, Memory: Nikzad Nodjoumi’s Arzhang », Asiatische Studien - Études Asiatiques, vol. 70, no 4, , p. 1051-1069 (DOI 10.1515/asia-2016-0040).
- (en) Sarah Horne, « Politically Charged », Canvas Magazine, vol. 5, no 3, , p. 84-95.
- (en) Nicky Nodjoumi, 'Chasing the butterfly and other recent paintings' (cat. exp.), New York, Taymour Grahne Gallery, .
- (en) Murtaza Vali, « Nicky Nodjoumi: Educating the Horse », Bidoun, no 24, .
Liens externes
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