Nicola Fancello

Nicola Fancello
Biographie
Naissance
Décès
(à 57 ans)
Rieti
Activité
Fratrie
Francesco Fancello
Autres informations
Parti politique

Nicola Fancello (ou Nicolò, Niccolò), né le à Osidda et mort le à Rieti, est un juriste et journaliste italien.

Biographie

Formation

Né en à Osidda, en Sardaigne, Nicola Fancello, élevé par Pietro et Giovanna Maria Marche, il suivit les traces de son père, qui était conseiller à la Cour suprême, en entamant des études de droit[1]. En parallèle de ses études à Rome, il s'impliqua très jeune dans le militantisme politique en rejoignant le faisceau de jeunesse républicain (Fascio giovanile repubblicano) en 1909, puis rejoignant les rangs du syndicalisme révolutionnaire[1].

Entre syndicalisme révolutionnaire et lutte pour la Sardaigne

Fancello fut aux côtés de Giuseppe Di Vittorio à la tête des luttes paysannes dans les Pouilles, mais il se distingua surtout par une intense activité journalistique, collaborant avec divers périodiques, comme Il Divenire sociale, La Voce proletaria, La Calabria del popolo[1].

Membre du Comité d’action directe de Parme, Fancello se prononça contre l’entreprise libyenne, période où il se sépara des socialistes pour adhérer au mouvement anti-protectionniste, qui marqua en 1912 une reprise de l'initiative sous la direction de Gaetano Salvemini et grâce à l'impulsion que des magazines tels que l'Unità, La Voce et La Riforma sociale[1]. En 1913, avec Attilio Deffenu, Fancello forma un groupe d'action et de propagande pour défendre les intérêts de la Sardaigne. Comme d'autres groupes, celui de Fancello et Deffenu se joignit à la lutte anti-protectionniste du Comité national de propagande et d'action en faveur de l'Italie du Sud et publia un manifeste intitulé « Défendons la Sardaigne » (Difendiamo la Sardegna) ainsi qu'une circulaire reprise par le périodique socialiste de Cagliari Il Risveglio dell'Isola () et La Voce de Giuseppe Prezzolini ()[1].

À cette époque, Fancello, « alternant bousculades et caresses » (comme il l'écrit à Salvemini le ), tenta de convaincre le Parti socialiste italien (PSI) à soutenir la cause de la Sardaigne en publiant un article anti-protectionniste en deux parties, dans Avanti!, intitulé Le ragioni socialiste del nostro liberismo[1]. Entre-temps, l'engagement de la Fancello collabora à Sardegna, revue fondée par Attilio Deffenu, et salua la tenue du congrès régional sarde tenu à Rome du 10 au , bien que critiquant leur impuissance politique et leurs divisions : « Le congrès, pour le meilleur ou pour le pire, était une tentative d'accord entre les cent mille Sardes qui exigent le respect en dehors de l'île, lorsqu'ils ne peuvent se respecter les uns les autres » (Sardegna, mai-)[1]. Aussi, il en vint à critiquer le « champignon parlementaire sarde », les « politiciens » tout en vantant ces « hommes d'action » qui avaient donné lieu à des initiatives de coopération avec « trente mille agriculteurs unis sous un même drapeau, pour la rédemption agricole de la Sardaigne. »[1]

De la Première Guerre mondiale au fascisme

Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, Fancello soutint l'intervention de l'Italie, signa l'appel publié le par le Faisceaux d'action internationaliste, et commença à collaborer à Il Popolo d'Italia à partir du , date de création du journal par Benito Mussolini[1].

Avec l'entrée en guerre de l'Italie, il se porta volontaire et fut envoyé dans la zone opérationnelle, où il se distingua en recevant une mention élogieuse. De retour du front, il collabora à Volontà de Vincenzo Torraca et rejoignit Gabriele D'Annunzio en septmebre 1919 lors de l'occupation de Fiume[1]. En , il se sépara de Gaetano Salvemini, qu'il considérait désormais comme un « ennemi », à l'occasion de la conférence de Ligue démocratique pour le renouveau (Lega democratica per il rinnovamento)[1]. Il écrivait en effet :

« [J]e trouve parfaitement immoral que l'on suppose pouvoir aider l'Italie avec le concours de ceux qui ont été contre l'Italie. L'héritage moral de la guerre est précisément celui-ci : nous ne pourrons plus rien avoir de commun avec qui a été contre la guerre ».

Désormais convaincu que « l'exercice de l'agriculture est une fonction sociale, qui appartient à ceux qui savent le mieux l'exercer », il se prononça pour le transfert des terres des propriétaires absents ou incapables aux agriculteurs. Fancello travailla par la suite à la création d'un groupement politique paysan, il espérait que les paysans s’organiseraient de manière indépendante et gouverneraient dans un État réformé sur la base du fédéralisme régional et des autonomies locales[1]. Dans les années qui suivirent, il continua à s'en prendre à la classe dirigeante libérale et socialiste, aux catholiques, aux « politiciens » et aux « hommes d'affaires », le faisant se rapprocher du fascisme auquel il adhéra car le considérant comme l'aboutissement de son engagement politique[1]. Le , dans l'organe de la fédération fasciste de Cagliari, Fancello écrivit que « le sens véritable, intime et positif de la victoire fasciste qui a balayé de la scène les débris du passé est l'entrée d'une multitude de Sardes dans le grand souffle de la vie nationale ». Ayant rejoint le Parti national fasciste (PNF), il collabora au journal Il Tevere[1].

Le , il fut admis dans une clinique pour maladies nerveuses. L'aggravation de son état mental rendit alors nécessaire son admission dans un asile psychiatrique ; il fut enfermé dans l'asile psychiatrique romain de Santa Maria della Pietà puis, le , à l'asile psychiatrique de Santa Maria della Foresta à Rieti[1], ville où il mourut en .

Notes et références

  1. Giuseppe Sircana, « FANCELLO, Nicolò », sur Dizionario Biografico degli Italiani

Liens externes

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