Nikolaï Virta
| Nom de naissance | Николай Евгеньевич Карельский |
|---|---|
| Naissance |
Gouvernement de Tambov, Empire russe |
| Décès |
(à 70 ans) Moscou, URSS |
| Activité principale |
| Mouvement | réalisme socialiste |
|---|
Nikolaï Virta (en russe : Николай Евгеньевич Вирта́), né Nikolaï Evguenevitch Karelski le à Kalikino dans le Gouvernement de Tambov et mort le à Moscou, est un écrivain, dramaturge et scénariste soviétique, l'un des illustres représentants du réalisme socialiste. Membre de l'Union des écrivains soviétiques. Membre de PCUS.
Biographie
Nikolaï Virta est le fils d'Evgueni Kareline, prêtre du village Kalikino dans le sud-ouest de l'actuelle oblast de Tambov. En 1921, le père est exécuté comme sympathisant d'Alexandre Antonov. Nikolaï dès son plus jeune âge doit gagner son pain. il devient berger, puis scripteur au selsovet, tout en poursuivant sa scolarité à Tambov où en 1923 il commence à collaborer avec le journal Tambovskaïa pravda qui publie ses premiers récits, principalement consacrés à la vie villageoise. C'est alors que le jeune auteur adopte le pseudonyme de Virta, du nom d’une petite rivière du nord. Cependant, il choisit de publier sa première œuvre majeure, Le Secret de la cabane abandonnée, dans le journal de jeunesse Smena en 1928, toujours sous son vrai nom[1].
En 1923-1925, il est reporter des périodiques de Kostroma, Chouïa, Makhatchkala, à la section littéraire de la station radiophonique de Saratov. Parallèlement, il s'essaye comme acteur et metteur en scène au Théâtre de la jeunesse ouvrière pour lequel il écrit quelques pièces. Installé à Moscou en 1930, il écrit pour les journaux Troud, Moscou-Soir et Electrozavod. Il fait parler de lui avec le roman La Solitude (Одиночество, 1935-1941), dont le sujet est construit autour de la révolte de Tambov durant la guerre civile et se retrouve dans la pièce écrite à la même époque La Terre (Земля, 1937)[2]. La pièce est récompensée par un prix Staline et mise en scène au Théâtre d'art et la première aura lieu le à l'occasion du 20e anniversaire de la Révolution d'Octobre[2]. Le jeune compositeur Tikhon Khrennikov a composé un opéra, Dans la tempête, inspiré du roman[1]. Le deuxième roman de l'écrivain, Une suite logique, est généralement considéré comme faible (ce n'est pas un hasard si Anton Makarenko a intitulé sa critique dans la Literatournaïa gazeta du Échec logique)[1].
Lors de la guerre d'Hiver et la Seconde Guerre mondiale, Nikolaï Virta est correspondant de la Pravda, Izvestia, Krasnaïa Zvezda et du Sovinformburo. Il couvre également le conflit pour les lecteurs du Daily Worker aux États-Unis. Dans Daily Worker, la diabolisation des forces de Mannerheim et leur « terreur » infligée à la population locale sont au cœur du récit de Virta. Les incendies généralisés des maisons perpétrés par les officiers finlandais en retraite et l'évacuation forcée de leurs habitants laissent les villes et villages désertés. Pourtant, au même moment la Pravda offrait un tout autre tableau. Ici, la vie reprenait lentement son cours. Terijoki était calme, les commerces et le bureau de poste ayant déjà rouvert leurs portes. Son mépris pour la vérité était tel que même ses contemporains du milieu culturel ne purent manquer de relever les contradictions dans sa description de la société finlandaise. Les écrits de Virta, rédigés en territoire occupé par les Soviétiques, reprenaient la rhétorique et la version officielle des faits[3]. Décoré de l'Ordre de Lénine en 1939, il recevra par la suite le premier de ses quatre prix Staline en 1941[3]. Il sera décoré de médailles pour la victoire sur l'Allemagne, pour la Défense de Léningrad et pour la Défense de Stalingrad.
Lorsqu'en 1943, Staline décide d'autoriser à éditer la Bible en Union soviétique, Nikolaï Virta en assure la censure. Il n'y décèle pas d'opposition aux idées communistes et l'ouvrage parait sans coupures notables[4].
Virta comprit rapidement les exigences du pouvoir soviétique et lança la production de pièces conformes à ses exigences. Son œuvre se fait le porte-parole du parti communiste et correspond aux normes littéraires de l'époque du culte de la personnalité, combattant le trotskisme, diffusant la propagande en faveur du « Père des peuples », dénonçant le « Cosmopolite sans racine » etc. Pour cela, il fut couvert de récompenses après la guerre. Dès 1948, il reçoit le prix Staline de deuxième classe pour sa pièce Notre pain quotidien. Un an plus tard, il reçoit le prix Staline de première classe pour sa pièce Le Complot des condamnés (adaptée plus tard au cinéma par Mikhaïl Kalatozov). Un autre prix Staline de première classe lui est décerné en 1950, pour son scénario du film La Bataille de Stalingrad[1].
Virtu fut peu apprécié dans les cercles littéraires. Ce n'est pas sans raison que Korneï Tchoukovski dit de lui dans son journal : « Il ne lit rien, et n'aime ni la poésie, ni la musique, ni la nature. Il est extrêmement travailleur, infatigable (et pas toujours pour lui-même), non dénué de talent littéraire (certaines de ses lettres sont d'une excellente facture), mais sa nature est entièrement prédatrice. Il est terriblement friand de choses, de beaux vêtements, de riches décorations, de mets copieux, de pouvoir »[1].
Le , avec trois autres collègues (Anatoli Sourov, Tseden Galsanov et Leonid Korobov), il est accusé de jouir d'un cadre de vie privilégié à sa datcha de Podmoskovié et chassé de l'Union des écrivains soviétiques. Un article dans la Pravda est consacré à l'affaire. Il retrouvera les rangs de l'organisation en 1956.
Mort à Moscou, l'écrivain est enterré au cimetière de Peredelkino. Après sa mort, Anatoli Ivanov a publié son roman-chronique inachevé La Nuit noire dans le mensuel Molodaïa gvardia en 1990-1991[1].
Œuvre
- roman
- La Solitude (Одиночество, 1935)
- Une suite logique (Закономерность, 1937)
- Les Cloches du soir (Вечерний звон, 1951)
- La Steppe, la steppe tout autour (Степь да степь кругом…, 1960)
- La Terre rendue (Возвращённая земля, 1960)
- Jours de course rapide (Быстробегущие дни, 1964)
- nouvelle
- Grimpettes raides (Крутые горки, 1956)
- La Catastrophe (Катастрофа, 1962)
- Le Fantôme quitte le Mont Vert (Призрак покидает Зелёный холм, 1964-1965).
- dramaturgie
- La Terre (Земля) (adaptée au Théâtre d'art de Moscou en 1937)
- Le Complot (Заговор, 1938)
- La Calomnie (Клевета, 1939)
- Mon ami le colonel (Мой друг полковник, 1942)
- Les femmes de soldats, ou la fin de la carrière de Semyon Opredelenov (Солдатские женки, или Конец карьеры Семена Определеннова, 1943)
- Soldats de Stalingrad (Солдаты Сталинграда, 1944)
- Grands jours (Великие дни, 1947)
- Notre pain quotidien (Хлеб наш насущный)
- Le Complot des condamnés (Заговор обречённых)
- Trois ans plus tard (Три года спустя)
- Horizons insondables (Дали неоглядные, 1957)
- En été, le ciel est haut (Летом небо высокое, 1959)
- Trois pierres de la foi (Три камня веры, 1960).
- scénarios
- 1949 : La Bataille de Stalingrad (Сталинградская битва, Stalingradskaya bitva) de Vladimir Petrov
- 1950 : Le Complot des condamnés (Заговор обречённых, Zagovor obrechyonnykh) de Mikhaïl Kalatozov
- 1964 : La Solitude (Одиночество, Odinochestvo) de Vsevolod Voronine
Notes et références
- (ru) Вячеслав ОГРЫЗКО, « Процветают лакеи », Литературная Россия, no 2010, (lire en ligne)
- (en) Laurence Senelick, Sergei Ostrovsky, The Soviet Theater : A Documentary History, Yale University Press, , 784 p. (ISBN 9780300211351, lire en ligne)
- (en) Malcolm L. G. Spencer, Stalinism and the Soviet-Finnish War, 1939-1940 : Crisis Management, Censorship and Control, Springer International Publishing, , 229 p. (ISBN 9783319946467, lire en ligne)
- ↑ (en) Donald Rayfield, Stalin and His Hangmen : The Tyrant and Those Who Killed for Him, Random House Publishing Group, , 592 p. (ISBN 9780307431837, lire en ligne)
Liens externes
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