Noémie Delobelle

| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 24 ans) Camp de concentration de Flossenbürg (Reich allemand) |
| Nationalité | |
| Allégeance | |
| Activité |
| Membre de | |
|---|---|
| Conflit | |
| Lieux de détention |
Maison d'arrêt de Béthune (d), Ravensbrück, Holleischen (d), centre pénitentiaire de Lille-Loos-Sequedin, citadelle d'Arras, camp de concentration de Flossenbürg |
| Distinctions |
Noémie Delobelle (épouse Suchet), née le à Burbure (Pas-de-Calais) et morte en déportation le au camp de concentration de Flossenbürg, est une résistante française.
Membre des Francs-tireurs et partisans (FTP), elle est connue pour avoir participé, lors de sa déportation, au sabotage d'une usine d'armement nazi, acte pour lequel elle fut exécutée. Elle a été décorée de la Médaille de la Résistance française à titre posthume en 2024.
Biographie
Jeunesse et engagement
Noémie Delobelle naît à Burbure dans une famille ouvrière du bassin minier. En , elle épouse Élie Suchet, un mineur d'Auchel militant au Parti communiste français.
Dès le début de l'Occupation, le couple s'engage dans la Résistance au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP) dans le secteur du Lillérois. Noémie Delobelle officie comme agente de liaison (« estafette »). Son rôle consiste à transporter des messages, guider les combattants clandestins et fournir des planques. Elle soigne également des résistants blessés ou traqués, notamment les frères Dellerue[1].
Arrestation et déportation
Le , à la suite d'une dénonciation, la police française encercle son domicile à Burbure. Si son mari Élie parvient à s'échapper, Noémie est arrêtée.
Elle est incarcérée successivement à la prison de Béthune, à la citadelle d'Arras, puis à la prison de Loos. Classée « Nuit et brouillard » (NN), elle fait partie des résistants voués à disparaître sans laisser de traces, conformément au décret du , elle est déportée vers l'Allemagne. Elle arrive au camp de concentration de Ravensbrück le (matricule 25122), avant d'être transférée en au camp de travail de Holleischen (Holysov), un commando dépendant du camp de Flossenbürg, situé dans les Sudètes[2].
Sabotage et exécution
À Holleischen, Noémie Delobelle est affectée au travail forcé dans une usine d'armement des usines Škoda, produisant des munitions pour la DCA allemande.
Au sein du camp, elle intègre un groupe de résistance avec notamment Simone Michel-Lévy (Compagnon de la Libération) et Hélène Lignier. Début , les trois femmes parviennent à saboter une presse hydraulique géante, ralentissant considérablement la production d'obus[3].
Le sabotage est découvert. Alors que les troupes alliées approchent et que le camp est sur le point d'être évacué, Noémie Delobelle, Simone Michel-Lévy et Hélène Lignier sont extraites du Kommando et transférées au camp principal de Flossenbürg. Elles y sont pendues le , dix jours seulement avant la libération du camp par l'armée américaine[4],[5].
Distinctions et hommages
Décorations et reconnaissances posthumes
Noémie Delobelle reçoit plusieurs distinctions après la guerre. Le , elle est décorée à titre posthume de la Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de vermeil. La mention « Mort pour la France » lui est attribuée le [6].
Malgré son engagement au sein des FTP et son décès en déportation, elle ne reçoit pas la médaille de la Résistance lors des attributions d’après-guerre. Selon l’Ordre de la Libération, cette absence s’explique par le fait que Noémie Suchet avait obtenu en le titre de « déportée politique » et non celui de « déportée résistante », condition exigée par les textes pour l’attribution automatique de la distinction[7].
L’affaire est réexaminée à partir de 2023, lorsque Vladimir Trouplin, directeur scientifique de l’Ordre de la Libération, propose le dossier de Noémie Suchet à la Commission nationale de la Médaille de la Résistance française (CNMRF). À partir d’archives et de travaux de plusieurs chercheurs (Pierre-Emmanuel Dufayel, Jacques Pequeriau, Anne Savigneux) ainsi que de contributions institutionnelles (Arolsen Archives, Service historique de la Défense, Fondation pour la Mémoire de la Déportation, musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon), la commission établit la réalité de son engagement clandestin et de sa participation à des actes de résistance[8].
Grâce à l’appui de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONaCVG), le titre de « combattante volontaire de la Résistance » est attribué à Noémie Suchet le . Cette reconnaissance ouvre la voie à l’examen de son éligibilité à la Médaille de la Résistance française. Après accord de sa famille, le dossier est soumis au ministère des Armées puis à la CNMRF lors de sa séance du , qui émet un avis favorable à l’unanimité.
Suivant cet avis, le président de la République lui décerne la Médaille de la Résistance française à titre posthume par décret du [9].
Voici ses rubans de décorations reçues à titre posthume :
Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de vermeil ;
Médaille de la Résistance française (décret du ).
Lieux de mémoire
La ville de Burbure honore sa mémoire à travers plusieurs lieux :
- La rue principale de la commune a été renommée « Rue Noémie-Delobelle » en 1969[10].
- L'école primaire publique porte le nom « École Noémie-Delobelle ».
- Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune.
Notes et références
- ↑ « Noémie Delobelle : une héroïne de la Résistance honorée », sur Burbure Actu
- ↑ Fondation pour la mémoire de la déportation, Le livre mémorial des déportés de France arrêtés par mesure de répression, Tirésias,
- ↑ « Simone Michel-Lévy, Compagnon de la Libération », sur Musée de l'Ordre de la Libération (consulté le )
- ↑ Gilles Perrault, Dictionnaire amoureux de la Résistance, Plon / Fayard, , 343 p. (ISBN 978-2-259-22755-1), « Michel-Lévy (Simone) »
- ↑ Annie Pennetier et Françoise Strauss, Le Maitron : Les fusillés 1940 - 1944 (lire en ligne), « Michel-Lévy Simone »
- ↑ « Noémie Suchet (née Delobelle), 1920-1945 », sur Association française Buchenwald-Dora et kommandos
- ↑ « Pourquoi une médaille 80 ans après sa disparition tragique ? », sur Burbure Actu
- ↑ « Noémie Suchet », sur Ordre de la Libération
- ↑ « Décret du 30 septembre 2024 portant attribution de la médaille de la Résistance française », sur Légifrance,
- ↑ « Les Delobelle, Noémie et Marcel, gloires du XXe siècle », sur Burbure (histoire locale)
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
- Archives conservées par : Service historique de la Défense (GR 16 P 171299)
- Ressource relative aux militaires :
- Fiche sur le site de l'Ordre de la Libération
- Portail de la Résistance française
- Portail de la Seconde Guerre mondiale
- Portail du Nord-Pas-de-Calais