Noël Le Mire

Noël Le Mire
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Française
Formation
Activités
Père
Noël Le Mire
Mère
Anne-Marguerite Mancel
Fratrie
Conjoint
Barbe Desmoulins
Autres informations
Date de baptême
Membre de
Maître

Noël Le Mire, né le à Rouen et mort le à Paris, est un dessinateur et graveur à l'eau-forte et au burin français.

Biographie

Pygmalion (Métamorphoses d'Ovide).
Boccace, Le Décaméron, d'après Hubert-François Gravelot.

Né rue des Arpents, paroisse de Saint-Maclou, du mariage de Noël Le Mire, marinier[a], et d'Anne-Marguerite Mancel[1], Noël Le Mire est l'aîné de treize enfants parmi lesquels figuent deux futurs graveurs[b], Louis et une fille dont le prénom est ignoré[2].

Dès 1740, Noël Le Mire étudie l’art du dessin à la toute nouvelle école gratuite de dessin et de peinture de sa ville natale, dirigée par Jean-Baptiste Descamps[2], avant de se rendre à Paris, en 1745 ou 1746 selon Jules Hédou[1], en 1750 selon Frédéric Morvan-Becker (soit postérieurement à ses 2e prix d'après modèle au concours de 1749 et 1er prix au concours d') où il devient l’élève de Jacques-Philippe Le Bas. Jules Hédou[1] et Frédéric Morvan-Becker[2] s'accordent à citer la lettre adressée le au graveur suédois Jean Eric Rehn par Jacques-Philippe Le Bas (« Notre Normand Le Mire gagne par jour ses dix-huit livres. Il a, pour une petite figure debout qu'il a faite en six jours, cent livres[3]. »), interprétant, par la tranche élevée des revenus ainsi évoqués, que Le Bas situe alors Le Mire parmi ses meilleurs « employés ».

Le Mire, dont le burin était fin et spirituel, a su rendre avec une grande perfection les tableaux de David Teniers le Jeune, d’après lesquels, à l’exemple de son maître, il aimait à s’exercer. Le Mire réussit surtout dans la vignette, et celles qu’il grava pour les Contes de La Fontaine, édition dite des Fermiers-Généraux, pour les Métamorphoses d’Ovide et le Temple de Gnide, sont fort estimées des amateurs.

Habile graveur, Le Mire avait également beaucoup de talent pour l’exécution des petits portraits et on distingue ceux de Henri IV, de Frédéric le Grand, de Joseph II et de Louis XV pour leur fini précieux. Il a illustré le Décaméron de Boccace, les Œuvres de Pierre Corneille, de Racine, de Crébillon, de Voltaire, de Rousseau, les Fables de La Fontaine d’après les dessins de Jean-Baptiste Oudry.

Les autres œuvres de ce graveur se composent de marines et de paysages ; des portraits de Jeanne d'Arc, de Washington, du marquis de Lafayette, de Piron, de Crébillon, de Mademoiselle Clairon, couronnée par Melpomène, de Jupiter et de Danaé, d’après le Carrache, de la Mort de Lucrèce, d’après André del Sarte, de la Vue du mont Vésuve, tel qu’il était en 1757, des Nouvellistes flamands et l’Étang du château de Teniers, de la Curiosité ou la Lanterne magique, des Restes d’un temple de Vénus dans l’île de Nisida, de l’Arc-de-Triomphe de Titus, et du Partage de la Pologne ou le Gâteau des Rois. Curieuse, cette dernière estampe composée et exécutée par Le Mire est aujourd’hui de la plus grande rareté. La planche en était à peine terminée, que l’autorité supérieure en ordonna la destruction. Toutefois, le lieutenant-général Sartine, qui estimait Le Mire, lui accorda un délai de vingt-quatre heures, dont celui-ci se hâta de profiter pour faire tirer un certain nombre d’épreuves avant la destruction de la planche[c].

Noël Le Mire a illustré les belles éditions de Voltaire et de Jean-Jacques Rousseau. Ses derniers ouvrages font partie de la magnifique collection dite Galerie de Florence.

Le Mire était membre associé des Académies de Rouen (1769), de Vienne (1768) et de Lille (1783)[4]. Le frère puiné de Le Mire, Louis, a été son élève pour la gravure. Il a également formé une de ses sœurs ainsi que Jean-Pierre Houël et Rémi Delvaux. On ignore si des enfants naquirent de son mariage avec Barbe Desmoulins ; Frédéric Morvan-Becker émet la possibilité qu'un Cours d'études de dessin à l'usage de MM. les aspirants aux écoles navales dessiné par Lemire aîné, chez l'auteur, rue de la Harpe no 80, paru vers 1830, soit, au vu de la coïncidence de l'adresse, l'œuvre d'un de ses fils[2].

Les traits de Noël Le Mire nous sont restitués par le buste, œuvre du sculpteur Anatole Marquet de Vasselot qui, parmi les douze qui ornent les murs extérieurs du Musée des beaux-arts de Rouen, est situé sur la façade nord (côté place Restout, premier buste à gauche)[5].

À Paris, il a vécu successivement rue Saint-Jacques, à hauteur du collège du Plessis, puis au 80, rue de la Harpe, où il est mort.

Louis-Charles Ruotte figure également au nombre de ses élèves.

Œuvres partielles

Gravures d'interprétation

Contributions bibliographiques

Ex-libris

  • Bibliothèque Jean-Baptiste Descamps[2]

Expositions

Réception critique

  • « Les vignettes qu'il exécuta ne sont pas dénuées d'adresse. On reconnaît, en effet, un burin agréable et élégant dans les petites planches que Noël Le Mire grava d'après les dessins de Gravelot, et le crayon ingénieux du dessinateur est bien rendu. Noël Le Mire avançait beaucoup ses planches à l'eau-forte et usait du burin uniquement pour parfaire son œuvre. » - Georges Duplessis[17]
  • « Noël Le Mire occupe, à côté de Choffard, de Gaucher, de Nicolas de Launay et d'Augustin de Saint-Aubin, le premier rang parmi les artistes qui ont gravé la vignette et le portrait de livre. Ce graveur célèbre, qui a eu pour dessinateurs les plus fameux vignettistes, Gravelot, Eisen, Moreau, qui a collaboré aux principaux livres à figures du XVIIIe siècle, qui a même gravé à lui seul un des plus beaux, Le Temple de Gnide, qui a exprimé la grâce de la femme comme aucun autre, le seul peut-être qui ait su traduire jusqu'à la perfection les plus voluptueux dessins d'Eisen, mérite d'être appelé, dans un petit genre bien entendu, un grand maître. » - Roger Portalis et Henri Béraldi[4]
  • « Le Mire est un des graveurs qui marque le passage des conventions d'un type à une interprétation de plus en plus libre. » - Ève Duperray[18]

Musées et collections publiques

France

Pays-Bas

Pologne

Royaume-Uni

Suisse

États-Unis

Collections privées

Notes et références

Notes

  1. Marchand de bois et voiturier par eau.
  2. Ainsi que Jean Le Mire (1725-1791), lieutenant de frégate dont les participations à la défense de Québec et à la guerre d'indépendance des États-Unis lui vaudront le titre de chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis.
  3. Une de ces épreuves se trouve à la bibliothèque de Rouen, collection Leber.

Références

  1. Jules Hédou, Noël Le Mire et son œuvre, Paris, J. Baur, 1875.
  2. Frédéric Morvan Becker, L'École gratuite de dessin de Rouen, ou la formation des techniciens au XVIIIe siècle, Université de Paris VIII, 2010.
  3. Bibliothèque nationale, Inventaire du fonds français - Graveurs du XVIIIe siècle.
  4. Roger Portalis et Henri Béraldi, Les Graveurs du XVIIIe siècle, Damascène Morgand et Charles Fatout, 1881, tome second, pages 619-650.
  5. Musée des beaux-arts de Rouen, les bustes des façades
  6. Fogg Art Museum, Noël Le Mire dans les collections
  7. Réunion des musées nationaux, Noël Le Mire dans les collections
  8. Château de Versailles, Noël Le Mire dans les collections
  9. British Museum, Noël Le Mire dans les collections
  10. Bibliothèque du Congrès, Noël Le Mire dans les collections
  11. Clark Art Institute, Noël Le Mire dans les collections
  12. Victoria and Albert Museum, Noël Le Mire dans les collections
  13. Bibliothèque dauphinoise, Carte géométrique du Haut-Dauphiné et de la frontière ultérieure, présentation de l'ouvrage
  14. Rero, Recueil d'estampes pour La nouvelle Héloïse, ouvrage en ligne
  15. Musée du Louvre, Tableau des progrès des arts et des sciences sous le règne de Louis XV
  16. Royal Lazienki Museum, Métamorphoses - La collection de gravures de Stanislas Auguste Poniatowski, présentation de l'exposition
  17. Georges Duplessis, Histoire de la gravure en France, Rapilly, Paris, 1861, page 358.
  18. Ève Duperray, L'or des mots - Une lecture de Pétrarque et du mythe littéraire de Vaucluse des origines à l'orée du XXe siècle - Histoire du pétrarquisme en France, Publications de la Sorbonne, 1997.
  19. École nationale supérieure des beaux-arts, Noël Le Mire dans les collections
  20. Musée Carnavalet, Jean-Jacques Rousseau herborisant
  21. Musée Carnavalet, La rêveuse
  22. Musée Carnavalet, La crémière
  23. Musée national de l'éducation, Noël Le Mire dans les collections
  24. Musée national de Varsovie, Noël Le Mire dans les collections
  25. Palais du musée des bains royaux, Vénus pleure son cher Adonis
  26. Palais du musée des bains royaux, Le gâteau des rois
  27. Waddesdon Manor, Noël Le Mire dans les collections
  28. Bibliothèque de Genève, Collection complète des œuvres de J.-J. Rousseau, citoyen de Genève
  29. Morgan Library and Museum, Noël Le Mire dans les collections
  30. National Gallery of Art, Noël Le Mire dans les collections
  31. Jean-Georges Wille, Mémoires, Duplessis, 1857. Wille dit annoncer le 2 août 1759 à Nicolas La Pinte de Livry son acquisition pour sa collection personnelle de deux marines gravées par Noël Le Mire d'après Minderhout.
  32. Charles de Bremmaker, Catalogue raisonné de la précieuse collection de dessins et d'estampes au nombre de près de 30.000 provenant du cabinet de M. Charles Van Hulthem, Verhulst, Gand, 1846.

Bibliographie

Liens externes

  • icône décorative Portail de l’histoire de l’art
  • icône décorative Portail de la gravure et de l'estampe
  • icône décorative Portail du XVIIIe siècle