Nome du Dressoir oriental

Hiéroglyphe symbole du Nome.

Le nome du Dressoir oriental[1] (ḫnt jȝb) ou nome de l'Orient[2] (jȝb.t) est l'un des 42 nomes (division administrative) de l'Égypte antique. C'est l'un des vingt nomes de la Basse-Égypte et il porte le numéro quatorze.

Géographie

Ce nome faisait plus de trente-deux kilomètres de long selon la liste des nomes de Sésostris Ier[note 1]. Le nome se trouvait en aval du nome du Sceptre intact puis, à partir du Nouvel Empire, du nome de l'Enfant royal, puis, à partir de la Troisième Période intermédiaire, du nome inférieur de l'Enfant royal, à l'extrémité nord-est du Delta[3],[4]. Le nome était entouré à l'ouest du nome du Dauphin puis du nome inférieur de l'Enfant royal, tandis que l'est était occupé par le désert qui menait à la Palestine ; le nord du nome bordait la mer Méditerranée[4].

Du fait de sa proximité avec la Palestine, ce nome a toujours servi à la fois de ligne de défense contre les invasions et de lieu de départ pour les expéditions militaires vers cette région. On peut notamment mentionner les sites de Tell Heboua (Tjarou) et d'El Qantara pendant le Nouvel Empire[5].

Histoire

Le nome est habité depuis les temps les plus anciens, comme l'attestent les sites prédynastique et archaïque de Minshat Abou Omar[6] et Tell Ibrahim Awad[7]. Le nome semble avoir été divisé en deux pendant l'Ancien Empire en un nome de l'Orient postérieur (jȝbty pḥ(ty)) et un nome de l'Orient antérieur (jȝbty ḫnt(y))[2].

Le territoire du nome prit de l'importance pendant le Moyen Empire avec l'installation d'une résidence royale sous Amenemhat Ier à Avaris[8], même si la capitale du nome semble être la ville de Hout-Bénou selon la liste des nomes de Sésostris Ier[9]. Par la suite, ce même site devint la capitale des Hyksôs pendant la Deuxième Période intermédiaire[10]. Si le site d'Avaris continua d'être occupé pendant la XVIIIe dynastie[11], c'est surtout pendant l'époque ramesside que le nome reprit de l'importance avec le développement de la nouvelle capitale Pi-Ramsès située immédiatement à côté d'Avaris, d'où les ramessides de la XIXe dynastie sont originaires[12].

Au tournant des XXe et XXIe dynasties, la capitale de Pi-Ramsès est déplacée à Tanis qui devient ainsi la nouvelle capitale[13]. Cette ville le restera tout au long de la Troisième Période intermédiaire, notamment sous les XXIe puis XXIIe dynasties[14]. Le nome, comme celui de la ville de Bubastis, était notamment dirigé par Osorkon IV pendant la guerre de conquête de Piânkhy[15], et par Pétoubastis pendant les guerres koushito-assyriennes de Taharqa puis Tanoutamon d'une part et Assurbanipal d'autre part[16].

À partir de la Basse Époque, la capitale du nome semble être Tjarou, la Silé des Grecs[2],[17].

Divinités locales

Les nomes de Basse-Égypte

Le dieu principal du nome était Seth[18].

À Tanis, le dieu principal était Amon-Rê[19].

Sur le site d'El Qantara, le temple était dédié au principales divinités de la ville : Horus, Ouadjet, Rê-Horakhty et Atoum[20].

L'ancienne ville de de Tjarou était aussi dédié à Benou, héron lié à Atoum et à Rê[21].

Lieux principaux

Les frontières du nome ont changé avec le temps, les villes citées ci-dessous ont été identifiées comme faisant partie du nome dans ses frontières ptolémaïques.

Notes et références

Notes

  1. Selon cette liste des nomes de Sésostris Ier, le nome mesurait 3 iterou, un iterou faisant environ 10,5 km.

Références

  1. Montet 1957, p. 187.
  2. Dessoudeix 2008, p. 760.
  3. Montet 1957, p. 184-185.
  4. Dessoudeix 2008, p. 796-771.
  5. Aufrère et Golvin 1997, p. 290-291.
  6. Aufrère et Golvin 1997, p. 297.
  7. Baud 2002, p. 204-207.
  8. Aufrère et Golvin 1997, p. 298.
  9. Montet 1957, p. 188-189.
  10. Aufrère et Golvin 1997, p. 303.
  11. Aufrère et Golvin 1997, p. 304.
  12. Aufrère et Golvin 1997, p. 304-307.
  13. Aufrère et Golvin 1997, p. 309.
  14. Payraudeau 2020, p. 63-223.
  15. Payraudeau 2020, p. 178-180.
  16. Payraudeau 2020, p. 209-212.
  17. Montet 1957, p. 189-190.
  18. Wilkinson 2017, p. 87.
  19. Aufrère et Golvin 1997, p. 311-313.
  20. Aufrère et Golvin 1997, p. 290.
  21. Montet 1957, p. 188-190.
  22. Montet 1957, p. 203.
  23. Dessoudeix 2008, p. 761.
  24. Montet 1957, p. 183.
  25. Montet 1957, p. 182.

Bibliographie

  • Pierre Montet, Géographie de l'Égypte ancienne : La Basse-Égypte, t. 1, Paris, Librairie C. Klincksieck,  ;
  • (en) Richard H. Wilkinson, The Complete Gods and Goddesses of Ancient Egypt, Londres, Thames & Hudson, , 256 p. (ISBN 978-0-500-28424-7) ;
  • (en) Richard H. Wilkinson, The Complete Temples of Ancient Egypt, Londres, Thames & Hudson Ltd, , 256 p. (ISBN 978-0500051009) ;
  • (en) Steven Snape, The Complete Cities of Ancient Egypt, New York, Thames & Hudson, , 240 p. (ISBN 978-0-500-05179-5) ;
  • Michel Dessoudeix, Chronique de l'Égypte ancienne : Les pharaons, leur règne, leurs contemporains, Arles, Actes Sud, , 780 p. (ISBN 978-2-7427-7612-2) ;
  • Sydney Aufrère et Jean-Claude Golvin, L'Égypte restituée : Sites, temples et pyramides de Moyenne et Basse-Égypte, t. 3, Paris, Éditions Errance, , 363 p. (ISBN 978-2-87772-148-6) ;
  • Michel Baud, Djéser et la IIIe dynastie, Paris, Pygmalion, , 301 p. (ISBN 978-2857047797) ;
  • Frédéric Payraudeau, L'Égypte et la Vallée du Nil : Les époques tardives, t. 3, Paris, PUF, coll. « Nouvelle Clio », , 624 p. (ISBN 978-2130591368).
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