Observatoire de Saint-Maur-des-Fossés
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L’observatoire de Saint-Maur-des-Fossés est un ancien centre de recherche et de prise de mesures atmosphériques, géomagnétiques et géophysiques (station météorologique) fondé à Saint-Maur-des-Fossés, en Val-de-Marne près de Paris, par Éleuthère Mascart pour le bureau central de la météorologie de France. Il a fait partie de l’Institut de physique du globe de Paris et les données météorologiques servaient à Météo-France.
Historique
Le site
La Société française de la météorologie et du climat est à l’origine de la création en 1878 des observatoires parisiens de Montsouris et du Parc Saint-Maur. Émilien Renou membre actif de cette société créa en 1872 le laboratoire de recherches météorologiques près de son domicile à l'angle de l'avenue Charles VII et de l'avenue Pierre-Brossolette à Saint-Maur-des-Fossés. Émilien Renou déplaça une première fois son installation au 19 de la rue Tourelle le . Il s'installa définitivement sur le site actuel de l'Observatoire le , à la suite de l'achat de la parcelle par l’État en 1879[1].
À l'exception du bâtiment avec coupole astronomique édifié par Gustave Eiffel pour l'exposition universelle de 1889, les autres infrastructures sont en bois jusqu'en 1911. La plupart sont remplacées par des bâtiments en meulière à partir de 1912. Certains subsiseront jusqu'à la Tempête Lothar de 1999[1].
Les dernières activités scientifiques cessant en 2019, le site est restitué à l'État en décembre 2020. Il est affecté à l'association Emmaüs qui y gère un centre d'hébergement d'urgence à partir de juin 2021[1],[2],[3].
Les tutelles
Schématiquement, l'observatoire de Saint-Maur relève, de sa fondation jusqu'à l'arrêt de toute activité scientifique, de diverses tutelles au cours de cinq grandes époques :
- de 1880 à 1920 : il dépend du Bureau central météorologique qui évolue au cours de la Première Guerre mondiale en Office national météorologique ;
- de 1921 à la fin des années 1960 : il relève seulement de l'Institut de physique du globe de Paris (IPGP) ;
- de la fin des années 1960 à 1982 : le Centre national de la recherche scientifique (à partir de 1966) et l'université Paris VI (à partir de 1971) prennent part à la direction de l'observatoire conjointement avec l'IPGP ;
- de 1982 à 1994 : c'est l'Institut national d'astronomie et de géophysique qui devient l'autorité de rattachement ;
- de 1994 à 2020 : l'observatoire de Saint-Maur revient dans le giron de l'Institut de physique du globe de Paris[1].
Les activités scientifiques
Magnétisme terrestre
En débutent sur le site de l'observatoire des mesures de magnétisme terrestre[1].
Au début du XXe siècle, du fait de l'électrification du tramway voisin du l'observatoire et des perturbations engendrées, une partie des activités de géomagnétisme est transférée à la station du Val-Joyeux à Villepreux[4],[1].
À partir de 1931, c'est Émile Thellier, l'inventeur de l'archéomagnétisme, qui dirige les travaux. En 1974, il est remplacé par son élève Lucien Daly qui poursuit sur la paléomagnétisme[1].
En 2019 les équipes et les matériels sont transférés à l'observatoire de Chambon-la-Forêt[1].
Sismologie
Les études de sismologie débutent en 1908 sous la direction d'Alfred Angot. Elles se poursuivent tout au long de l'existence de l'observatoire[5], notamment entre 1966 et 1980 avec l'étude de la sismicité de l'océan Indien et la formation des missionnaires des Terres australes et antarctiques françaises ainsi que de 1982 à 2010 avec la gestion du réseau planétaire français Geoscope[1].
Recherches sur l'ionosphère
En 1963, le site de Saint-Maur accueille le Groupe de recherches ionosphériques d'André Lebeau. Cette structure, qui adopte successivement différentes appellations, conçoit des manipulations scientifiques embarquées dans des fusées-sondes lancées depuis la Base antarctique Dumont-d'Urville à partir de 1967. Par la suite, les collaborations concernent l'Agence spatiale européenne[1].
Dynamique des fluides géologiques
La dynamique des fluides géologiques, de 1997 à 2013, s'intéresse aux éruptions volcaniques mais aussi à la rhéologie des cours d'eau[1].
Expériences ponctuelles
En , des mesures de courants telluriques furent effectuées sur le site de l'observatoire en collaboration avec l'administration supérieure des télégraphes.
En 1888 l'observation des taches solaires est entreprise par Théodule Moureaux.
Le site accueillit à la fin des années 1960 une expérience de physique quantique d'Olivier Costa de Beauregard ainsi qu'une autre conçue par Alfred Kastler sur la susceptibilité protonique de l'eau[1].
Notes et références
- Maxime Le Goff. L'observatoire du parc Saint-Maur : historique 1879 - 2020. Institut de Physique du globe de Paris, décembre 2021.
- ↑ Sylvain Deleuze. Saint-Maur-des-Fossés : l’observatoire accueillera de l’hébergement d’urgence. Le Parisien, 12 février 2021.
- ↑ Gérald Moruzzi & Sylvain Deleuze. Avis de tempête autour du site de l’Observatoire de Saint-Maur-des-Fossés transformé en centre d’hébergement d’urgence. Le Parisien, 8 juin 2021.
- ↑ W. de Fonvielle. Le nouvel observatoire du Val-Joyeux. Bulletin de la Société astronomique de France 1901, pp. 457-8.
- ↑ Visite de l'observatoire du parc Saint-Maur, 12 mars 1925. Bulletin de l'Association de géographes français, N°4, 2e année, mars 1925, pp. 7-8.
Liens externes
- Ressource relative à l'architecture :
- Le site du Parc de Saint Maur
- Institut de physique du globe de Paris
- Fiche sur l'Annuaire des entreprises.
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