Océanite à gorge blanche
Nesofregetta fuliginosa
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Chordata |
| Sous-embr. | Vertebrata |
| Classe | Aves |
| Ordre | Procellariiformes |
| Famille | Oceanitidae |
- Fregatta moestissima
- Fregatta amphirite
- Fregetta moestissima
- Nesofregatta moestissima
- Nesofregetta albigularis
- Nesofregetta fuliginosa albigularis
- Nesofregetta fuliginosa fuliginosa
- Nesofregetta fuliginosa moestissima
- Procellaria albigularis
- Procellaria fuliginosa


EN C2a(i) : En danger
L'Océanite à gorge blanche (Nesofregetta fuliginosa) est une espèce d'oiseaux de la famille des Oceanitidae répandue en Polynésie.
C'est un petit oiseau au plumage variable selon la région : entièrement noire dans les Samoa, elle a l'abdomen, la gorge et le dessous des ailes blancs en Polynésie française. Son bec est noir et crochu, surmonté de deux narines proéminentes, et ses pattes sont longues et palmées.
L'Océanite à gorge blanche est un oiseau marin qui niche dans certaines îles de Polynésie française, des Kiribati, en Nouvelle-Calédonie, sur l'île Salas y Gómez et dans les îles Banks. Son aire de répartition s'est réduite et elle a disparu de plusieurs îles, notamment au Vanuatu, dans les Samoa et dans les Fidji, à cause de la prédation par des espèces introduites, en particulier le Rat noir, le Rat polynésien et les chats errants. L'Océanite à gorge blanche a un cycle de reproduction long et pond un seul œuf, à même le sol ou dans des terriers, qui peuvent être fragiles ou visités par les prédateurs.
À cause de sa population réduite et du déclin démographique qu'elle connaît, l'Océanite à gorge blanche est considérée comme une espèce en danger par l'Union internationale pour la conservation de la nature. Des campagnes d'éradication des espèces invasives dont elle est victime sont menées afin de lui permettre de nicher à nouveau sur les îles dont elle a disparu.
Description
L'Océanite à gorge blanche est un petit oiseau qui mesure environ 25 cm de long. Elle est plus grande au sud de la Polynésie est plus petite dans la zone équatoriale[1]. Elle est majoritairement noire, mais son plumage varie selon la région : elle porte du blanc sur le menton, l'abdomen, le croupion et le dessous des ailes en Polynésie française, tandis qu'elle est entièrement noire dans les îles Samoa[2],[1],[3]. Des plumages intermédiaires sont observés dans les Marquises[1]. Le bec est noir, crochu et surmonté de deux narines proéminentes, et les pattes sont longues, palmées et également noires[1].
Distribution et habitat
L'Océanite à gorge blanche est un oiseau marin, qui niche dans plusieurs îles du Pacifique : les îles Phoenix et les îles de la Ligne dans les Kiribati, les îles Australes, de la Société, Gambier et Marquises en Polynésie Française, l'île Salas y Gómez au Chili, les îles Banks au Vanuatu, ainsi qu'en Nouvelle-Calédonie. Historiquement, elle était aussi répandue plus largement au Vanuatu, dans les Samoa et dans les Fidji[4].
Écologie et comportement
Alimentation
Son régime alimentaire est composé de petits poissons, de céphalopodes et de crustacés[4].
Reproduction
L'Océanite à gorge blanche se reproduit à différentes périodes de l'année selon les îles. Elle forme des colonies lâches et niche dans des terriers creusés sous des plantes, dans des crevasses rocheuses, ou bien dans du sable, où ils peuvent être très fragiles[4]. La femelle pond un seul œuf, soit dans un terrier, soit directement au sol. Son cycle reproducteur est lent[2].
Une génération dure 15,2 ans[4].
Effectifs, menaces et conservation
Effectifs
La population d'Océanites à gorge blanche n'est pas connue précisément. Selon des estimations de 2010, il y a entre 250 et 999 individus matures. Dans les années 1990, on évaluait leur nombre entre 1 000 et 1 600, pour une population totale comprise entre 1 500 et 2 400. La population est en déclin[4].
Depuis les années 1960, la colonie de Kiritimati, une des principales colonies, connait un déclin de plus de 50% de ses effectifs. Il est possible que certaines colonies d'Océanite à gorge blanche se soient éteintes[4].
Menaces
Dans ses lieux de reproduction, l'Océanite à gorge blanche est menacée par le Rat polynésien (Rattus exulans) et par le Rat noir (Rattus rattus), qui peuvent s'attaquer aux petits oiseaux et entrer dans leurs terriers. Les chats errants (Felis catus), introduits dans les années 1930 pour contrôler les populations de rongeurs, sont aussi une menace pour l'Océanite à gorge blanche et ont causé l'extinction de plusieurs colonies[4]. Historiquement, l'Océanite à gorge blanche a été chassée dans les îles Samoa, mais cette pratique semble ne plus exister aujourd'hui[4].
Statut et conservation
Encore considérée comme une espèce de préoccupation mineure en 1994, l'Océanite à gorge blanche est une espèce en danger depuis 2010, selon la liste rouge de l'UICN, à cause de sa population réduite et très fragmentée qui connaît un déclin continu[4].
Des campagnes d'éradication des chats errants et des rats ont été menées sur certaines îles, mais ils sont toujours présents dans certains sites clés pour la reproduction de l'Océanite à gorge blanche[4]. Après un siècle d'absence, les Océanites à gorge blanche nichent à nouveau à Kamaka, un îlot dans l'archipel des Gambier, grâce à une campagne d'éradication des rats menées par la Société d'Ornithologie de Polynésie[2].
Taxonomie
L'Océanite à gorge blanche est décrite scientifiquement en 1789 par Johann Friedrich Gmelin, sous le nom binominal Procellaria fuliginosa. Elle a pour synonymes Fregetta amphitrite (Jardine, 1859), Procellaria albigularis (Finsch, 1878), Nesofregetta fuliginosa albigularis ou Nesofregetta albigularis (Finsch, 1878), Fregetta moestissima ou Nesofregetta moestissima (Salvin, 1879)[5].
On distinguait anciennement deux espèces : Nesofregetta moestissima, la forme noire des îles Samoa, et Nesofregetta albigularis, la forme avec des plumes blanches répandue ailleurs en Polynésie[3]. Aujourd'hui, la classification de référence du Congrès ornithologique international (version 15.)[6] ne reconnait qu'une seule espèce : Nesofregetta fuliginosa, qui est l'unique espèce du genre Nesofregetta.
L'espèce porte plusieurs noms dans les langues polynésiennes. Elle est appelée Peru'e à Tahiti, Kōru'e dans les Tuamotu, Kotai à Mangareva, Pītai dans les Marquises, Hauhe'a à Raivavae et Koru'e à Rapa[1].
Notes et références
- « Océanite à gorge blanche », sur SOP Manu - Société d'Ornithologie de Polynésie (consulté le )
- « Océanite à gorge blanche et Anchois du Pérou », sur LPO, (consulté le )
- Mayr 1978, p. 14-15.
- (en) « Species factsheet: Polynesian Storm-petrel Nesofregetta fuliginosa », sur Datazone by Birdlife, (consulté le )
- ↑ (en) « Nesofregetta fuliginosa - Synonyms », sur Avibase (consulté le )
- ↑ Congrès ornithologique international, version 15..
Annexes
Bibliographie
- Caroline Blanvillain, Guide des oiseaux de Polynésie française, Tahiti, Haere Po, , 320 p. (présentation en ligne).
- (en) Ernst Mayr, Birds of the Southwest Pacific, Rutland et Tokyo, Charles E. Tuttle Company, (1re éd. 1945) (lire en ligne
), p. 14-15. 
Références taxinomiques
- (en) Congrès ornithologique international : Nesofregetta fuliginosa dans l'ordre Procellariiformes
- (fr + en) Avibase : Nesofregetta fuliginosa (+ répartition)
Liens externes
- Oiseaux.net : Nesofregetta fuliginosa (+ répartition)
- (en) Animal Diversity Web : Nesofregetta fuliginosa
- (en) UICN : espèce Nesofregetta fuliginosa (Gmelin, 1789) (consulté le )
- (fr) eBird : Nesofregetta fuliginosa
- (en-US) Liz Kimbrough, « Endangered seabirds return to Pacific island after century-long absence », sur Mongabay Environmental News, (consulté le )
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