Ogoniok
| Ogoniok | |
| |
| Pays | Russie |
|---|---|
| Langue | russe |
| Périodicité | Hebdomadaire |
| Genre | - |
| Diffusion | 80 000 ex. (2014) |
| Date de fondation | 9 décembre 1899 |
| Ville d’édition | Moscou |
| Rédacteur en chef | Sergueï Agafonov |
| Site web | Site officiel d'Ogoniok |
Ogoniok (en russe : Огонёк ; littéralement « petite flamme ») est un des plus anciens magazines hebdomadaires illustrés russes, fondé en 1899. Le bureau central est situé à Moscou.
Histoire
Ogoniok commence son existence en tant que supplément de la gazette Birzhevye novosti (Биржевые ведомости), sa première publication datant du . Le comité de rédaction se trouve rue Staraïa Plochad dans le quartier Kitaï-gorod. Il devient particulièrement populaire chez le lecteur de la classe moyenne[1]. Il survit à la Révolution d'Octobre, mais cesse sa parution en 1918. Il est rétabli en Union soviétique en 1923 par Mikhaïl Koltsov.
Koltsov est exécuté en 1938, dans le contexte des Grandes Purges. Il est remplacé par Ivan Chamorikov dont la carrière prend fin dans un scandale retentissant. Un article en apparence anodin, La route dans les montagnes, parait dans le numéro 22 d'Ogoniok de 1940, consacré à la construction du Chemin de fer de la mer Noire - le tronçon entre la gare de Touapsé et la gare de Senaki, décrivant le tracé de cette ligne et ses composantes essentielles : ponts, tunnels, viaducs et autres ouvrages. Il indique également l'emplacement de la centrale électrique sur la rivière Gumista. L'article expose clairement la justification stratégique de cette ligne. Le département du personnel ferroviaire de la direction du personnel du Comité central estime que l'article laisse fuiter un secret militaire et tient pour responsable entre autres le rédacteur en chef du magazine qui est rapidement limogé[2].
Evgueni Petrov mourut en lors de la Seconde guerre mondiale. De retour de la région de Rostov, l'avion qui le transportait est abattu par un chasseur allemand. Alexeï Sourkov, poète et ancien combattant, devient le nouveau rédacteur en chef d'Ogoniok. Il crée le style reconnaissable du magazine, avec un grand portrait de la figure emblématique en couverture. Autre innovation est l'encart couleur. Apparu pour la première fois dans le numéro 18 de 1946, il présentait le tableau d'Arkadi Plastov, La Fenaison. Ces encarts devinrent la marque de fabrique d'Ogoniok[3].
Le rédacteur en chef suivant du magazine fut le dramaturge Anatoli Sofronov, qui dirige la publication pendant plus de 30 ans, jusqu'à la Perestroïka[3].
Durant cette période, le supplément littéraire d'Ogoniok, intitulé Biblioteka (Библиотека), connut un grand succès. Lancé en 1925, il perdura jusqu'à la chute de l'URSS. À l'origine, il s'agissait de petits livres présentant des œuvres d'écrivains célèbres, vendus séparément du magazine. Mais dans les années 1960, le supplément se développa en de véritables recueils d'œuvres classiques illustrés en couleurs. Mikhaïl Zochtchenko, Alexandre Tvardovski, Ilf et Petrov, Alexis Tolstoï, Isaac Babel et Vladimir Maïakovski furent publiés dans Biblioteka[3],[4].
En 1986, l'écrivain et journaliste Vitali Korotitch prend la direction d'Ogoniok. Rompant avec le journalisme soviétique classique et ses commentaires idéologiques, il en fait un magazine démocratiquement progressiste. Ses auteurs dévoilent désormais les secrets de l'appareil d'État et soulèvent des problèmes sociaux tels que la délinquance juvénile, la toxicomanie et la prostitution. Ogoniok, aux côtés de Moskovskie Novosti d'Egor Yakovlev, devient un organe de la glasnost[3]. Durant les années de la perestroïka, le magazine de Korotitch établit un record : son tirage atteint 4,5 millions d'exemplaires. A cette époque les lecteurs ont découvert La Maison de Matriona de Soljenitsyne, les mémoires de Sergueï Khrouchtchev sur son père, L'École des idiots de Sacha Sokolov et l'article sensationnel d'Eldar Riazanov, Pourquoi j'ai quitté la télévision à l'ère de la glasnost[5].
En 1990, le nouveau rédacteur en cher, Lev Gouchtchine, est confronté à la tâche ardue d'adapter la publication au marché moderne. Malgré tous les changements, Ogoniok parait encore démodé comparé aux publications audacieuses des années 1990. Mikhaïl Lioubimov connait une vraie célébrité après la publication du roman La vie et les aventures d'Alex Wilkie, l'espion dans les pages de l'Ogoniok en 1990. Ogoniok parmi les premiers publie les fragments du dernier et le plus grand roman de Yuri Koval Suer-Vyer (1995-1998), racontant le fantastique voyage de la frégate Lavr Georgievich sous le commandement du capitaine Suer-Vyer vers l'île de la Vérité[6],[7]. Pendant une décennie, le magazine changea plusieurs fois de mains avant d'être racheté par Boris Berezovski en 1999. Cependant, la crise était irréversible ; en , la publication n'était plus rentable et sa parution fut temporairement suspendue. Le , le journal est acheté par la maison d'édition Kommersant (Коммерсант)[8].
Le rédacteur en chef Viktor Loshak parvient à relancer le magazine, en redonnant à la publication son aspect classique. En 2012, son tirage atteint 100 000 exemplaires. Cependant, cette croissance ne put se maintenir. Les ventes ont commencé à chuter rapidement en 2016. Le , Kommersant a annoncé l'arrêt définitif de la publication de la version papier[3].
Rédacteurs en chef
- Mikhaïl Koltsov (1923-1938)
- Ivan Chamorikov (1938-1940)
- Evgueni Petrov (1940-1942)
- Alekseï Sourkov (1945-1953)
- Anatoli Sofronov (1953-1986)
- Vitali Korotitch (1986-1991)
- Lev Gouchtchine (1992-1997)
- Vladimir Tchernov (1998-2003)
- Viktor Lochak (2003-2004)
- Vladislav Vdovine (2004-2009)
- Sergueï Agafonov (2012-)
Notes et références
- ↑ Alexandre Soljenitsyne (trad. René Marichal), Le chêne et le veau : esquisses de la vie littéraire, Paris, Seuil, , 540 p. (ISBN 978-2-02-002121-0), p. 250
- ↑ (ru) Леонид Максименков, « Оживить "Огонек" », Kommersant, (lire en ligne)
- (ru) « Три жизни журнала "Огонек" », Журнал "Родина", (lire en ligne)
- ↑ (ru) Арина Лебедева, « Один из старейших российских журналов "Огонек" отмечает 115-летие. », sur tass.ru, (consulté le )
- ↑ (ru) « Несущие «Огонек» », Kommersant, (lire en ligne)
- ↑ Mario Caramitti, Letteratura russa contemporanea : La scrittura come resistenza, Gius.Laterza & Figli Spa, , 352 p. (ISBN 978-88-581-1663-0, lire en ligne)
- ↑ (en) Shiryaeva Irina Nikolaevna, Lomonosov Moscow State University, « THE SPECIFICITY OF LITERARY NONSENSE-FAIRY TALE », sur gramota.net
- ↑ (es) Ogoniok racheté par la maison d'édition Kommerssant
Annexes
Articles connexes
Liens externes
- (ru) Site officiel
- (ru) Archive 1945-1991
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