Ogooué-Lolo
| Ogooué-Lolo | |
| |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Chef-lieu | Koulamoutou |
| Démographie | |
| Population | 65 771 hab. (2013) |
| Densité | 2,6 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 1° 00′ 00″ sud, 12° 30′ 00″ est |
| Superficie | 2 538 000 ha = 25 380 km2 |

L’Ogooué-Lolo est une province du Gabon, située dans la partie centre-est du pays. Elle doit son nom aux deux principaux cours d’eau qui la traversent, l’Ogooué et la Lolo.
Son territoire est constitué de vastes forêts équatoriales, de zones de savane à l’est et de reliefs montagneux à l’ouest, dominés par le mont Iboundji (972 m).
La province est soumise à un climat chaud et humide, rythmé par deux saisons sèches et deux saisons pluvieuses. Son chef-lieu est la ville de Koulamoutou, et les habitants de la province sont appelés les Logovéens.
Géographie
Le plus grand cours d'eau de la province de l'Ogooué-Lolo est l'Ogooué, qui a donné son nom à chacune des provinces gabonaises qu'il traverse. Le département de Mulundu est situé sur sa rive gauche. Sur sa rive droite, c'est-à-dire au nord de l'Ogooué, s'étend le pays Kota couvert par des plateaux ayant une altitude moyenne de 300 à 400 mètres.
Comme partout sur le territoire gabonais, le climat de l'Ogooué-Lolo est équatorial. Ce climat équatorial est de transition australe car il se traduit par la répartition des saisons en deux grands ensembles : les pluies et les rémissions des pluies. La petite rémission des pluies, nommée Kwélé, est beaucoup moins nette ; elle a une durée variable de deux à quatre semaines et intervient entre les mois de janvier et février. Les petites pluies, dénommées Pessamboula par les Adoumas, vont de mars à juin. La grande rémission des pluies, appelée Issighou ou Mangala, dure trois mois, de fin juin à fin septembre. Enfin il y a la Mbula ou Mboule, c'est-à-dire le moment où les grandes saisons sont nettement marquées. La pluviométrie est de 1 700 mm au nord de la province et croît jusqu'à 2 000 mm au sud dans le massif du Chaillu.
La province de l'Ogooué-Lolo est couverte de la forêt équatoriale dans son ensemble. La forêt constitue un des plus grands facteurs déterminants de l'évolution de l'Homme dans cette région.
Faune et flore
La province de l’Ogooué-Lolo contribue de manière significative à la mise en œuvre du programme Gabon Vert, grâce à son exceptionnel capital naturel : sa faune et sa flore sont particulièrement diversifiées, ce qui constitue une ressource durable pour le pays.
Elle abrite des écosystèmes forestiers d’une richesse remarquable, notamment dans le Massif du Chaillu, où se situent des zones de forêt dense aux sous-bois souvent très fermés.
Le Parc national des Monts Birougou, à cheval entre l’Ogooué-Lolo et la Ngounié, couvre environ 69 000 ha et constitue une aire protégée remarquable au cœur du massif. Il renferme des collines entre 800 et 900 mètres d’altitude, avec certains sommets dépassant 1 000 m.
La végétation y est très variée : on y trouve une forêt dense sempervirente de type atlantique des reliefs, une forêt submontagnarde (au-dessus de 650 m) riche en bébés et orchidées épiphytes, ainsi que quelques marais à Rhynchospora.
Cette diversité végétale contribue à la régulation des précipitations, essentielles à l’hydrologie régionale.
Cette région est également un important réservoir de biodiversité animale. On y recense notamment des gorilles de plaine de l’ouest, des chimpanzés, et plusieurs espèces endémiques comme le singe à queue de soleil (Cercopithecus solatus) et le funiscure du Chaillu (Funisciurus duchaillui).
L’avifaune est également riche, avec environ 144 espèces répertoriées, dont notamment le Circaète à poitrine noire, l’Aigle couronné et l’Autour à longue queue.
Plus au nord, le Parc national de la Lopés’étend partiellement dans la province de l’Ogooué-Lolo et présente des forêts à marantacées, immédiatement contiguës aux savanes. Ces habitats constituent des zones de forte biomasse de mammifères, parmi les plus élevées connues dans les forêts pluviales tropicales. On y trouve des populations importantes d’éléphants, de gorilles, de chimpanzés, ainsi que de mandrills .
Braconnage et conservation
Face aux défis posés par le braconnage et l’exploitation illégale de la faune, des initiatives de conservation ont été mises en place. En , le gouvernement gabonais, en collaboration avec des ONG telles que Conservation Justice, a signé des protocoles d’accord pour créer des brigades faune dans plusieurs provinces, dont l’Ogooué-Lolo. Ce dispositif vise à renforcer la protection des espèces menacées et à mieux gérer les ressources forestières.
Des interventions ciblées pour prévenir les conflits entre l’homme et la faune ont également été développées. Par exemple, des clôtures électriques mobiles solaires ont été installées dans plusieurs provinces (dont l’Ogooué-Lolo), en partenariat avec Space for Giants et Conservation Justice, avec pour objectif d’atténuer les dégâts causés aux cultures par les éléphants, tout en préservant les communautés locales.
Histoire
La province de l’Ogooué-Lolo fut appelée région des Adouma de 1882 à 1953, avec pour chef-lieu successivement Madiville, puis Lastoursville.
En 1949, le chef-lieu fut transféré à Koulamoutou, malgré l’opposition d’une partie des populations de Lastoursville.
En , l’administration coloniale installée à Brazzaville adopta officiellement le nom de « région de l’Ogooué-Lolo », marquant la naissance de la septième région du Gabon.
Plusieurs chefs traditionnels et figures locales ont marqué l’histoire de la résistance à la colonisation dans la région:
- Bamba, chef traditionnel Awandji, farouchement opposé à l’implantation coloniale à Lastoursville, fut à l’origine de la révolte des Adouma en 1886, année de sa mort.
- Mopéma, chef traditionnel Bungum, fut l’allié de Bamba dans cette opposition.
- Wongo, chef et guerrier Awandji du village de Bembekani, mena l’insurrection des Awandji en 1928-1929 contre l’imposition et le travail forcé. Une stèle en son honneur est érigée sur la place de l’Indépendance de Lastoursville.
- Biboumi, chef traditionnel Ndasa et proche conseiller de Wongo, était réputé pour ses dons mystiques.
- Lessibi, lieutenant de Wongo, participa activement aux soulèvements de 1928-1929.
- Issire Mongou, chef traditionnel, spirituel et guerrier Masangu, s’opposa à l’implantation coloniale dans la région de Soke et sur Konadembé. Il serait mort entre 1914 et 1915.
- Ghimbi-Ghi-Pagha, chef traditionnel et guerrier Pové-Masangu, résista à l’expansion coloniale dans la contrée de Kune, près d’Iboundji.
Divisions administratives

Le gouverneur de la province est M. Jean Bosco Assingabagni depuis 2020.
L'Ogooué-Lolo comprend quatre départements subdivisés eux-mêmes en cantons. Ces départements sont (chefs-lieux entre parenthèses) :
- Lolo-Bouenguidi (Koulamoutou)
- Mulundu (Lastoursville)
- Lombo-Bouenguidi (Pana)
- Offoué-Onoye (Iboundji)
Notes et références
Liens
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
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