Okumura Masanobu

Okumura Masanobu
Masanobu : Shōki marchant à grandes enjambées
Naissance
Décès
Nom dans la langue maternelle
奥村政信
Activités
Lieu de travail
Mouvements
Hashira-e (en), Uki-e

Okumura Masanobu (奥村政信)[1] (1686-1764) est un artiste japonais dessinateur de modèle pour gravure, un artiste ukiyo-e et un éditeur de livres et d'estampes.

Il est principalement connu pour ses estampes d'acteurs et de beautés imprimées en couleurs (benizuri-e) et pour avoir développer la technique de gravure dite laquée (urushi-e). Il est considéré comme l'un des inventeurs du format hashira-e (estampes piliers, long et fin format vertical) et avoir introduit la perspective occidentale dans ses compositions.

Premières années et formation

Okumura Masanobu nait vers 1685 ou 1686 à Edo[2]. On sait peu de chose sur les détails personnels de sa vie. Il commence sa carrière d'artiste en imitant principalement le style de l'école Torii.

La première oeuvre connue de sa main, réalisée en 1701, est un album réunissant des portraits de courtisanes de l'époque, le Livre illustré des courtisanes (Keisei ehon, 娼妓画牒), publié par Kurihara Chōemon. Son modèle est calqué sur un livre éponyme de Torii Kiyonobu paru l'année précédente. Entre 1703 et 1711, il illustre plus de 22 nouvelles et pièces de Jōruri (théâtre de marionnettes) toujours dans un style proche de celui des maitres de l'école Torii ou de ceux de l'école Hishikawa. Aucune preuve permettant de montrer que Masanobu fut un étudiant de l'école Torii n'a néanmoins pu être identifiée à ce jour[2].

Okumura Masanobu contribue aussi parfois au texte des ouvrages qu'il illustre. Il fut notamment célébré pour une réédition moderne illustrée du Dit du Genji en 3 nouvelles : le Wakakusa Genji Monogatari publié en 6 volumes en 1707, le Hinazuru Genji monogatari publié en 6 volumes en 1708 et le Kōhaku Genji Monogtari publié en 6 volumes en 1709.

Après 1711, Okumura Masanobu se consacre principalement à l'illustration d'albums d'images et à la conception d'estampes à la feuille[2]. Entre 1704 et 1716, il illustre une vingtaine d'album en noir et blanc consacrés au théâtre, à des sujets érotiques ou littéraires et comiques[2]. A partir des années 1710-1716, il commence aussi à publier ses premiers portraits féminin vendus à la feuilles[2]. Leurs styles sont plutôt inspirés de l'école d'Hishikawa Moronobu et de l'école Kaigetsudō, et mettent l'accent sur le costume, le raffinement de ses motifs, tandis que les postures et attitudes sont souvent conventionnelles. A cette période les couleurs sont encore ajoutées à la mains sur les estampes et pas encore imprimées avec la planche de trait gravée sur bois (tan-e ou beni-e).

Okumura Masanobu éditeur

On estime qu'Okumura Masanobu ouvre sa propre maison d'édition, appelée Okumura-ya, entre 1718 et 1721[2], date à laquelle il commence à utilise un sceau d'éditeur en forme de double gourde, inclut dans des encart horizontaux au bas de ses compositions où il défend ce nouveau statut d'éditeur de livre et d'estampes en gros[2].

Premières Urushi-e

C'est au début des années 1720 que l'on attribue à Okumura Masanobu ses premières urushi-e[2]. Le premier procédé utilisé consistait à mélanger l'encre noire avec de la colle animale pour donner un fini brillant à l'estampe imprimée avec un tel mélange. Rapidement, la colle est aussi appliquée sur le papier afin d'y recevoir directement des poudres métalliques argentées, dorées ou cuivrées. L'objectif était alors de produire des éditions luxueuses et attrayante pour le public, vendues plus chère que les estampes en noir et blanc ou celles simplement mise en couleur à la main. S'il est possible que cette technique ait été inventé par Masanobu, aujourd'hui cette attribution est discutée. Des exemples de cette technique réalisés par Masanobu sont conservés dans de nombreuses institutions comme la Bibliothèque nationale de France, le Museum of Fine Arts de Boston, le Musée d'Art de Honolulu (Hawaii), le British Museum, etc.

Contribution à l'évolution de l'ukiyo-e

Image en perspective le soir près du pont Ryōgoku par Okumura Masanobu, début 1748, gravure sur bois avec laque appliquée à la main, James Michener Collection, Honolulu Museum of Art

Nouveaux formats

Il est à l'origine de plusieurs évolutions de l’ukiyo-e, tel que l'introduction de nouveaux formats comme l’hashira-e (un format vertical très étroit). Il œuvre aussi très tôt pour produire des estampes imprimées en deux couleurs (benizuri-e, principalement imprimées en rose -紅 beni-, et vert -moei-).

Étude de la perspective (uki-e)

Et, avant même Toyoharu, dès 1739, il aborde l'étude des lois de la perspective occidentale (uki-e), pour produire de premières estampes sur cette base autour de 1745[3].

C'est grâce à l'intérêt personnel du shogun Yoshimune pour les sciences en provenance d'Occident que ces études de la perspective occidentale peuvent se faire, débouchant sur une évolution de l'estampe japonaise qui allait mener à Hiroshige.

Notes et références

  1. ↑ Okumura Masanobu est un nom japonais traditionnel ; le nom de famille (ou le nom d'école), Okumura, précède donc le prénom (ou le nom d'artiste).
  2. (en) Robert Vergez, Early Ukiyo-e masters : Okumura Masanobu, Tōkyō, Kodansha International LTD., , 48 p. (ISBN 0-87011-587-1), p.33-40
  3. ↑ Images du Monde Flottant - Peintures et estampes japonaises XVIIe – XVIIIe siècles, 2004 (ISBN 2-7118-4821-3), p. 194.

Annexes

Bibliographie

  • Louis Aubert, Les Maîtres de l'Estampe japonaise : Image de ce monde éphémère, Paris, Librairie Armand Colin, .
  • Richard Lane, L'estampe japonaise, Paris, Éditions Aimery Somogy, .
  • Nelly Delay, L'estampe japonaise, Éditions Hazan, (ISBN 2-85025-807-5).
  • Hélène Bayou (trad. de l'anglais), Images du Monde Flottant : Peintures et estampes japonaises XVIIe : XVIIIe siècles, Paris, Réunion des musées nationaux, , 398 p. (ISBN 2-7118-4821-3).
  • Sous la direction de Gisèle Lambert et Jocelyn Bouquillard, Estampes japonaises, Images d'un monde éphémère, Paris/Barcelone, BnF, , 279 p. (ISBN 978-2-7177-2407-3).
  • Edwin O. Reischauer, Histoire du Japon et des Japonais (tome I), Éditions du Seuil, (ISBN 2-02-000675-8).
  • (en) James Albert Michener, The floating world, University of Hawaii Press, , 453 p. (ISBN 978-0-8248-0873-0, lire en ligne).
  • (en) Howard Hibbett, The floating world in Japanese fiction, Tuttle Publishing, , 232 p. (ISBN 978-0-8048-3464-3, lire en ligne).
  • (en) Tadashi Kobayashi et Mark A. Harbison, Ukiyo-e : An Introduction to Japanese Woodblock Prints, Kodansha International, , 96 p. (ISBN 978-4-7700-2182-3, lire en ligne).

Articles connexes

Liens externes

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