Oléoduc Donges-Melun-Metz


L’oléoduc ou pipeline Donges-Melun-Metz (DMM) est un oléoduc conçu à l'origine pour répondre aux préoccupations logistiques des forces armées des États-Unis en Europe. Il est opérationnel depuis 1956. Exploité depuis 1994 par la Société française Donges-Metz (SFDM), il est déclassé en 2023.
Caractéristiques
En 2015, d'une longueur de 627 km, la canalisation a un diamètre nominal (DN) de 12" (323,8 millimètres)[1] sur les 512 km entre Donges et Châlons-en-Champagne, puis de 10" (273 millimètres)[1] sur les 16 km entre Châlons-en-Champagne et Metz (St-Baussant). Un centre de télésupervision (dispatching) situé à Avon (Seine-et-Marne), contrôle l'ensemble du système.
Les points d'entrée/connexion des produits transportés (essence super, jet fuel/pétrole lampant, gazole et fioul domestique) se situent à Donges (raffinerie Total de Donges ou par mer par un appontement du Grand port maritime de Nantes-Saint-Nazaire) ; Levesville et Champeaux (liaisons avec le LHP [Le Havre-Paris] et de là vers les raffineries et dépôts de Basse-Seine) ; Vatry (liaison avec l'ODC et de là vers Dunkerque et la zone Amsterdam-Rotterdam-Anvers) ; Saint-Baussant (liaison avec l'ODC et de là vers des raffineries du Sud-Est).
Les points de sorties sont constitués d'une part par les quatre dépôts de stockage à Donges, La Ferté-Alais, Vatry et Saint-Baussant, pour une capacité totale de stockage de plus de 900 000 m3, et d'autre part par les dépôts et pipelines connectés : dépôt de Saint-Gervais-en-Belin, dépôt EPR du Mans et diverses connexions : à Levesville vers les LHP à destination d'Orléans et de Tours ; à Champeaux vers le LHP à destination de la raffinerie Elf de Grandpuits ; à Vatry vers l'ODC à destination de Châlons-en-Champagne ; à Saint-Baussant vers l'ODC à destination du Luxembourg et de l'Allemagne[2].
En 2015 la SFDM a transporté plus de 3 millions de m³ de produits pétroliers expédie plus de 4 millions de m³ depuis ses gares de chargement camions[3].
Historique
Le pipeline DMM a été construit entre 1954 et 1956, à la suite du décret du [4] paru grâce à un accord signé le entre Georges Bidault et Douglas Dillon.
Ce pipeline, d'un diamètre nominal (DN) de 12″ puis de 10″ sur une longueur totale de 636 kilomètres, a un débit opérationnel de 12 000 m³ par jour. En outre il dispose de cinq dépôts pétroliers, dont un à Saint-Baussant en Meurthe-et-Moselle, d'une capacité totale de stockage de 1,12 million de m³ de produits[5].
À l'origine propriété des forces armées des États-Unis et ayant couté 57 millions de dollars au gouvernement américain[6], il a été utilisé en complément du réseau d'oléoducs en Centre-Europe (CEPS) de l’OTAN. En 1967, à la suite du retrait de la France du commandement intégré de l'OTAN, son exploitation a été rétrocédée à l'État français, qui l’a alors confiée à Trapil (Société des TRAnsports pétroliers par PIpeLine), y compris pour une utilisation civile.
En 1988 les Américains décident de céder totalement ce réseau à l’État français. Un désaccord entre le gouvernement américain et l'État français le entraîne la cessation des activités de transport et de stockage au profit de l'armée américaine le .
De 1987 à 1992, le trafic militaire a diminué régulièrement de 490 à 170 millions de mètres cubes kilomètres (unité multipliant les volumes transportés par les distances parcourues), à l'exception d'un ressaut en 1991 dû à la guerre du Golfe, tandis que, dans le même temps, le trafic civil augmentait de 290 à 390 millions de mètres cubes kilomètres[7]. En 1992, il restait six sites de stockage[8].
À la suite d'un appel d'offres, l'État français concède, à partir du , l'exploitation du DMM à la Société Française du Donges-Metz (SFDM) [9]. Le un contrat entre SFDM et TRAPIL est signé pour une exploitation conjointe[10] ; puis à compter du , la SFDM décide de reprendre seule l'exploitation de ce pipeline.
En , l'État français achète la totalité des parts de la SFDM via deux arrêtés. 95,05 % des parts appartenant avant à Bolloré Energy pour un montant de 31 millions d'euros [11] et 4,95 % des parts appartenant au grand port maritime de Nantes-Saint-Nazaire pour un montant de 1,6 million d'euros [12].
Le , l'oléoduc, ses équipements et ses accessoires sont déclassés et remis à la direction de l'Immobilier de l'État[13].
Notes et références
- « Article 2 - Décret du 24 février 1995 confiant l'exploitation du système d'oléoduc Donges-Melun-Metz à la Société française Donges-Metz »
- ↑ « Donges », sur France, le trésor des régions (consulté le ).
- ↑ BOLLORÉ DOCUMENT DE RÉFÉRENCE 2015, Bolloré, , 19 p., PDF (lire en ligne), p. 276.
- ↑ « Décret du 24 février 1995 confiant l'exploitation du système d'oléoduc Donges-Melun-Metz à la Société française Donges-Metz », sur www.legifrance.gouv.fr, (consulté le ).
- ↑ Pierre Labrude, L’Armée américaine en Moselle dans le cadre de l’OTAN de 1950 à 1967. Pourquoi ? Où ? Comment ? Que reste-t-il aujourd’hui de cette présence et des installations réalisées pendant cette période ?, vol. 22, Mémoires de l'Académie nationale de Metz, , 89-122 p. (lire en ligne), p. 92-93.
- ↑ (en) « (Source: STARS & STRIPES, November 23, 1967) France Pullout », sur www.usarmygermany.com/ (consulté le ).
- ↑ « Avis n° 93-A-15 du 28 septembre 1993 relatif à une demande d'avis sur les conditions d'exploitation de l'oléoduc Donges-Melun-Metz » [PDF], sur Autorité de la concurrence, .
- ↑ Jean-François Polo, « L'oléoduc Donges-Melun-Metz attise les convoitises », sur Les Échos, (consulté le ).
- ↑ Décret du 24 février 1995 confiant l'exploitation du système d'oléoduc Donges-Melun-Metz à la Société française Donges-Metz (lire en ligne)
- ↑ « Arrêté du 5 novembre 1997 portant approbation de la convention passée entre la Société française Donges-Metz (SFDM) et la Société des transports pétroliers par pipeline (TRAPIL) en vue de la gestion matérielle de l'oléoduc Donges-Melun-Metz dont l'exploitation est confiée à la SFDM par décret du 24 février 1995 - Légifrance », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le )
- ↑ Arrêté du 5 janvier 2022 fixant le prix d'acquisition par l'Etat d'une participation au capital de la Société Française Donges-Metz (lire en ligne)
- ↑ Arrêté du 5 janvier 2022 décidant l'acquisition par l'Etat d'une participation au capital de la Société Française Donges-Metz (lire en ligne)
- ↑ Arrêté du 22 février 2023 portant déclassement du système d'oléoduc Donges-Melun-Metz.JORF n°68 du 21 mars 2023, texte n° 19. Lire en ligne
Article connexe
Lien externe
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