Ola (mythologie basque)

Forge au chantier médiéval de Guédelon.
Forge artisanale au (XXe siècle).

Ola désigne une forge utilisée pour travailler le minerai de fer. Cette activité, ancienne et importante, a marqué économiquement et socialement le peuple basque.

Étymologie

Aizeola de aize (« vent ») et ola (« forge »). Urola de ur (« eau ») et ola (« forge »).

Description

Il existait deux types principaux de forges :

  • Aizeola[1] (forge à vent) ou Jentilola (forge des Jentilak[2])
  • Urola (forge hydraulique[3]).

L'aizeola se situe en montagne, souvent près d'un bois fournissant le charbon de bois ou d'une mine de minerai, généralement en altitude. Ce type de forge a perduré jusqu'au XIVe siècle siècle. On y produisait du fer fondu appelé arrabio[4].

Pour exploiter la force des rivières, les Basques ont construit des forges dans les régions basses, près des cours d'eau. Ces urola ont remplacé les aizeola. Elles produisaient un fer pâteux nommé agoa, dont la scorie (zepa en basque) était extraite à l'aide de marteaux (voir forge catalane).

Légendaire des forges

Dans de nombreuses mythologies, la forge et le forgeron occupent une place centrale, incarnés par des dieux et héros comme Héphaïstos, Vulcain ou les Cyclopes, qui maîtrisent les éléments naturels : la terre, l'eau, l'air et le feu. Cette importance est également présente dans la tradition basque.

Dans certaines régions, Saint Éloi est reconnu comme le patron des forgerons. Plusieurs légendes attribuent au Basajaun via Martin Txiki (Martin petit), aussi appelé San Martiniko, le vol des secrets de fabrication de la scie, de l'axe de la roue du moulin ou de la soudure du fer. San (Saint) Martintxiki est vénéré comme un saint patron des forgerons, considéré comme l'inventeur ou l'initiateur de nouvelles techniques et outils[5].

L'activité de la forge fut perçue comme un progrès technique majeur, libérant la population de l'oppression des pouvoirs despotiques. Le forgeron, avec ses tenailles, réussit à vaincre les Jentilak, des géants arrogants qui maintenaient la population soumise par leur force. À l'aide d'une barre de fer chauffée à blanc dans sa forge, un forgeron tua un monstre venu de Murugain (Biscaye) qui exigeait périodiquement des sacrifices humains. On attribue aux armes issues de ces forges le bannissement des génies maléfiques qui semaient la terreur parmi la population[6].

Notes et références

  1. (es) Jesús María Elejalde Plazaola et Susana Aspe, Ayer y hoy del Valle de Aramaiona, Álava, Diputación Foral de Álava, Departamento de Cultura, , 467 p. (ISBN 9788478210282)
  2. (es) Revista internacional de los estudios vascos : Revue internationale des études basques, 22. liburukia, Bilbao, Biblioteca de la Gran Enciclopedia Vasca,
  3. (es) José Miguel de Barandiarán, Euskaldunak : la etnia vasca, 2. liburukia, Etor, , 487 p. (ISBN 9788485527021)
  4. (es) César Alas et Rafael Pérez Lorenzo, Diccionario de siderurgia : español-inglés : inglés-español, Oviedo, Universidad de Oviedo, , 689 p. (ISBN 9788483173923)
  5. Bernard Sergent et Société de mythologie française, Le guide de la France mythologique : parcours touristiques et culturels dans la France des elfes, des fées, des mythes et des légendes, Payot, , 541 p. (ISBN 9782228902038)
  6. (en) Sharryn Kasmir, The Myth of Mondragón : Cooperatives, Politics, and Working-class Life in a Basque Town, State University of New York Press, , 243 p. (ISBN 9780791430033)

Bibliographie

  • José Miguel Barandiaran (trad. Olivier de Marliave, préf. Jean Haritschelhar, photogr. Claude Labat), Mythologie basque [« Mitología vasca »], Toulouse, E.S.P.E.R, coll. « Annales Pyrénéennes », , 120 p. [détail des éditions] (ISBN 2907211056 et 9782907211055, OCLC 489680103)
  • Anuntxi Arana (trad. Edurne Alegria), De la mythologie basque : gentils et chrétiens [« Euskal mitologiaz : jentilak eta kristauak »], Donostia, Elkar, , 119 p. (ISBN 9788497838214 et 8497838211, OCLC 698439519)
  • Claude Labat, Libre parcours dans la mythologie basque : avant qu'elle ne soit enfermée dans un parc d'attractions, Bayonne; Donostia, Lauburu ; Elkar, , 345 p. (ISBN 9788415337485 et 8415337485, OCLC 795445010)
  • Wentworth Webster (trad. Nicolas Burguete, postface Un essai sur la langue basque par Julien Vinson.), Légendes basques : recueillies principalement dans la province du Labourd [« Basque legends »], Anglet, Aubéron, (1re éd. 1879), 328 p. [détail de l’édition] (ISBN 2844980805 et 9782844980809, OCLC 469481008)
  • Jean-François Cerquand, Légendes et récits populaires du Pays Basque : Recueillis dans les provinces de Soule et de Basse-Navarre, Bordeaux, Aubéron, (1re éd. 1876), 338 p. [détail de l’édition] (ISBN 2844980937 et 9782844980939, OCLC 68706678, lire en ligne)

Liens externes

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