Olga Guramishvili-Nikoladze

| Naissance | Avchala (en) |
|---|---|
| Décès |
(à 84 ans) Tbilissi |
| Sépulture | |
| Nom dans la langue maternelle |
ოლღა გურამიშვილი-ნიკოლაძ |
| Nationalités | |
| Formation | |
| Activités | |
| Famille |
Guramishvili (en) |
| Conjoint | |
| Enfants | |
| Parentèle |
Davit Gouramichvili Olga Guramishvili-Chavchavadze (d) |
Olga Guramishvili-Nikoladze (en géorgien : ოლღა გურამიშვილი-ნიკოლაძე), née le à Tbilissi et morte le dans la même ville est une biologiste et pédagogue géorgienne. Elle compte parmi les premières femmes à étudier à l'étranger. Elle obtient un diplôme en pédagogie et introduit des méthodes d'enseignement novatrices en Géorgie. En 1886, elle fonde une école de filles, puis un gymnasium pour femmes à Didi Jikhaishi. Avec cet établissement, elle introduit la sériciculture en Géorgie et enseigne à ses élèves le tricotage et le tissage mécanique. Elle est restée célèbre pour sa contribution à l'éducation géorgienne. Une rue de Tbilissi porte son nom.
Biographie
Origine de la famille
Olga Alexandres asuli Guramishvili (Olga, fille d'Alexandre Guramishvili) naît le à Avchala-Basse (en), dans la banlieue nord de Tiflis (actuelle Tbilissi), situé dans la vice-royauté du Caucase de l'Empire russe[1]. Sa famille est issue de la noblesse Guramishvili (en) : elle est la fille du prince Alexandre Guramishvili (né en 1825) et de son épouse, la princesse Ketevan Tumanishvili (née en 1825) [2] . Elle compte dans sa famille le poète géorgien David Gouramichvili, est la filleule de la figure littéraire géorgienne la princesse Olga Guramishvili-Chavchavadze (ka), elle-même épouse de l'écrivain Ilia Chavchavadze.
Après avoir terminé ses études secondaires, Guramishvili fréquente le lycée pour femmes de Tiflis. Espérant devenir professeure d'agronomie, elle suivit, une fois son baccalauréat en poche, les cours de biologie du professeur Tarkhnishvili[1]. À l'époque, les possibilités d'études universitaires étaient rares pour les femmes dans l'Empire russe, et Guramishvili rêve de partir étudier en Suisse[1],[2]. Son père s'oppose à ce projet, mais sa mère l'y encourage[2]. Elle obtient le passeport d'Ephrosine Nikoladze, la sœur aînée de Niko Nikoladze, et se rend à Zurich [1],[2] en 1872[3].
Études et politisation
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Au début des années 1870, la Suisse est un lieu de rassemblement pour les révolutionnaires russes qui prêchent la doctrine socialiste[1]. Guramishvili, l'une des premières Géorgiennes à étudier à l'étranger, s'engage dans le mouvement étudiant et milite aux côtés d'autres étudiantes géorgiennes comme l'écrivaine et féministe Ekaterine Melikishvili (en) ou la médecin Pelagia Natsvlishvili (en). Lorsque l'écrivain Giorgi Tsereteli (en) fonde une organisation connue sous le nom de Société Yoke (ka), soutenue par l'écrivain Sergey Meskhi (ka), Guramishvili rejoint Niko Nikoladze en 1873 et devient membre du groupe. L'objectif déclaré était de permettre aux étudiants étrangers d'étudier la doctrine socialiste afin de libérer leur patrie et d'y établir un État républicain[1]. En 1874, le régime tsariste publie un décret obligeant les étudiantes à quitter l'Université de Zurich et à retourner dans leur pays d'origine[3]. Guramishvili part alors avec Niko Nikoladze étudier à l'Université de Genève[1], où les membres du Yoke se rapprochent des philosophies radicales de l'intelligentsia d'Europe occidentale et de Russie[2].
Bien que Niko Nikoladze éprouve des sentiments amoureux pour Guramishvili, celle-ci appréciait sa liberté et ses études[1],[4]. Niko Nikoladze quitte Genève pour Paris, où il épouse une Polonaise et c’est à cette époque que Niko Nikoladze et Guramishvili entament une correspondance qui dure toute leur vie[1]. Devenue socialiste, Guramishvili assiste régulièrement aux réunions de la section de l’Association internationale des travailleurs, où étaient débattus des sujets tels que le nationalisme, l’internationalisme, le droit de vote des femmes et l’égalité, ainsi que les politiques socio-économiques et politiques de la Commune de Paris. Nombre de ces conférences portent sur la doctrine de Karl Marx. Dans ses mémoires, le révolutionnaire Nikolaï Morozov écrit que Kato Nikoladze, Mashiko Tsereteli et Guramishvili formaient un trio inséparable à presque toutes les réunions de la communauté internationale genevoise ou des communistes français. Après avoir obtenu son diplôme de pédagogie [2], Guramishvili vit brièvement à Saint-Pétersbourg, puis est expulsée de Russie pour sa proximité avec Nikolaï Mikhaïlovski et des Narodniks [1] .
Carrière

De retour en Géorgie en 1875, Guramishvili commence à travailler au gymnasium pour garçons dirigé par le pédagogue Iakob Gogebashvili (en). Au départ, les autres professeurs s'opposèrent à l'embauche d'une femme, mais sa formation lui vaut rapidement de l'admiration[1]. À cette même époque, Niko Nikoladze, qui vit entre Paris et Tbilissi depuis 1871 en ayant fondé plusieurs périodiques révolutionnaires, revint en Géorgie[5]. Après avoir enseigné au gymnasium pendant cinq ans, Guramishvili en part en 1880 et accompagne Niko Nikoladze. En effet, ce dernier est arrêté et exilé à Stavropol, sans pour autant renoncer à ses activités éditoriales radicales[1],[5].
En 1881, le couple s'installe à Saint-Pétersbourg[2] mais ne peut se marier : le divorce est une procédure complexe à l'époque et nécessitait l'autorisation du Saint-Synode[6]. Niko Nikoladze et son ex-femme sont officiellement séparés au début de l'été 1883, et le , il épouse Guramishvili à l'église Kashveti de Tiflis[1]. L'année suivante, leur fille Rusudan (ka) (1884–1981) naît à Saint-Pétersbourg[7].
En 1886 ou 1887, la famille s'installe à Didi Jikhaishi[1],[8][9], dans la région d'Iméréthie, en Géorgie occidentale[1],[8]. Guramishvili y ouvre une école de filles où elle introduit de nouvelles méthodes pédagogiques tout en faisant venir des enseignantes de Tiflis pour l'aider à développer ses idées[1]. Parmi elles figure l'enseignante et féministe Nino Tkeshelashvili (en), qu'elle engage comme professeure de russe[10] .
En 1894, elle ouvre un lycée pour jeunes filles, spécialisé dans les sciences agricoles. Important des vers à soie de Lyon, elle enseigne la sériciculture ainsi que le tricot et le tissage à la machine à ses élèves[4]. Plus tard dans l'année, ils s'installèrent à Poti, où Niko Nikoladze occupe le poste de maire jusqu'en 1912[6],[11]. Pendant leur séjour à Poti, Guramishvili continue de se consacrer à l'éducation, en tant que présidente du conseil scolaire[4].
En 1916, Niko Nikoladze travaille à Saint-Pétersbourg, où il intègre le comité de rédaction de Russkaïa volia (Liberté russe), un journal de gauche. Au début de la Révolution de février, la famille soutint immédiatement la création du Comité provisoire de la Douma d'État. Leurs deux filles commencèrent à travailler comme opératrices téléphoniques pour la nouvelle direction soviétique[12]. Au printemps, Niko Nikoladze et Guramishvili retournent à Tiflis[13] .
Mort et héritage
Guramishvili meurt le à Tbilissi. En 1957, sa dépouille est transférée au panthéon de Mtatsminda, où son époux, Niko Nikoladze, est enterré[2]. Elle est reconnue comme l'une des premières Géorgiennes à avoir étudié à l'étranger et à avoir introduit des concepts de pédagogie en Géorgie. Plus de 7 000 lettres échangées entre Guramishvili et Nikoladze sont conservées dans des archives aux États-Unis[1],[4]. Une petite partie de ces lettres a été publiée sous le titre « პიშუ ტებე » par I.A. Meskhi[1]. En 2018, le conseil municipal de Tbilissi rebaptise une portion de la rue Théodore Afanasiev, dans le quartier d'Isani, en son honneur[14].
Notes et références
- ჭილაძე 2003.
- ჩიხლაძე 1976.
- მელაშვილი 2015.
- ბიბილეიშვილი 2010.
- Mikaberidze 2015, p. 499.
- Abzianidze 2012, p. 39.
- ↑ Karaulshchikov, Kinslow et Lyandres 2017.
- Abzianidze 2012, p. 36.
- ↑ Lyandres 2014, p. 44.
- ↑ Mchedlishvili 2012.
- ↑ Abzianidze 2012, p. 41.
- ↑ Lyandres 2014, p. 36.
- ↑ Siharulidze 2010.
- ↑ Legislative Herald of Georgia 2018.
Annexes
Voir aussi
- Élisabeth Orbeliani, poétesse géorgienne
- Anastasia Tumanishvili-Tsereteli, écrivaine géorgienne
- Ekaterine Gabashvili, écrivaine géorgienne
- Dominika Eristavi (en), écrivaine géorgienne
Bibliographie
- (en) Zaza Abzianidze, The Architect of Future Georgia, Tbilisi, Georgia, Publishing House Modi Ltd., , 36–41 p. (OCLC 1003149930, lire en ligne)
- (ka) ლია ბიბილეიშვილი, « ოლგა გურამიშვილი » [« Olga Guramishvili »] [archive du ], sur Burusi, Tbilisi, Georgia, თენგიზ ვერულავა, M.D., (consulté le )
- (ka) ნინო ჩიხლაძე, « ოლღა გურამიშვილი-ნიკოლაძე (1855–1940) » [« Olga Guramishvili-Nikoladze (1855–1940) »] [archive du ], sur nateba.websail.net, Tbilisi, Georgia, ქალების ინიციატივა თანასწორობისათვის, (consulté le )
- (ka) თინა ჭილაძე, « ნიკოლაძეთა ოჯახის ქალები » [« Women of the Nikoladze Family »] [archive du ], sur bu.org.ge, Tbilisi, Georgia, Tbilisi State University, (consulté le )
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- (ka) David A. Mchedlishvili, « საქართველოს ბიოგრაფიულ ლექსიკონში: ნინო ტყეშელაშვილი » [« Georgian Biographical Dictionary: Nino Tkeshelashvili »] [archive du ], sur nplg.gov.ge, Tbilisi, Georgia, National Parliamentary Library of Georgia, (consulté le )
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- Madona Siharulidze, « Regular Political Errors or Fear of Loss of Power? – Part One », Georgian Journal, Tbilisi, Georgia, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- (ka) « ქ.თბილისში, ისნის რაიონში, თეოდორე აფანასიევის ქუჩის მონაკვეთისთვის საზოგადო მოღვაწის ოლღა გურამიშვილი-ნიკოლაძის სახელის მინიჭების შესახებ » [« Concerning the Name of Public Figure Olga Guramishvili-Nikoladze for Theodore Afanasiev Street Section in Isani District, Tbilisi »], Ministry of Justice of Georgia, Tbilisi, Georgia, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
Liens externes
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