Opération Memphis

L'Opération Memphis est une opération des services de renseignement suisses visant le Centre islamique de Genève d'Hani Ramadan (frère de Tariq Ramadan) dont l'affaire éclate en 2006[1]. Il visait à lier le Centre avec l'islam radical[2].

Histoire

2002 à 2004: Mohamed El Ghanem

En 2002, le Dr Mohamed El Ghanem affirme que les services secrets suisses ont commencé à le recruter activement comme informateur[3] pour espionner des personnalités importantes de la communauté musulmane locale, notamment l'imam genevois Hani Ramadan[4]. À l'époque, une opération d'espionnage à grande échelle contre l'imam basé à Genève, appelée « Opération Memphis », était en cours[5]. Au grand dam des services de sécurité suisses, le Dr El Ghanem a refusé de collaborer en tant qu'informateur. À la suite de ce refus, il a affirmé avoir été sévèrement harcelé et menacé par ces mêmes agents des services secrets suisses[3]. En réponse, le Dr El Ghanem a porté plainte contre la police genevoise pour harcèlement. Il affirme ensuite avoir été menacé pour qu'il retire les accusations de harcèlement qu'il avait portées. Le harcèlement s'est poursuivi à plusieurs reprises et sans interruption. Des informateurs, pour la plupart des migrants, auraient été utilisés pour ce harcèlement. En 2003, le Dr El Ghanem a appelé le journaliste Robert Fisk à Beyrouth et lui a fait part des menaces et du harcèlement dont il avait fait l'objet de la part des services secrets suisses[3],[6]. Robert Fisk connaissait le Dr El Ghanem depuis l'Égypte ; il avait déjà écrit des articles sur les persécutions dont il était victime de la part du gouvernement égyptien.

2006: Claude Covassi

Claude Covassi, affirmant travailler pour le Service d'analyse et de prévention (SAP) et le Service de renseignement stratégique (SRS)[7], alias «Menès» pour les services qui l’ont recruté en 2004, il doit glisser des documents dans l’ordinateur du Centre islamique, qui attesteraient d’un lien entre Hani Ramadan et Al-Zawahiri, le numéro 2 d’Al-Qaida, c’est-à-dire réaliser un kompromat. Seulement voilà, l’espion converti à l’islam se sent en contradiction avec sa foi islamique, s'étant converti[8] d'abord sur ordre, puis sincèrement[9]. Il révèle alors l'inverse, des éléments musulmans manipulés servent de faux-nez à des services de renseignement pour faire des attentats[9]. Le , il informe Hani Ramadan de sa mission[10]. Proche du Réseau Voltaire, il devait publier une enquête sur l'UCK et le PJAK que sa mort en 2013 a empêché[11].

Commission parlementaire saisie de l'affaire

Une commission d'enquête parlementaire suisse a mené l'enquête sur l'affaire[10] qui publie en 2007 un rapport de 72 pages sur le sujet[12].

2015: Surveillance du Centre par le SRC

En 2015 des voisins du Centre dénoncent une demande du SRC de surveiller le centre depuis des appartements de voisins[13].

Liens et références externes

Notes et références

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