Opération Walkyrie
| Lieu | Troisième Reich |
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L’Opération Walkyrie (en allemand : Unternehmen Walküre) était le nom de code d’un plan d’urgence de l’armée allemande pour la continuité des opérations gouvernementales, conçu pour être activé en cas de rupture de l’ordre intérieur (rupture générale de l'ordre civil de la nation) qui a été détourné en par des résistants allemands dans le but d’assassiner Adolf Hitler, de prendre le contrôle du Troisième Reich et de mettre fin à la Seconde Guerre mondiale.
Élaboré par le haut commandement (en allemand : Oberkommando der Wehrmacht), le plan a été détourné par le cercle de résistants autour du colonel Claus von Stauffenberg, qui le modifia secrètement pour en faire l'instrument d'un coup d'État.
Le point culminant de la conspiration fut l’attentat du à la Wolfsschanze, un des quartier-général du Führer, en Prusse-Orientale, perpétré par von Stauffenberg lui-même. L’échec de cette énième tentative d’assassinat, due à une conjonction de facteurs, scella rapidement le sort du complot.
Malgré la survie de Hitler, l’Opération Walkyrie fut brièvement déclenchée à Berlin et dans quelques villes, conduisant à l’arrestation temporaire de personnalités nazies comme Joseph Goebbels. La rapide clarification de la situation permit au régime de reprendre le contrôle et de déclencher une répression sanglante (la Sippenhaft).
Cet événement marque la tentative la plus célèbre et la plus structurée d'élimination physique de Hitler par des membres de l’établissement militaire et civil allemand. L’échec de l’Opération Walkyrie renforça la mainmise du régime nazi dans les derniers mois de la guerre, tout en léguant à l'Allemagne d'après-guerre un héritage complexe de résistance conservatrice et nationaliste.
Contexte général
État global
Dans l’Allemagne nazie, l’appareil d’État et la Wehrmacht disposent d’une série de plans d’urgence, conçus dans une logique de militarisation totale de la société et formellement approuvés par Hitler[O 1].
Ces protocoles visent à garantir la continuité du pouvoir et le maintien de l’ordre en cas de crise intérieure majeure[L 1], de bombardements alliés dévastateurs ou d’une dislocation soudaine du front.
Outre l’Opération Walkyrie, on trouve ainsi des plans tant tactico-opérationnel que tactico-stratégique ; tel les opérations Bandenbekämpfung (dans un cadre direct impliquant un nombre important d’unités sur la lutte contre les « bandits », la lutte anti-partisans, le massacre non systémique de civils, …), Cottbus (lutte anti-partisans), Winterzauber (lutte punitive)[L 2], etc.
Ces dispositifs sont constamment adaptés par le haut commandement (Oberkommando der Wehrmacht — OKW) et l’état-major de l’Armée de terre (en allemand : Oberkommando der Heeres — OKH) aux risques grandissants d’un effondrement interne.
L’Opération Walkyrie s’inscrit dans cet ensemble comme le plan le plus complet et structuré. À l’origine, il s’agit d’un dispositif strictement défensif et légal, élaboré par l’OKH. Son protocole prévoit la mobilisation de l'Armée territoriale de réserve d'Allemagne (Ersatzheer) pour sécuriser les centres de commandement névralgiques du Reich, protéger les axes de communication et réprimer tout soulèvement jugé dangereux[L 3],[O 2].
Résistances intérieures
Les sources dans la dictature
« Les opposants au régime national-socialiste étaient issus de tous les milieux sociaux, depuis les classes laborieuses jusqu'à la haute aristocratie, en passant par le clergé et la jeunesse estudiantine. »[O 3]
— Alain Desroches, Opération Walkyrie : Les patriotes allemands contre Hitler
À mesure que le régime nazi consolide son emprise totale sur l’appareil d’État (avec « la mise au pas », le décret de l'incendie du Reichstag, la Loi allemande des pleins pouvoirs de etc.)[O 4], un ensemble disparate mais croissant de personnalités issues des élites militaires, administratives et aristocratiques du Reich se concrétise en un noyau d’opposition interne, propulsé par une inquiétude stratégique (tel la non modernisation de la Wehrmacht) et morale grandissante (par une brutalisation du régime avec des lois telles que celle portant sur les races, la politique de terreur interne menée par une police forte, etc.).
Les racines au sein de l'armée
« Beck continua toutefois à tenter d'empêcher la guerre, du moins par le biais de mémorandums. À l'exception d'une conversation fortuite de cinq minutes en mars 1938, il n'eut jamais l'occasion de présenter ses opinions à Hitler en personne. Hitler ne fut même pas disposé à recevoir Beck pour lui dire adieu lors de « son départ à la retraite ». »[O 5]
— Peter Hoffmann, (en) History of the German Resistance, 1933-1945, p. 69
Les premières frictions apparaissent dès , lorsque plusieurs responsables militaires (de premier rang et visibles, tel Werner von Blomberg, Werner von Fritsch et Konstantin von Neurath) expriment des réserves quant au rythme pressé du réarmement et des risques inhérents à la politique expansionniste[note 1] poursuivie par Hitler.
Tous jugent les projets de guerre prématurés, dangereux et disproportionnés vis‑à‑vis des capacités réelles de l’armée allemande à ce stade[O 6], ce qui inaugure une fracture au sein de l’élite conservatrice. Cette fracture s’élargit brutalement avec l’affaire Blomberg‑Fritsch (en ), un épisode qui permet au dictateur d’évincer les deux plus hauts responsables militaires qui résistent encore à sa politique.
Blomberg est poussé à la démission après la révélation « du passé criminel » de sa nouvelle épouse[note 2], tandis que von Fritsch est accablé par des accusations forgées de toutes pièces concernant une prétendue relation homosexuelle[O 8].
« Le est une date décisive dans l'histoire du Troisième Reich, un jalon sur le chemin qui le conduisait à la guerre. »[O 9]
— William L. Shirer, Le IIIe Reich : des origines à la chute
Ces mises à l’écart, orchestrées par des membres de la Schutzstaffel (SS) sous l’impulsion de Himmler, Heydrich et Göring, servent de prétexte à Hitler pour dissoudre le ministère de la Guerre, éliminer les derniers freins institutionnels et s’attribuer le commandement suprême des forces armées le [O 10]. Cette mutation structurelle marque un tournant important : les élites conservatrices comprennent que toute opposition interne est désormais condamnée.
La démission de Ludwig Beck, chef d’état‑major général, survient dans la foulée et renforce cette dynamique. Beck, violemment opposé à la logique de guerre préventive défendue par Hitler, considère que la politique extérieure adoptée conduit l’Allemagne à une catastrophe stratégique. Isolé et désavoué, il se retire[O 11], événement qui, rétrospectivement, symbolise l’entrée du haut commandement dans une ère de résignation apparente et de résistance clandestine.
Le noyau conspirateur
« Les années 1938-1939 furent marquées par les préparatifs d'un coup d'état pour destituer Hitler. L'initiative partait cette fois-ci de l'armée, consternée par les projets de guerre que Hitler venait de dévoiler à l'état-major en 1937. Le Général Ludwig von Beck devint l'âme de la résistance militaire. »[O 12]
— Barbara Koehn, La résistance allemande contre Hitler : 1933-1945
Dès la fin des années , un ensemble d’officiers issus des élites traditionnelles du Reich se détache progressivement du national‑socialisme. Ces militaires, formés dans l’héritage de l’État prussien, demeurent attachés à une conception hiérarchique, légaliste et conservatrice de l’autorité, conception que les purges successives du régime viennent brutalement heurter.
L’affaire Blomberg—Fritsch, qui entraîne l’éviction des deux plus hauts responsables militaires opposés aux projets de guerre précipités de Hitler, renforce cette rupture : beaucoup y voient un avertissement et une démonstration de la volonté du Führer d’assujettir totalement la Wehrmacht. Cette inquiétude est corroborée par les orientations expansionnistes formulées lors de la conférence du , consignées dans le Hoßbach Memorandum[L 5], où Hitler expose son intention d’engager le Reich dans une guerre de conquête pour acquérir un espace vital (en allemand : Lebensraum) à l’Est.
À mesure que se met en place l’appareil répressif du régime[L 6] et que l’armée se voit privée de ses derniers contre-pouvoirs institutionnels, un sentiment d’alarme s’installe parmi certains officiers.
« Les militaires furent également concernés puisque le général Johannes Blaskowitz [...] s'illustra en faisant part de sa colère au sujet de l'attitude de la SS sur le terrain en Pologne qui déclanchait haine et mépris au sein des unités de la Werhmacht. »[O 13]
— Didier Chauvet, Le nazisme et les juifs
Cette inquiétude est à la fois stratégique (l’expansion militaire engagée prématurément risque, selon eux, d’entraîner la destruction de l’Allemagne) et morale, car l’alignement progressif de la Wehrmacht sur la violence idéologique du régime[L 7] heurte profondément une partie du corps des officiers.
Les premiers cercles de dissidence, encore informels, émergent ainsi au sein de l’OKH et de l’Abwehr, en réaction à la brutalisation croissante de la vie politique et à l’objectif explicite de guerre d’agression.
À partir de —, le basculement est décisif. Stationnés sur le front de l’Est, de nombreux officiers prennent connaissance directement des massacres systémiques perpétrés par les Einsatzgruppen, des politiques de destruction menées contre les civils soviétiques, et de l’implication croissante de la Wehrmacht dans des opérations de terreur.
Ces réalités contredisent frontalement l’éthique militaire prussienne traditionnelle et provoquent un choc profond chez plusieurs d’entre eux.
« La nécessité de se débarrasser d'un Hitler devenu, en , commandant suprême des armées, se fit toujours plus pressante. Plusieurs attentats préparés par les militaires échouèrent (-). »[O 14]
— Barbara Koehn, La résistance allemande contre Hitler : -
Cette prise de conscience (notamment dans les cercles autour de von Tresckow, Rudolf—von Gersdorff ou Fritz—von der Schulenburg) agit comme un catalyseur : la résistance ne repose plus seulement sur un désaccord stratégique, mais sur une exigence morale, fondée sur la conviction que la survie du pays exige la cessation des crimes et l’élimination du Führer.
Ainsi, le noyau conspirateur se constitue progressivement, nourri d’une double rupture (l’une politique, l’autre éthique) et évolue vers une opposition organisée, destinée à préparer les conditions d’un renversement du régime.
Opération Walkyrie
Conception initiale et finalité légale
À l’origine, l’Opération Walkyrie n’a rien d’un complot ni d’un instrument de subversion.
Elle prend forme comme un plan d’urgence administratif, rédigé au sein de l’OKW à partir de , destiné à garantir la continuité de l’État en cas de situation exceptionnelle. Il s’agit alors d’un protocole légitime répondant à plusieurs hypothèses : soulèvements internes, paralysie des communications, violences généralisées résultant de bombardements alliés, ou insurrections des millions de travailleurs forcés employés dans le Reich.
L’Ersatzheer, stationnée sur le territoire allemand, doit mobiliser ses unités, protéger les centres névralgiques, sécuriser les réseaux ferroviaires et administratifs, et rétablir l’ordre. Hitler approuve personnellement le dispositif[O 15], renforçant encore le caractère institutionnel et loyal du plan.
En ce sens, l'Opération Walkyrie se présente comme une construction technocratique, minutieuse, répétitive, procédurale, dépourvue de toute vocation politique ou idéologique. L’administration militaire se tient prête à l’exécuter mécaniquement dès que le chef de l’Ersatzheer en donne le signal, sans qu’une interprétation personnelle ne soit laissée aux exécutants.
Ce degré de précision et de formalisme prépare involontairement le terrain à son exploitation future : plus le protocole est rigide, plus il offre un cadre utilisable par ceux qui en contrôleront les clefs.
Évolution au fil des complots et de la guerre
« Les militaires furent également concernés puisque le général Johannes Blaskowitz [...] s'illustra en faisant part de sa colère au sujet de l'attitude de la SS sur le terrain en Pologne qui déclenchait haine et mépris au sein des unités de la Wehrmacht. »[O 16]
— Didier Chauvet, Le nazisme et les juifs, p. 13
C’est dans cette rigidité bureaucratique que les conjurés identifient une opportunité.

À partir de , sous l’impulsion de Henning von Tresckow, un premier cercle d’officiers de l’OKH envisage la possibilité d’utiliser l'Opération Walkyrie non plus pour restaurer l’ordre public mais pour renverser la direction politique du Reich[note 3].
von Tresckow, confronté à l’escalade des crimes de guerre sur le front de l'Est et convaincu que la défaite allemande est inévitable, entreprend d’étendre les prérogatives du plan, introduisant discrètement des modifications qui permettent de mobiliser plus efficacement l’Ersatzheer.
Sa vision stratégique est simple, l’armée de réserve est la seule force armée stationnée dans le Reich disposant des effectifs et de la légitimité structurelle pour neutraliser les autorités nazies. von Tresckow commence donc à penser et esquisser les contours d’une utilisation détournée de l'Opération Walkyrie et pose les premières pierres d’un complot d’envergure.
Cette vision s’accélère en , lorsque von Tresckow est rejoint par Claus von Stauffenberg. Gravement blessé en Afrique du Nord, il revient à Berlin animé d’une conviction inébranlable : Hitler doit être éliminé physiquement.
Dès son entrée dans la conspiration, von Stauffenberg transforme l’abstraction politique en plan d’action concret. Avec Friedrich Olbricht, chef du bureau général de l'armée de terre (en allemand : Allgemeines Heeresamt) à l'OKH et responsable de l'Ersatzheer à l'OKW, von Stauffenberg réécrit l'Opération Walkyrie en profondeur[O 19].
Un second niveau d’ordres, intitulé Walkyrie II, est élaboré : celui ci prévoit l’arrestation immédiate de la SS, du Sicherheitsdienst (SD), des hauts responsables nazis et même de certains ministres, dès l’annonce de la mort du Führer. Ces ajouts s’insèrent habilement dans la documentation existante, donnant l’illusion d’une extension administrative normale[note 4].
En parallèle, les conjurés rédigent une série de proclamations destinées à être diffusées aux régions militaires (en allemand : Wehrkreise) : elles annoncent que Hitler est mort et que la SS tente de s’emparer du pouvoir. L’Ersatzheer doit, conformément aux procédures, neutraliser les forces « putschistes » — qui sont en réalité les forces du régime lui‑même. Cette inversion sémiotique, fondée sur une exploitation subtile des mécanismes bureaucratiques nazis, constitue l’une des innovations les plus remarquables du complot.
Au printemps et au début de l’été , Opération Walkyrie prend sa forme finale : un plan complet de coup d’État, parfaitement synchronisé, où chaque heure compte, chaque radio‑dépêche est préparée, chaque unité de réserve est assignée à un objectif précis. Le moindre des détails, jusqu’aux patrouilles dans les rues de Berlin, est anticipé. Les comploteurs transforment ainsi un protocole administratif neutre en une machine politique redoutable.
Le déclenchement
« Pour nous, l'image de l'Europe d'après-guerre dépendra de la façon dont nous pourrons rendre à nos concitoyens le respect de l'homme.
Hitler a instauré en Allemagne une domination d'horreur et de terreur ! [...] »[O 20]
— Helmuth James von Moltke
Le , à la Wolfsschanze, von Stauffenberg dépose la bombe destinée à éliminer Hitler.
Conformément à la mécanique élaborée depuis deux années, Claus von Stauffenberg regagne aussitôt Berlin pour déclencher l'Opération Walkyrie.
« Der Führer Adolf Hitler ist tot! »

La mort du Führer doit servir de fondement légal à la prise de contrôle de l’État par l’armée de réserve. von Stauffenberg et les conjurés du Bendlerblock envoient les ordres préparés : arrestation de responsables SS, occupation de ministères, sécurisation des télécommunications[O 15]. L’opération démarre, partiellement du moins : dans certains Wehrkreise, les généraux appliquent les consignes à la lettre[L 8].
Mais la survie de Hitler et l’absence de confirmation officielle provoquent une paralysie progressive de l'Opération Walkyrie.
« Après l'attentat du , [...] entre 5 000 et 7 000 personnes furent arrêtées lors de l'Opération Gewittersturm (en français : « Tempête orageuse ») menée par la Gestapo et la SS.
Mais même les sbires du régime totalitaire ignorèrent le nombre exact des personnes impliquées dans la conjuration. »[O 21]
— Barbara Koehn, La résistance allemande contre Hitler : -
Plusieurs commandants attendent des preuves ; d’autres refusent de suivre des ordres perçus comme ambigus. Très vite, le régime reprend la main, exploite les hésitations, et neutralise les conjurés.
Les unités loyalistes encerclent le Bendlerblock. En quelques heures, l'Opération Walkyrie s’effondre, révélant autant la brillante ingénierie bureaucratique des conspirateurs que leur dépendance à une exécution rapide et parfaitement coordonnée.
Annexes
Ordre initial aux arrondissements militaires
« Le Führer Adolf Hitler est mort !
i. Une clique sans scrupules de dirigeants du parti, dépourvus de tout service au front, a exploité cette situation pour poignarder le front combattant dans le dos et s’emparer du pouvoir pour satisfaire ses propres ambitions égoïstes.
ii. Afin de maintenir la loi et l’ordre dans cette situation de danger aigu, le Gouvernement du Reich a proclamé l’état de loi martiale et m’a transféré le pouvoir exécutif ainsi que le commandement suprême de la Wehrmacht.
iii. Par la présente, j’ordonne :
1 . Je transfère le pouvoir exécutif, avec droit de délégation : aux commandants territoriaux ; dans le territoire du Reich (intérieur), au Commandant de l’Armée de réserve, que je nomme simultanément Commandant en chef pour le territoire intérieur ; dans les territoires occupés à l’Ouest, au Commandant en chef Ouest ; en Italie, au Commandant en chef Sud‑Ouest ; dans les territoires occupés à l’Est, aux commandants en chef des groupes d’armées ainsi qu’au commandant Wehrmacht de l’Ostland, chacun pour sa zone de commandement ; au Danemark et en Norvège, aux commandants de la Wehrmacht.
2 . Sont subordonnés aux détenteurs du pouvoir exécutif : a) Tous les services et unités de la Wehrmacht dans leurs zones de commandement, y compris la Waffen‑SS, le Reichsarbeitsdienst et l’Organisation Todt ; b) Toutes les autorités publiques (du Reich, des États et des administrations locales), notamment l’ensemble de la police d’ordre, de la police de sécurité (Sipo) et de la police administrative ; c) Tous les fonctionnaires et formations du NSDAP et de ses organisations affiliées ; d) Les services publics de transport et les services publics d’utilité générale.
3 . L’ensemble de la Waffen‑SS est intégré à l’armée avec effet immédiat.
4 . Les détenteurs du pouvoir exécutif sont responsables du maintien de la loi et de l’ordre. Ils doivent veiller en particulier à : la sécurité des réseaux de communication ; la neutralisation du SD.
Toute résistance contre les autorités militaires doit être réprimée sans ménagement. En cette heure de péril suprême pour la patrie, l’unité de la Wehrmacht et le maintien de la discipline constituent l’exigence la plus impérieuse.
J’impose donc à tous les commandants de l’armée, de la marine et de l’aviation le devoir d’apporter aux détenteurs du pouvoir exécutif tout le soutien possible et de veiller à ce que leurs directives soient exécutées par les services qui leur sont subordonnés.
Le soldat allemand est placé devant une tâche historique. C’est de son énergie et de sa conduite que dépendra le salut de l’Allemagne.
La même tâche incombe à tous les commandants territoriaux, aux commandants suprêmes des différentes branches de la Wehrmacht ainsi qu’aux commandants subordonnés de l’armée, de la marine et de l’aviation.
Le Commandant en chef de la Wehrmacht
Maréchal von Witzleben »
Articles connexes
Références
Ouvrages
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- ↑ (en) Peter Hoffmann (trad. Richard Barry), History of the German Resistance, 1933-1945, McGills-Queen's University Press, (réimpr. 1979, 1996, 2001), 3e éd. (1re éd. 1977), 830 p. (ISBN 9-780773-51531-4)
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Liens web
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[html])
Notes
- ↑ La note Hoßbach affirme que l’objectif est d’« assurer et élargir la communauté raciale » et que cela implique une politique de conquête territoriale[L 4]. La vision de pangermanisme accompagne cet expansionnisme, avec le souhait de rattacher tous les peuples « germaniques » dans une Großdeutschland (Grande Allemagne) : Autriche, Sudètes, etc. Cette politique se manifeste par l’Anschluss de l’Autriche () et les menaces sur la Tchécoslovaquie.
- ↑ Margarethe Erna Gruhn est une ancienne prostituée, enregistrée dans plusieurs villes, ayant posé pour des photographies pornographiques[O 7]. Le métier de prostitution est strictement surveillée à l'époque et la condamnation à l'indécence, un délit réel. Dans le cadre de la Wehrmacht, il est plus question d'une faute d'honneur militaire (selon les règles de moralité pour les officiers dans l'armée allemande).
- ↑ Il est supposé que le colonel Claus von Stauffenberg est le principal responsable de l'Opération Walkyrie, mais des documents récupérés par l'Union soviétique après la guerre et publiés en suggèrent qu'un plan détaillé est élaboré par von Tresckow à l'automne 1943[O 17]. Les documents sont traités par sa femme, Erika, et par Margarete von Oven, sa secrétaire. Les deux femmes portent des gants pour ne pas laisser d'empreintes digitales[O 18]
- ↑ En substance, le plan de coup d'État consistait à tromper l'Armée de réserve afin qu'elle s'empare du gouvernement civil et des organisations paramilitaires du Reich et les destitue, sous le faux prétexte que la SS avait tenté un coup d'État et assassiné Hitler. Les conspirateurs comptaient sur le fait que les soldats et les officiers subalternes chargés de l'opération Walkyrie seraient motivés par la conviction erronée que les dirigeants civils nazis avaient fait preuve de déloyauté et de trahison envers l'État et le chef auquel l'armée avait prêté allégeance, et qu'il fallait donc les destituer. Les conspirateurs espéraient que les soldats obéiraient à leurs ordres tant qu'ils émaneraient d'une instance légitime (à savoir le Haut Commandement de l'Armée de réserve) dans la situation d'urgence qui suivrait la mort supposée d'Hitler.
Traductions
- (EN)/(DE) Cet article est partiellement ou en totalité issu des articles intitulés en anglais « Operation Valkyrie » (voir la liste des auteurs) et en allemand « Unternehmen Walküre » (voir la liste des auteurs).
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