Organisation territoriale de l'Ambazonie

Carte des zones et comtés de l'Ambazonie.

L'organisation territoriale de l'Ambazonie, un État autoproclamé dans les deux régions anglophones du Cameroun — le Nord-Ouest et le Sud-Ouest — est un découpage territorial non officiel établi par ses partisans, qui affirment que l'Ambazonie est divisée en trois zones, elles-mêmes subdivisées en 13 comtés (counties), chacun étant divisé en 59 zones de gouvernement local (Local Governement Areas ou LGAs). Cette division territoriale s'inscrit plus largement dans leur projet sécessionniste, dans le cadre de la crise anglophone au Cameroun.

Histoire

Sous l'administration coloniale britannique (1922-1961)

En 1922, la partie occidentale de l'ancien Cameroun allemand (15 du territoire) est placée sous mandat britannique. Les Britanniques découpent administrativement ce territoire en deux régions, le Cameroun méridional (Southern Cameroons), qui correspond aux régions anglophones actuelles du Cameroun, et le Cameroun septentrional (Northern Cameroons).

Le Cameroun méridional est divisé en quatre unités administratives : Victoria, Kumba, Mamfe et Bamenda, chacune dirigée par un district officer (D.O.). Les district officers sont assistés dans les plus petites unités par des assistant district officers (A.D.O.)[1]. En 1949, le Cameroun méridional est divisé en deux provinces : Bamenda et Cameroons. Elles sont administrées par des résidents sous l'autorité du lieutenant-gouverneur du Nigeria[2].

République fédérale (1961-1972)

Le , à l'issue d'un référendum onusien, le Cameroun méridional choisit d'être rattaché à la république du Cameroun (ancien Cameroun français), indépendant depuis le , pour former la république fédérale du Cameroun[3]. Ainsi, le Cameroun méridional devient le Cameroun occidental, un État fédéré de la république fédérale, dôté de son propre Premier ministre.

État unitaire (depuis 1972)

Le , à l'issue d'un référendum constitutionnel, le président Ahmadou Ahidjo proclame la république unie du Cameroun, mettant ainsi fin au fédéralisme. Le Cameroun devient alors un État unitaire[4],[5]. Ainsi, le , le Cameroun occidental est dissous et divisé en deux provinces : le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. En 2008, le président Paul Biya aboli le terme « provinces » par décret. Depuis lors, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest sont des « régions » plutôt que des « provinces ». Chacune de ces régions est dirigée par un gouverneur.

Zones

En , le président du Conseil de gouvernement de l'Ambazonie, Dabney Yerima, déclare que l'Ambazonie comprenait désormais trois zones : la Zone équatoriale (Equatorial Zone), les Highlands (Highlands) et la Savane (Savannah)[6].

Comtés

Carte des treize comtés de l'Ambazonie.

Selon les séparatistes, l'Ambazonie est subdivisée en treize comtés. Les comtés sont les suivants[7] :

Comté Capitale
Boyo Fundong
Bui Kumbo
Donga-Mantung Nkambé
Fako Victoria
Koupé-Manengouba Bangem
Lebialem Menji
Manyu Mamfé
Meme Kumba
Menchum Wum
Mezam Bamenda
Momo Mbengwi
Ndian Mundemba
Ngo-Ketunjia Ndop

Zones de gouvernement local

Selon les séparatistes, les comtés sont subdivisés en zones de gouvernement local.

Boyo

Le comté de Boyo compte quatre zones de gouvernement local. Il s'agit des suivants[8] :

Zone de gouvernement local Chef-lieu
Muwom Belo
Yang Njinikom
Juaffef Fundong
Kimbi Fonfuka

Bui

Le comté du Bui compte six zones de gouvernement local. Il s'agit des suivants[8] :

Zone de gouvernement local Chef-lieu
Jakiri Jakiri
Oku Elak
Noni Nkor
Nkum Tatum
Kumbo Kumbo
Mbveng Mbiame

Donga-Mantung

Le comté du Donga-Mantung compte cinq zones de gouvernement local. Il s'agit des suivants[8] :

Zone de gouvernement local Chef-lieu
Ako Ako
Misaje Misaje
Ndu Ndu
Nkambé Nkambé
Nwa Nwa

Fako

Le comté du Fako compte quatre zones de gouvernement local. Il s'agit des suivants[8] :

Zone de gouvernement local Chef-lieu
Victoria Victoria
Buéa Buéa
Tiko Tiko
Muyuka Muyuka

Koupé-Manengouba

Le comté du Koupé-Manengouba compte trois zones de gouvernement local. Il s'agit des suivants[8] :

Zone de gouvernement local Chef-lieu
Bangem Bangem
Tombel Tombel
Nguti Nguti

Lebialem

Le comté du Lebialem compte trois zones de gouvernement local. Il s'agit des suivants[8] :

Zone de gouvernement local Chef-lieu
Alou (Clouds) Alou
Menji Menji
Wabane Wabane

Manyu

Le comté de la Manyu compte cinq zones de gouvernement local. Il s'agit des suivants[8] :

Zone de gouvernement local Chef-lieu
Mamfé Mamfé
Akwaya Akwaya
Ngunaya Kembong
Njemaya Eyumodjock
Tinto Tinto

Meme

Le comté de la Meme compte trois zones de gouvernement local. Il s'agit des suivants[8] :

Zone de gouvernement local Chef-lieu
Kumba Kumba
Konye Konye
Mbonge Mbonge

Menchum

Le comté du Menchum compte quatre zones de gouvernement local. Il s'agit des suivants[8] :

Zone de gouvernement local Chef-lieu
Wum Wum
Fungom Zhoa
Menchum Valley Benakuma
Furu-Awa Furu-Awa

Mezam

Le comté du Mezam compte cinq zones de gouvernement local. Il s'agit des suivants[8] :

Zone de gouvernement local Chef-lieu
Bamenda Bamenda
Tubah Bambui
Bafut Bafut
Bali Bali
Santa Santa

Momo

Le comté de la Momo compte cinq zones de gouvernement local. Il s'agit des suivants[8] :

Zone de gouvernement local Chef-lieu
Mbengwi Mbengwi
Batibo Batibo
Ngie Andek
Njikwa Njikwa
Widikum-Menka Widikum

Ndian

Le comté du Ndian compte sept zones de gouvernement local. C'est le comté qui en compte le plus. Il s'agit des suivants[8] :

Zone de gouvernement local Chef-lieu
Mundemba Mundemba
Ekondo-Titi Ekondo-Titi
Bamusso Bamusso
Kombo-Abedimo Kombo-Abedimo
Issangele Issangele
Idabato Idabato
Kombo-Itindi Kombo-Itindi

Ngo-Ketunjia

Le comté du Ngo-Ketunjia compte trois zones de gouvernement local. Il s'agit des suivants[8] :

Zone de gouvernement local Chef-lieu
Ndop Ndop
Balikumbat Balikumbat
Babessi Babessi

Notes et références

  1. « Le Cameroun Britannique 1916 1961 », sur asso.musc.free.fr (consulté le )
  2. (en) W Munji, « 100+ years Cartographical History of Southern Cameroons », sur Medium, (consulté le )
  3. (en) « Sub-National Referendums in Sub-Saharan Africa » (consulté le )
  4. [vidéo] « Crise anglophone : pourquoi le Cameroun s’enflamme ? », Le Monde Afrique, , 5:39 min (consulté le )
  5. « Pourquoi le Cameroun se déchire-t-il ? », sur Le Point.fr (consulté le )
  6. (en-US) admins, « Separatist Leaders Welcome Biya’s Military Option, Say They Are Ready - Cameroon News Agency », sur cameroonnewsagency.com, (consulté le )
  7. « Counties », sur ambazonia.org (consulté le )
  8. (en-US) « REGIONS | Republic of Ambazonia » (consulté le )
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